Paris : une exposition retrace l’histoire des exécutions et de la résistance en Iran

Paris, 3 octobre 2026 – Une exposition consacrée à l’histoire des exécutions en Iran, de 1981 à 2026, ainsi qu’à l’histoire de la résistance du peuple iranien, s’est tenue samedi 3 octobre sur la place de la République à Paris.

Installée au cœur de l’un des lieux les plus fréquentés de la capitale un samedi, l’exposition a suscité un vif intérêt auprès des Parisiens, des Français et des touristes. Tout au long de la journée, de nombreux passants se sont arrêtés pour découvrir les panneaux explicatifs et les images consacrés à plusieurs décennies de répression, d’exécutions et de résistance en Iran.

Des décennies d’exécutions et de répression

Une partie de l’exposition était consacrée aux victimes du massacre des prisonniers politiques de 1988. Des photographies de personnes exécutées lors de ce massacre avaient été disposées sur la place de la République, permettant aux passants de découvrir leurs visages et leur histoire.

Une autre partie présentait les photographies de personnes tuées dans les rues lors des soulèvements populaires de 2018, 2019, 2022 et 2026.

Les visiteurs pouvaient également voir les portraits de membres des unités de résistance exécutés en 2026, ainsi que ceux de jeunes manifestants ayant participé au soulèvement de 2026, arrêtés puis condamnés à mort et exécutés.

Des potences disposées symboliquement sur le site rappelaient également le recours continu à la peine capitale en Iran.

Hommage aux jeunes exécutés

Un espace était consacré à trois jeunes manifestants exécutés au cours de la semaine. Leurs photographies avaient été placées sur une table, où de nombreux visiteurs sont venus déposer des fleurs en signe de respect et de solidarité.

Parmi eux figurait Siavash Jamshidi, exécuté le matin même à Shahrekord. Selon les autorités judiciaires iraniennes, il avait été condamné pour « moharebeh » — « guerre contre Dieu » — après avoir été accusé d’avoir brandi une arme et tiré sur des membres des forces du régime lors des manifestations de janvier 2026.

L’exposition attirait également l’attention sur la situation de Ali Hemmati Sistani et Majid Nikandish, deux manifestants arrêtés lors des manifestations de janvier 2026 et détenus à la prison centrale de Machhad (Vakilabad).

Selon des informations jugées crédibles, les deux hommes auraient été soumis à des actes de torture physique sévère et systématique, notamment à des suspensions par les mains et à des fractures osseuses, afin d’obtenir des aveux forcés.

1 069 exécutions en Iran depuis le début de 2026

Cette exposition s’est tenue alors que les exécutions se poursuivent à un rythme alarmant en Iran.

Au moins 1 069 personnes ont été exécutées en Iran entre le 1er janvier et la fin du mois d’août 2026, dont 28 femmes.

Ces chiffres illustrent l’ampleur du recours à la peine de mort en Iran, utilisée depuis des décennies comme un instrument de répression et d’intimidation de la population.

« Nous entendions parler des exécutions, mais nous n’en mesurions pas l’ampleur »

De nombreux visiteurs ont témoigné de leur émotion après avoir découvert l’exposition.

Plusieurs ont expliqué qu’ils avaient déjà entendu parler des exécutions en Iran, mais que voir les photographies, les noms et les explications réunis dans un même lieu leur avait permis de prendre conscience de l’ampleur de cette répression.

Certains visiteurs ont été profondément bouleversés et ont eu les larmes aux yeux en écoutant les explications sur les victimes. D’autres ont exprimé leur solidarité avec le peuple iranien et souhaité sa victoire dans son combat contre la dictature.

Tout au long de la journée, des chants et musiques révolutionnaires iraniens et français ont également été diffusés sur le lieu de l’exposition, accompagnant ce moment de mémoire et de solidarité.

À travers cette initiative organisée au cœur de Paris, les organisateurs ont voulu faire connaître au public français l’histoire de plusieurs décennies d’exécutions et de répression en Iran, mais aussi celle de la résistance et du combat du peuple iranien pour la liberté.