CSDHI – Les informations documentées recueillies dans le Khouzistan indiquent qu’au lendemain des manifestations nationales de décembre 2025-janvier 2026, les citoyens de la minorité arabe, en particulier les Arabes sunnites, ont été confrontés à une intensification de la répression sécuritaire, notamment à des arrestations massives, à des détentions prolongées dans des centres des services de renseignement, au refus d’accès à un avocat, à la détention d’enfants et d’adolescents, à des pressions exercées sur des militants religieux, à des actes de torture, à des procédures judiciaires collectives et à l’imposition de lourdes peines d’emprisonnement. Ces développements, associés à la surpopulation extrême signalée dans la prison de Sheiban à Ahwaz, ont renforcé les inquiétudes concernant la violation structurelle des droits de la minorité arabe en Iran.
Introduction
Depuis les manifestations nationales de décembre 2025-janvier 2026, la province du Khouzistan a connu l’une des vagues de répression les plus importantes visant les citoyens arabes de ces dernières années. Les éléments documentés dans le présent rapport indiquent que l’ampleur de cette répression dépasse largement le cadre des militants politiques et a également touché des militants culturels, des citoyens sunnites, des femmes, des adolescents et des personnes engagées dans des activités religieuses ou sociales pacifiques.
Les meurtres de citoyens arabes lors d’opérations de sécurité, les arrestations généralisées, les détentions prolongées dans les centres du ministère du Renseignement, le refus d’un accès effectif à une représentation juridique, la rétention d’informations auprès des familles concernant le sort et le lieu de détention des personnes arrêtées, les allégations de torture, les procès collectifs et l’imposition de lourdes peines dressent, dans leur ensemble, un tableau profondément préoccupant de la situation des droits humains affectant la minorité arabe d’Iran.
Ces développements sont intervenus malgré les articles 15 et 19 de la Constitution de la République islamique d’Iran, qui affirment l’égalité entre les citoyens et reconnaissent les droits culturels et linguistiques des communautés ethniques. L’Iran est également lié par l’article 27 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui garantit aux minorités ethniques et religieuses le droit de jouir de leur culture, de pratiquer leur religion et d’utiliser leur langue.
L’opération de Qaleh Chanan : deux morts et plus de cent jours de détention sans transparence
Le raid mené par les forces du ministère du Renseignement dans le secteur de Qaleh Chanan, à Ahwaz, en mars 2026, est devenu l’une des opérations de sécurité les plus meurtrières signalées dans le Khouzistan ces derniers mois.
Au cours de l’opération, au moins deux citoyens arabes, Mahmoud Hasanian (Naseri), fils de Mohammad, et Heydar Khayyatipour, ont été tués par des tirs directs. Au moins quatorze autres citoyens arabes ont été arrêtés.
Au 19 juin 2026, soit plus de cent jours après l’opération, les personnes détenues seraient toujours sous la garde du ministère du Renseignement, tandis que leurs familles continuaient de se voir refuser toute information concernant leur état et leur lieu de détention.
L’identité d’un certain nombre de détenus a été établie comme suit :
- Tareq Hasanian
- Bahador Zargani
- Mansour Naseri
- Ahmad Bavi-Fard
- Yousef Hasanian (ou Hosnian)
- Amin Naseri
- Jassem Bavi
- Mohammad Ali Bavi
- Hamid Hasanian (ou Hosnian)
Les affaires de ces personnes auraient été transmises à la deuxième chambre du tribunal général et révolutionnaire du comté de Karun, présidée par le juge Montazeri.
Les chefs d’accusation qui auraient été retenus contre elles comprennent :
- Des tirs contre les forces de sécurité
- Des attaques contre des oléoducs
- La possession d’engins explosifs artisanaux
- Une coopération avec les États-Unis et Israël
- La perturbation de l’ordre public
Parallèlement, le ministère du Renseignement a publié un communiqué officiel affirmant que les personnes arrêtées avaient formé un groupe d’opposition, participé à des attaques armées, perpétré des attentats à la bombe et détenu des matières explosives. Toutefois, à ce jour, aucune preuve indépendante ni aucun document accessible au public venant étayer ces allégations n’a été rendu public.
Arrestation de militants culturels et religieux
Mojahid Savari
Aux premières heures du 22 juin 2026, Mojahid Savari, un militant culturel de 37 ans originaire d’Ahvaz, a été arrêté lors d’un raid mené par des agents des services de renseignement à son domicile, dans le quartier de Kuy Mandali.
Savari, fils de Jabbar Savari, est marié et père de quatre enfants. Selon les informations disponibles, l’opération d’arrestation a créé une atmosphère d’intimidation et de peur parmi les membres de sa famille et les enfants présents sur les lieux.
Au 26 juin 2026, sa famille n’avait reçu aucune information concernant son lieu de détention, son état physique ou les charges retenues contre lui.
Abdulhossein Farhan
Abdulhossein Farhan (également connu sous le nom d’Abdullah Abu Masoud Badawi), un Arabe sunnite de 61 ans résidant à Kut Abdollah, est détenu depuis le 23 mars 2026.
Selon les informations disponibles, son arrestation serait liée à des activités religieuses, notamment à la pratique collective des prières de Taraweeh et des prières de l’Aïd.
Farhan souffrirait de diabète et d’autres problèmes de santé nécessitant des soins médicaux et une surveillance continus. Sa famille a exprimé de vives inquiétudes concernant son état de santé et son accès aux soins pendant sa détention.
Arrestations massives d’Arabes sunnites : des enfants aux personnes âgées
Le 7 juillet 2026, au moins dix-huit citoyens arabes sunnites ont été arrêtés à Kut Abdollah.
Selon les informations disponibles, les arrestations se sont accompagnées de coups et d’actes de violence, plusieurs personnes ayant été agressées devant des membres de leur famille et des habitants du quartier.
Parmi les personnes détenues dont l’identité a été établie figuraient des enfants et des adolescents :
- Jamal Naseri, 12 ans
- Mojtaba Naseri, 16 ans
- Yasin Naseri, 16 ans
- Morteza Naseri, 21 ans
- Mohammad Naseri, 27 ans
- Abu Yasser Naseri, environ 50 ans
Auparavant, dans la soirée du 17 juin 2026, au moins vingt-neuf citoyens arabes sunnites auraient été arrêtés par le service du renseignement d’Ahvaz.
Ces arrestations auraient été effectuées uniquement en raison des convictions et activités religieuses pacifiques des personnes détenues. Plusieurs des personnes arrêtées avaient déjà été détenues et condamnées en lien avec leurs activités religieuses ; toutefois, bien qu’elles aient purgé leur peine, elles ont de nouveau fait l’objet de mesures de sécurité et ont été arrêtées une nouvelle fois.
Des témoins oculaires ont rapporté que des agents de sécurité étaient entrés dans des domiciles sans présenter de mandats judiciaires clairs et avaient procédé à des perquisitions approfondies. Des effets personnels appartenant à plusieurs habitants auraient également été saisis.
L’identité d’un certain nombre des personnes arrêtées a jusqu’à présent été établie, notamment :
- Hossein Batrani, 40 ans, marié
- Hassan Obaidawi, 50 ans, marié
- Mohammad (Abu Aqil) Hezbawi, 36 ans, marié

- Abdulrahman Mohammad Hezbawi, 43 ans, marié
- Jassem (Abu Majed) Savari, 34 ans, marié
- Mohammad Khanfari, 22 ans, marié

- Mohammad Hezbawi, 21 ans, célibataire
Arrestations liées à la religion à Kuy Mandali
Le 20 juillet 2026, des agents des services de renseignement ont mené des raids simultanés dans les domiciles de résidents arabes du quartier de Kuy Mandali, à Ahvaz, arrêtant au moins quatre personnes et les transférant vers des lieux non divulgués.
Selon des sources locales, la manière dont l’opération a été menée a suscité peur et détresse chez les enfants et les autres membres des familles et a contribué à instaurer un climat de forte présence sécuritaire dans tout le quartier.
Les quatre personnes identifiées comme ayant été arrêtées sont :
- Saeed Obaidawi, 25 ans
- Hassan Chenani (Abu Arkan), 38 ans
- Jafar Shamousi
- Esmail Obaidawi, 35 ans
Les informations disponibles indiquent que ces personnes ont été ciblées en raison de leur appartenance à la foi sunnite.
Au 23 juillet 2026, leurs familles n’avaient reçu aucune information concernant leur lieu de détention ou leurs conditions de détention.
Soheil Mousavi : torture en détention
Soheil Mousavi, un militant religieux de 32 ans originaire d’Ahvaz, se trouvait toujours dans une situation juridique indéterminée au 31 juillet 2026, après son arrestation par le service du renseignement et son transfert ultérieur à la prison de Sheiban.
Selon les informations disponibles, Mousavi a été agressé physiquement au moment de son arrestation et a ensuite été soumis à des tortures physiques et psychologiques pendant son interrogatoire. Il est marié et père de deux enfants.
Son affaire est actuellement devant la douzième chambre du tribunal révolutionnaire d’Ahvaz, qui n’a pas encore rendu de verdict.
L’affaire de Kuy Mashali : arrestations massives, maladie et détention de mineurs
Le 4 septembre 2026, au moins dix citoyens arabes sunnites ont été arrêtés lors d’un raid mené par les forces du renseignement dans une résidence privée du quartier de Kuy Mashali, à Ahvaz.
Selon les informations disponibles, certaines des personnes présentes ont été battues avant d’être placées en détention. Il reste difficile de déterminer si les détenus ont été autorisés à avoir accès à leurs familles ou à passer des appels téléphoniques après leur transfert.
Au moment où l’incident a été rendu public, l’identité des personnes détenues suivantes avait été confirmée :
- Razi Heydari, 50 ans
- Hossein Heydari, 29 ans
- Abdolhadi Asakereh, 30 ans
Des informations ultérieures ont révélé que Majid Sharifi (Savari**)**, un citoyen arabe de 44 ans, figurait également parmi les personnes arrêtées.
Le 16 septembre 2026, les inquiétudes concernant son état physique se sont intensifiées. Majid Sharifi souffrirait d’une insuffisance rénale et demeurait détenu dans un centre du ministère du Renseignement.
Son véhicule personnel a également été saisi à la suite de son arrestation.
Par ailleurs, Arkan Sharifi, le fils de 17 ans de Majid Sharifi, a été transféré dans la section de quarantaine de la prison de Sheiban avec :
- Lafteh Heydari, 36 ans
- Razi Heydari, 50 ans
- Hossein Heydari, 29 ans
- Abdolhadi Asakereh, 30 ans
- Hamzeh Sayahi
- Mohammad Savari

Selon les informations disponibles, les arrestations ont été effectuées sans présentation de mandats judiciaires et se sont accompagnées de violences physiques contre plusieurs détenus.
Ces personnes sont toujours détenues alors que les informations détaillées concernant les charges retenues contre elles restent indisponibles, laissant leurs familles dans l’attente de précisions tant sur leur statut judiciaire que sur leur lieu de détention.
Convocation de femmes arabes et poursuite des pressions judiciaires
Le 6 septembre 2026, neuf femmes arabes et deux hommes arabes, qui avaient tous auparavant passé plusieurs mois en détention avant d’être libérés sous caution, ont été convoqués devant des tribunaux à Ahvaz afin de se voir notifier officiellement des décisions judiciaires.
Les personnes convoquées étaient :
- Saeedeh Heydari-Rad
- Amal Dahimawi
- Kowsar Asakereh
- Ayat Mohammadi
- Fatemeh Savari
- Khadijeh Havali
- Eftekhar Rostamizadeh
- Seyedeh Fatemeh Hosseini
- Ameneh Beit-Sayyah
- Mostafa Jafari
- Hossein Heydari-Far
Les charges qui auraient été retenues contre elles comprennent :
- L’appartenance à un groupe agissant contre la sécurité nationale, ou la formation d’un tel groupe
- La propagande contre l’État
- Le rassemblement et la collusion contre la sécurité nationale
- La perturbation de l’ordre public
Quatre jours plus tard, des forces affiliées à l’Organisation du renseignement des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) ont mené une opération distincte dans le village d’Aboudeh, arrêtant au moins dix citoyens arabes sunnites.
L’identité de neuf des personnes arrêtées a été confirmée :
- Mostafa Cheldavi
- Kamal Batrani, père de trois enfants
- Loqman Batrani, père de trois enfants
- Hadi Beit Sheikh Ahmad (connu sous le nom d’Abu Kamal), 55 ans, père de quatre enfants
- Reza Savari, père de trois enfants
- Khaled Gharbawi, père de deux enfants
- Jafar Cheldavi
- Ebrahim Hamdani
- Ali Cheldavi
Prison de Sheiban à Ahwaz : surpopulation extrême et procès collectifs
Les arrestations généralisées de citoyens arabes ne représentent que la première étape d’un schéma plus large de répression. Après avoir passé des semaines, voire des mois, dans des centres de détention des services de renseignement, de nombreux détenus ont ensuite été transférés à la prison de Sheiban, à Ahvaz, devenue l’un des principaux centres de détention des prisonniers politiques arabes et des prisonniers d’opinion. L’augmentation de la population carcérale, les informations persistantes faisant état d’un accès limité à une assistance juridique, les procédures judiciaires collectives et l’imposition de lourdes peines ont suscité de graves inquiétudes quant au respect des garanties d’un procès équitable et des droits fondamentaux des détenus.
Les informations reçues indiquent que le nombre de prisonniers politiques arabes et de prisonniers d’opinion détenus à la prison de Sheiban dépasse 600 personnes.
Les données disponibles indiquent :
- Prisonniers politiques arabes et prisonniers d’opinion : plus de 600
- Quartier 8 : environ 185 prisonniers
- Quartier 5 : environ 120 prisonniers
- Section de quarantaine : plus de 310 prisonniers
- Population carcérale actuelle : plus de 4 000 prisonniers
- Capacité officielle de la prison : environ 2 000 prisonniers
Une proportion importante des personnes récemment détenues est âgée de 18 à 25 ans.
De nombreux rapports indiquent que :
- De nombreux détenus se sont vu refuser un accès effectif à un avocat ;
- Dans certaines affaires, les audiences judiciaires ont été tenues à l’intérieur de la prison de Sheiban ;
- Certaines procédures se sont déroulées collectivement et par visioconférence ;
- Le droit des accusés de présenter une défense individualisée et indépendante a été sévèrement restreint.
Un nombre considérable de ces affaires aurait été traité par la première chambre du tribunal révolutionnaire d’Ahvaz, présidée par Ehsan Adibi-Mehr. L’appellation « Juge de la mort », utilisée dans certains rapports à son sujet, serait une désignation employée par des détracteurs et par un certain nombre de prisonniers en référence à la sévérité des peines qui lui sont attribuées.
Un certain nombre de détenus ont fait face à des accusations telles que :
- Agir contre la sécurité nationale ;
- Espionnage au profit d’Israël et du Mossad ;
- Propagande contre l’État ;
- Association ou liens avec des groupes d’opposition.
Les peines d’emprisonnement qui auraient été prononcées dans certaines affaires comprennent :
- 20 ans et un jour ;
- 15 ans et un jour ;
- 10 ans et un jour ;
- 7 ans et un jour ;
- 5 ans et un jour.
Parmi les prisonniers politiques qui seraient détenus à la prison de Sheiban figurent :
Gholamhossein Kalbi, Ayoub Parkar, Masoud Jamei, Farshad Etemadifar, Reza Anafcheh, Alireza Mardasi, Reza Abdali, Saeed Obaidawi, Hassan Chenani, Jafar Shamousi, Esmail Obaidawi, Jamal Naseri, Mojtaba Naseri, Yasin Naseri, Morteza Naseri, Mohammad Naseri, Abu Yasser Naseri, Mojahid Savari, Hojat Al-Mohammadi, Tareq Hasanian, Bahador Zargani, Mansour Naseri, Ahmad Bavi-Fard, Yousef Hasanian, Amin Naseri, Jassem Bavi, Mohammad Ali Bavi et Hamid Hasanian.
Parmi eux, Masoud Jamei, Farshad Etemadifar et Alireza Mardasi auraient été identifiés comme des prisonniers condamnés à mort.
L’augmentation spectaculaire de la population carcérale a également conduit les infrastructures pénitentiaires à ne plus être en mesure d’accueillir correctement le nombre de détenus. Outre la forte pression exercée sur les systèmes de refroidissement et de ventilation, la surpopulation aurait affecté la qualité des services d’assistance, les conditions d’hygiène et la fourniture de nourriture au sein de la prison.
Complexe d’Al-Hadid : inquiétudes concernant la détention secrète de personnes détenues
Les informations reçues concernant le complexe de formation professionnelle et de réinsertion d’Al-Hadid, situé au kilomètre 25 de la route reliant Ahvaz à Shush, indiquent que certaines parties de cette installation de 400 hectares ont été totalement isolées du reste du complexe.
Des sources locales ont signalé :
- Des déplacements nocturnes de véhicules affiliés aux Gardiens de la révolution islamique (CGRI) et aux agences de sécurité ;
- Des transferts nocturnes de personnes ;
- L’existence de cellules d’isolement ;
- La possibilité que des interrogatoires soient menés pendant la nuit ;
- La possibilité que des détenus politiques et liés à des affaires de sécurité soient détenus dans cette installation.
Bien que ces allégations nécessitent une vérification indépendante, si elles étaient confirmées, elles soulèveraient de graves inquiétudes concernant les violations des droits des détenus et du droit des familles à être informées du lieu de détention et de l’état de leurs proches.
Peine de mort et menace persistante d’exécution contre les citoyens arabes
Le recours continu à la peine de mort demeure l’une des préoccupations les plus graves en matière de droits humains affectant les citoyens arabes du Khuzestan. Bien que peu d’informations publiques aient été rendues disponibles concernant de nouvelles exécutions de citoyens arabes au cours de la période couverte par le rapport, les éléments disponibles indiquent que le risque de condamnations à mort et d’exécutions de détenus arabes demeure important.
À la prison de Sheiban, à Ahvaz, au moins trois prisonniers arabes, Masoud Jamei, Farshad Etemadifar et Alireza Mardasi, auraient été identifiés comme des prisonniers politiques arabes et des prisonniers d’opinion condamnés à mort. Ces inquiétudes sont renforcées par les informations persistantes faisant état d’un accès limité à une assistance juridique, de procédures judiciaires collectives, de poursuites liées à des questions de sécurité et de restrictions au droit de présenter une défense effective dans les affaires concernant des détenus arabes.
Les inquiétudes concernant la situation actuelle des prisonniers arabes sont également renforcées par les exécutions menées le 4 octobre 2025 (12 Mehr 1404), lorsque six prisonniers politiques arabes ahwazis ont été exécutés dans la prison de Sepidar, à Ahvaz. Les personnes exécutées étaient :
- Ali Majdam
- Moein Khanfari
- Seyed Salem Mousavi
- Mohammadreza Moghaddam
- Adnan Ghabishavi (Al-Boushoukeh)
- Habib Deris
Selon des organisations de défense des droits humains, ces six prisonniers avaient été arrêtés entre 2018 et 2019 et ont été exécutés après des années de détention, de torture, d’aveux forcés et de privation d’un accès véritable à un avocat indépendant. Les informations indiquaient également que leurs familles n’avaient pas été informées à l’avance des exécutions et avaient ensuite fait l’objet de restrictions concernant les cérémonies de deuil et la communication publique autour de ces affaires.
La présence persistante de prisonniers arabes dans le couloir de la mort, conjuguée au recours récurrent à des accusations telles que « agir contre la sécurité nationale », « espionnage », « liens avec des groupes d’opposition » et autres infractions liées à la sécurité, souligne la nécessité urgente d’un contrôle international accru de la situation des citoyens arabes au Khuzestan.
Analyse juridique
Les cas documentés présentés dans ce rapport soulèvent de graves préoccupations concernant des violations :
- du droit à la vie (article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques) ;
- de l’interdiction de la détention arbitraire (article 9 du PIDCP) ;
- du droit à un procès équitable (article 14 du PIDCP) ;
- de la liberté de religion ou de conviction (article 18 du PIDCP) ;
- des droits des minorités ethniques et religieuses (article 27 du PIDCP).
La détention d’enfants, les détentions prolongées dans des centres de renseignement, le refus d’accès à l’avocat de son choix, les allégations de torture, les procédures judiciaires collectives et le ciblage de personnes en raison de leurs convictions religieuses sont également incompatibles avec les obligations de l’Iran au titre de la Convention relative aux droits de l’enfant et de l’Ensemble de règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus (Règles Nelson Mandela).
Le schéma documenté peut également soulever des questions au regard de la Déclaration des Nations unies sur les droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques.
Conclusion
Les informations documentées dans le présent rapport montrent que les citoyens arabes du Khuzestan ont fait l’objet d’un ensemble continu de mesures sécuritaires, judiciaires et carcérales au lendemain des manifestations nationales de décembre 2025-janvier 2026. L’ampleur des arrestations, la présence d’enfants parmi les personnes détenues, les pressions exercées sur les citoyens arabes sunnites, les détentions prolongées dans des centres de renseignement, la surpopulation extrême de la prison de Sheiban, les procédures judiciaires collectives et l’existence de prisonniers arabes condamnés à mort témoignent d’un schéma plus large et plus systématique plutôt que d’incidents isolés.
Ces développements nécessitent une attention urgente de la part des mécanismes internationaux de défense des droits humains, en particulier ceux qui s’intéressent aux droits des minorités, à la liberté de religion ou de conviction, aux détentions arbitraires et aux garanties d’un procès équitable.
Demandes d’action
- Le Rapporteur spécial sur la situation des droits humains dans la République islamique d’Iran est invité à procéder à un examen spécifique des arrestations massives de citoyens arabes au Khuzestan depuis les manifestations de décembre 2025-janvier 2026.
- Le Rapporteur spécial sur les questions relatives aux minorités est invité à examiner la situation de la minorité arabe d’Iran dans le cadre d’un rapport spécifique au Conseil des droits de l’homme.
- Le Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction est invité à examiner et à suivre les arrestations de citoyens arabes sunnites liées à leurs activités religieuses pacifiques.
- Le Groupe de travail sur la détention arbitraire est invité à examiner d’urgence les cas concernant des enfants et des adolescents détenus, ainsi que les personnes détenues dans des centres de renseignement dans des conditions prolongées d’isolement et de privation de contact avec l’extérieur.
- Le Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants est invité à examiner les allégations de torture, d’agressions physiques et de mauvais traitements dont seraient victimes les détenus arabes au Khuzestan.
- Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme est invité à veiller à ce que les informations relatives aux arrestations massives, aux procès collectifs, à la surpopulation extrême de la prison de Sheiban et aux allégations concernant des centres de détention secrets soient documentées et conservées dans le cadre des mécanismes pertinents de responsabilité et de suivi concernant l’Iran.
- Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies est invité, si les arrestations massives, la répression religieuse, la détention d’enfants, les pratiques de condamnation sévères et les exécutions se poursuivent, à considérer la situation de la minorité arabe en Iran comme un sujet de préoccupation distinct dans le cadre des mécanismes existants de responsabilité et de documentation relatifs à l’Iran, afin notamment d’identifier et de préserver les informations concernant la responsabilité des individus et des institutions impliqués dans de graves violations des droits humains.


