CSDHI – Les autorités coupent les communications des prisonnières politiques à la prison d’Evine tandis que les personnes arrêtées lors du soulèvement de 2026 subissent des conditions de détention difficiles, le manque de soins médicaux et la surpopulation carcérale à Qezel Hesar.
Les autorités iraniennes ont renforcé les restrictions visant les prisonnières politiques détenues à la prison d’Evin, tandis que des informations provenant de la prison de Qezel Hesar font état d’une détérioration des conditions de détention des personnes arrêtées lors des manifestations et du soulèvement national de 2026.
Les défenseurs des droits humains estiment que ces nouvelles mesures s’inscrivent dans un schéma plus large de pression, d’isolement et de mauvais traitements à l’encontre des prisonniers politiques à travers le pays.
Selon des informations provenant de l’intérieur de la prison d’Evin, les autorités ont suspendu les communications téléphoniques de plusieurs prisonnières politiques, notamment :
- Shiva Esmaeili
- Marzieh Farsi
- Forough Taghipour
- Zahra Safaei
- Elaheh Fooladi
- Golrokh Iraee
- Sakineh Parvaneh
Ces restrictions ont davantage isolé les détenues de leurs familles et de leurs réseaux de soutien juridique, suscitant des inquiétudes quant à leur bien-être et à leurs conditions de détention.
Les prisonnières concernées
Shiva Esmaeili, âgée de 60 ans, a été arrêtée à Téhéran en mars 2023 et condamnée à dix ans et six mois de prison.
Marzieh Farsi, 59 ans, a été arrêtée en août 2023 et condamnée à six ans d’emprisonnement.
Forough Taghipour, 32 ans, arrêtée pour la deuxième fois en août 2023, a également été condamnée à six ans de prison.
Golrokh Iraee, prisonnière politique connue, a été arrêtée en octobre 2022 et condamnée à six ans de prison. Elle avait déjà passé six années derrière les barreaux après son arrestation en 2016 et a été de nouveau arrêtée peu après sa libération.
Sakineh Parvaneh a été arrêtée en avril 2023 et condamnée à six ans de prison. Elle avait auparavant purgé une peine de trois ans à la suite de son arrestation en 2020.
Zahra Safaei, âgée de 63 ans, a été arrêtée en septembre 2023 et condamnée à cinq ans de prison. Il s’agit de sa troisième incarcération. Dans les années 1980, elle avait déjà passé huit ans en prison en raison de son soutien à l’opposition iranienne.
Elaheh Fooladi a été arrêtée en décembre 2023 et condamnée à cinq ans de prison.
Conditions difficiles pour les détenus du soulèvement à Qezel Hesar
Parallèlement, des informations provenant de la prison de Qezel Hesar indiquent que les personnes arrêtées lors du soulèvement de janvier 2026 sont détenues dans des conditions particulièrement sévères dans les quartiers 35 et 37 de l’unité 3.
De nombreux prisonniers souffriraient de blessures non soignées, notamment :
- fractures ;
- blessures au visage ;
- dommages dentaires ;
blessures qui auraient été subies lors de leur arrestation ou de leur détention.
Malgré leur état de santé, ils seraient détenus dans des quartiers surpeuplés avec un accès limité :
- aux soins médicaux ;
- aux installations sanitaires ;
- aux produits de première nécessité.
Le quartier 37, qui abriterait environ 200 détenus, ne disposerait d’aucun système de refroidissement efficace malgré les fortes chaleurs estivales.
Les prisonniers seraient également confrontés à des pénuries d’eau récurrentes, l’eau courante étant indisponible pendant une grande partie de la journée.
Selon plusieurs témoignages, l’administration pénitentiaire aurait exercé des pressions sur les détenus afin qu’ils paient eux-mêmes l’eau acheminée par camions-citernes, transférant ainsi le coût des besoins essentiels aux prisonniers.
Les défenseurs des droits humains avertissent que ces conditions représentent un risque sérieux pour la santé et la sécurité des détenus, en particulier pour ceux qui souffrent déjà de blessures ou de complications médicales.
Inquiétudes concernant le sort d’un ancien prisonnier politique
Dans une autre affaire, les autorités auraient arrêté à Chiraz Milad Sajadian, ancien prisonnier politique âgé de 32 ans.
À la suite de son arrestation, il a entamé une grève de la faim pour protester contre sa détention.
Après sept jours, il a été hospitalisé avant d’être transféré à la prison d’Adelabad à Chiraz.
Selon les informations disponibles, les autorités pénitentiaires l’ont récemment déplacé vers un lieu inconnu.
Sa famille et ses proches n’auraient reçu aucune information concernant l’endroit où il se trouve ni son état de santé, ce qui suscite des inquiétudes quant à une possible disparition forcée et à une détention au secret.
Milad Sajadian avait déjà été arrêté en janvier 2022 puis de nouveau en septembre 2023. Il avait passé trois ans en prison pour des accusations liées à son soutien au mouvement d’opposition iranien.
Appels à une enquête internationale
Ces dernières informations ont conduit des groupes d’opposition iraniens et des défenseurs des droits humains à renouveler leurs appels en faveur d’un contrôle international accru du système carcéral iranien.
Ils demandent à la communauté internationale ainsi qu’aux mécanismes internationaux de protection des droits humains :
- d’obtenir un accès aux prisons iraniennes ;
- de mener des enquêtes indépendantes ;
- de rencontrer directement les prisonniers politiques, en particulier les femmes détenues et les personnes arrêtées lors des récentes manifestations.
Les observateurs soulignent que les restrictions signalées, la dégradation des conditions de détention et l’absence de transparence concernant le sort de certains détenus illustrent les préoccupations persistantes relatives au traitement des prisonniers politiques en Iran et, plus largement, à la situation des droits humains dans le pays.


