Trois habitants du Kermanshah condamnés à mort après les manifestations de janvier 2026

La 23e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran a condamné à mort trois citoyens originaires du Kermanshah, arrêtés lors des manifestations nationales de janvier 2026. Khosrow Mohammadinia, Massoud Toushmalani et Sirvan Shabani sont actuellement détenus à la prison de Qezel-Hesar, à Karaj.

Le jugement a été signé par les juges Karimi et Taghizadeh. Les trois hommes sont poursuivis dans un dossier commun pour « moharebeh » (inimitié contre Dieu, ou « guerre contre Dieu »), « rassemblement et collusion en vue de porter atteinte à la sécurité nationale » et « actes opérationnels au profit d’États hostiles ». Une femme, dont l’identité n’a pas été rendue publique, a été condamnée à cinq ans de prison dans la même affaire.

L’arrestation et la détention

Les trois hommes ont été arrêtés par les forces de sécurité le 9 janvier 2026, dans une rue d’Islamshahr, dans la province de Téhéran, pendant les manifestations. Après leur interpellation, ils ont passé plusieurs mois à l’isolement. Ils ont ensuite été transférés à Qezel-Hesar, après ce qui est décrit comme l’obtention d’aveux forcés.

Massoud Toushmalani a été libéré sous caution après sa première arrestation, avant d’être de nouveau arrêté quelques jours plus tard.

Sirvan Shabani, musicien

Sirvan Shabani a 25 ans. Artiste et musicien, il est chef d’un orchestre de musique pop et traditionnelle. Originaire du Kermanshah, il résidait dans le quartier de Vavan, à Islamshahr. Il joue du târ, du setâr et du tanbour, et dirigeait l’orchestre traditionnel et pop du centre culturel Bahman, à Téhéran.

Depuis son arrestation, il a passé une longue période à l’isolement. Des informations font état d’un retour en cellule d’isolement et de mauvais traitements après la diffusion d’un enregistrement audio depuis la prison.

Khosrow Mohammadinia et Massoud Toushmalani

Sur ces deux hommes, les informations publiques restent très limitées. Ils sont originaires du Kermanshah et ont entre 30 et 50 ans. Aucun élément vérifié sur leur profession, leur situation familiale ou leur parcours n’a été rendu public. Le seul fait distinct concerne Massoud Toushmalani : une libération temporaire sous caution, suivie d’une nouvelle arrestation.

Une procédure opaque

Le déroulement de l’audience, les conditions des interrogatoires, la date de notification officielle du jugement et l’accès effectif des trois hommes à un avocat de leur choix restent inconnus. L’usage de l’accusation de moharebeh, passible de la peine de mort, dans un dossier lié aux manifestations de janvier 2026, s’inscrit dans une série de condamnations capitales prononcées par des tribunaux révolutionnaires après la répression de ce mouvement.

Les manifestations avaient commencé le 28 décembre 2025, sur fond de chute du rial, avant de s’étendre au-delà des bazars. La répression des 8 et 9 janvier 2026 et des jours suivants a fait des milliers de morts et de blessés et entraîné des dizaines de milliers d’arrestations.

Trois jeunes vies sont aujourd’hui menacées d’exécution, dans une procédure dont les garanties essentielles demeurent absentes.