CSDHI – Ces dernières années, le nom d’Iman Afshari est devenu synonyme de condamnations à mort et de lourdes peines de prison visant des prisonniers politiques, des manifestants, des militants civils et des minorités religieuses. En tant que juge président de la branche 26 du tribunal révolutionnaire de Téhéran, Afshari est considéré comme une figure qui non seulement a piétiné le principe fondamental d’impartialité judiciaire, mais a également transformé la cour en un instrument de consolidation de l’intimidation et d’institutionnalisation de la répression d’État.
Un rôle direct dans la violation du droit à la vie
L’examen des affaires traitées par cette juridiction montre qu’il agit comme le bras exécutif des agences de sécurité dans la violation de l’International Covenant on Civil and Political Rights, notamment de son article 6 (droit à la vie).
Son crime le plus récent concerne la condamnation à mort de six prisonniers politiques :
- Mohammad Taghavi
- Vahid Bani-Amerian
- Babak Alipour
- Pouya Ghobadi
- Abolhassan Montazer
- Akbar Daneshvarkar
Ces personnes ont été exécutées les 30 et 31 mars et le 4 avril 2026.
Il a également prononcé une condamnation à mort contre la prisonnière politique Pakhshan Azizi.
Aveu d’hostilité envers la justice : la sécurité au-dessus du droit
De nombreux prisonniers politiques ont témoigné qu’Afshari ne prend même pas la peine d’examiner les dossiers ou les preuves, rendant ses verdicts uniquement sur la base de rapports du ministère du Renseignement et des Gardiens de la révolution.
Ce comportement constitue une violation flagrante de l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (droit à un procès équitable).
Un exemple frappant est celui du réalisateur Mohammad Rasoulof :
- En juillet 2019, Afshari l’a condamné à un an de prison et à des restrictions sociales.
- Lorsque Rasoulof lui a demandé s’il avait vu ses films, Afshari a répondu :
« Non ; l’analyse des services de sécurité suffit pour rendre un verdict. »
Cet aveu montre clairement que la loi est subordonnée aux exigences sécuritaires, violant le principe de conviction personnelle du juge.
La branche 26 : un instrument de répression systématique
Depuis l’hiver 2018, Afshari dirige la branche 26 du tribunal révolutionnaire de Téhéran, devenue un centre majeur de répression contre :
- manifestants
- journalistes
- militantes des droits des femmes
- minorités religieuses
Les accusations utilisées incluent :
- « atteinte à la sécurité nationale »
- « propagande contre l’État »
- « baghy » (rébellion armée)
- « moharebeh » (guerre contre Dieu)
Ces chefs d’accusation sont souvent vagues et servent à criminaliser des activités pacifiques, en violation du principe de légalité des délits et des peines.
Autres condamnations à mort notables :
- Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani
- Mohsen Mazloum, Pejman Fatehi, Hazhir Faramarzi, Vafa Azarbar
- Habib Chaab (Asiod), exécuté après enlèvement et procès inéquitable
- Mahan Sadrat Madani
- Hossein Kheiri
Fabrication de dossiers et « torture blanche »
Le cas de Shahin Zoghi-Tabar, prisonnier politique à la prison d’Evin, illustre cette pratique :
- Le 23 février 2026, il est à nouveau convoqué devant la branche 26
- Afshari le menace directement d’une peine maximale
La création répétée de nouveaux dossiers pour les mêmes faits (propagande, trouble de l’opinion publique) constitue :
- une torture psychologique
- une violation du principe juridique ne bis in idem (interdiction d’être jugé deux fois pour les mêmes faits)

Crimes contre les manifestants de janvier 2026 : Exécutions basées sur l’ambiguïté
Afshari a condamné à mort quatre manifestants :
- Mohammad-Reza Majidi-Asl
- Bita Ali-Hemmati (son épouse)
- Behrouz Zamani-Nejad
- Kourosh Zamani-Nejad
Ils ont également été condamnés à la confiscation totale de leurs biens pour le chef d’accusation fabriqué de :
« action opérationnelle pour un État hostile »
Les faits reprochés se limitaient à :
- participation à des rassemblements
- slogans
Malgré cela, Afshari a prononcé la peine maximale sans distinction des rôles ni preuves précises.
Des aveux obtenus sous torture ont été signalés, ce qui viole l’article 7 du Pacte (interdiction de la torture) et rend ces aveux juridiquement nuls.

Appel à la justice internationale
Les actes d’Iman Afshari ne sont pas de simples erreurs judiciaires.
Ils s’inscrivent dans une attaque systématique et généralisée contre une population civile, ce qui constitue un crime contre l’humanité en droit international.
Appels formulés :
- Inscription d’Afshari sur les listes de sanctions du Conseil des droits de l’homme de l’ONU
- Application du principe de compétence universelle pour permettre :
- ouverture d’enquêtes pénales
- arrestation et poursuites s’il quitte l’Iran
Conclusion
La communauté internationale doit comprendre que toute coopération avec le système judiciaire iranien légitime :
- les exécutions extrajudiciaires
- la torture
Il est temps de mettre fin à l’impunité des juges dont les décisions coûtent des vies.
👉 Une documentation complète de toutes ses décisions est demandée afin de préparer un futur jugement devant une juridiction équitable et publique.


