La grève de la faim collective menée par quelque 1 500 détenus condamnés à mort dans l’unité 2 de la prison de Ghezel-Hessar, à Karadj, est entrée dans son quinzième jour. Lancée en réaction au transfert de plusieurs prisonniers dans des cellules d’isolement et aux craintes d’une application imminente de leurs condamnations, cette mobilisation est devenue l’un des plus vastes mouvements collectifs de protestation de condamnés à mort de ces dernières années en Iran.
Les informations provenant de la prison font état d’une dégradation de l’état de santé de nombreux grévistes, de la poursuite des transferts de détenus vers l’isolement, de l’absence de réponse des autorités à leurs revendications et d’une inquiétude croissante parmi leurs familles.
Ce rapport retrace le déroulement des quinze jours de protestation, présente les revendications des prisonniers et fait le point sur les derniers développements de cette grève.
Une mobilisation devenue le symbole du rejet de la peine de mort
La grève de la faim des détenus condamnés à mort de la prison de Ghezel-Hessar est désormais entrée dans son quinzième jour. Ce mouvement a débuté aux premières heures du 13 juillet 2026, sans que les revendications des prisonniers aient, jusqu’à présent, reçu la moindre réponse.
Selon les informations diffusées par des sources de défense des droits humains, la grève a été déclenchée après le transfert de six condamnés à mort, poursuivis dans des affaires liées aux stupéfiants, vers des cellules d’isolement, une mesure généralement considérée dans les prisons iraniennes comme le prélude à une exécution. En réaction, environ 1500 condamnés à mort de l’unité 2 de la prison de Ghezel-Hessar ont refusé leur ration alimentaire et organisé un sit-in, donnant naissance à une mobilisation d’une ampleur exceptionnelle.
Ce qui distingue ce mouvement des précédents ne tient pas seulement au nombre élevé de participants, mais aussi à sa durée, désormais supérieure à deux semaines, ainsi qu’au soutien grandissant des familles des détenus et au large écho qu’il a trouvé dans les médias et auprès des organisations de défense des droits humains. Quinze jours après son lancement, aucune information officielle ne fait état d’un dialogue entre les autorités pénitentiaires et les représentants des prisonniers, ni d’une quelconque prise en compte de leurs revendications.
Pourquoi une grève de la faim ?
La principale revendication des grévistes est l’arrêt des exécutions et le réexamen des dossiers des condamnés, en particulier de ceux impliqués dans des affaires de stupéfiants.
Les détenus estiment que le transfert de condamnés dans des cellules d’isolement, alors même qu’une réforme de la législation sur la lutte contre les stupéfiants est toujours à l’étude au sein de certaines instances du pouvoir, risque de conduire à l’exécution de personnes qui pourraient voir leur peine révisée si la loi était modifiée ou si leur dossier faisait l’objet d’un nouvel examen. Ils demandent donc que toutes les exécutions soient suspendues jusqu’à ce que le sort de cette réforme législative soit clarifié.
Parallèlement, les prisonniers ont fait des slogans « Non à la peine de mort », « La jeunesse iranienne mérite autre chose que la prison et la potence » et « Non aux exécutions dans les affaires de stupéfiants » les principaux mots d’ordre de leur mobilisation. Ces slogans montrent que cette grève ne constitue pas seulement une réaction au sort de quelques détenus, mais une protestation plus large contre le recours persistant à la peine capitale.
Quel message portent les slogans des grévistes ?
Les slogans scandés au cours de cette mobilisation traduisent clairement les revendications des détenus.
En exprimant leur soutien à la campagne « Les mardis non aux exécutions », les protestataires réclament l’arrêt immédiat des exécutions, la réforme de la législation des stupéfiants et le réexamen des dossiers des condamnés. Dans les messages diffusés depuis l’intérieur de la prison, ils soulignent que nombre d’entre eux sont des primo-délinquants et demandent que leurs affaires soient réexaminées avec une approche différente.


