CSDHI – Naike Gruppioni met en garde contre l’utilisation des exécutions et des condamnations à mort de manifestants pour réprimer toute contestation. Elle exhorte les gouvernements et les institutions internationales à exiger la fin des exécutions et à protéger les droits des prisonniers.
La parlementaire italienne Naike Gruppioni a appelé les gouvernements et les institutions internationales à intensifier la pression sur le régime iranien afin qu’il mette un terme aux exécutions, annule les condamnations à mort prononcées contre des manifestants et respecte les droits fondamentaux des prisonniers politiques. S’exprimant lors d’une conférence organisée à l’occasion du 10 octobre, Journée mondiale contre la peine de mort, Gruppioni a averti que la peine capitale était devenue, en Iran, un instrument de répression politique et d’intimidation.
Membre de la commission des Affaires étrangères du Parlement italien, Gruppioni a souligné que cette journée internationale ne devait pas se réduire à une simple commémoration symbolique. Elle devait au contraire réaffirmer le principe selon lequel aucun gouvernement n’a le droit de décider arbitrairement qui mérite de vivre et qui doit mourir.
Les exécutions et les condamnations à mort visent les opposants politiques
Gruppioni a évoqué l’exécution, en 2026, de plusieurs membres de l’Organisation des moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK), citant les noms de Hamed Validi, Mohammad (Nima) Masoum-Shahi et Mehdi Khanki Javan. Elle a souligné que derrière chacun de ces noms se trouvent des familles endeuillées et des vies fauchées par la répression politique.
Elle a également cité des chiffres attribués à l’organisation Iran Human Rights, selon lesquels au moins 100 manifestants arrêtés dans le cadre des protestations de janvier 2026 avaient été condamnés à mort dans 13 provinces iraniennes. D’après les données présentées lors de la conférence, parmi les personnes condamnées à mort figuraient des femmes ainsi que des personnes qui, selon les informations rapportées, n’avaient pas atteint l’âge légal de la majorité au moment des faits qui leur étaient reprochés.
D’autres détenus restent également menacés d’exécution, a-t-elle averti.
Gruppioni a souligné que ces chiffres représentaient des vies individuelles, des familles et des avenirs menacés par un système judiciaire de plus en plus associé à la répression de toute contestation. Lorsque la peine capitale est utilisée pour intimider les opposants et décourager les revendications de liberté, a-t-elle fait valoir, la question dépasse largement le cadre de la justice pénale : elle concerne la protection des droits fondamentaux et le respect de l’État de droit.
La justice ne doit pas devenir un instrument de répression
La parlementaire italienne a appelé les institutions démocratiques à rester vigilantes, à condamner publiquement les violations des droits humains et à exiger que les garanties juridiques fondamentales soient assurées à chaque prisonnier, en particulier le droit à un procès équitable.
Elle a mis en garde contre le risque de voir le temps qui passe et la répétition des informations faisant état d’exécutions en Iran finir par détourner l’attention de la communauté internationale. Le silence et l’indifférence risquent, selon elle, d’abandonner celles et ceux qui ont le plus urgemment besoin de la solidarité internationale.
Dans son intervention, elle a particulièrement insisté sur la responsabilité des gouvernements démocratiques : ils doivent s’opposer à l’utilisation des procédures judiciaires pour réduire au silence les opposants politiques. Les institutions judiciaires, a-t-elle affirmé, doivent protéger la dignité humaine plutôt que servir les intérêts de ceux qui détiennent le pouvoir.
Appel à une pression diplomatique et à la fin des exécutions
Gruppioni a exhorté les gouvernements et les organisations internationales à maintenir la pression diplomatique et politique sur Téhéran jusqu’à l’arrêt des exécutions en Iran et à l’annulation des condamnations à mort.
Elle a également appelé à davantage de transparence, à un meilleur accès à la justice et à une protection accrue des prisonniers et de leurs familles. Ces mesures sont, selon elle, indispensables pour prévenir de nouveaux abus et veiller à ce que les personnes menacées d’exécution ne soient pas abandonnées au système judiciaire du régime iranien.
La communauté internationale, a-t-elle insisté, ne doit pas laisser la banalisation des exécutions affaiblir sa réaction face à la répression exercée contre le peuple iranien.
L’avenir de l’Iran doit appartenir à son peuple
Gruppioni a conclu en soulignant que l’avenir de l’Iran devait être déterminé par les Iraniens eux-mêmes. Elle a appelé à la construction d’un pays où personne ne craindrait d’être emprisonné ou exécuté en raison de ses convictions, où la liberté ne serait pas considérée comme un crime et où la dignité humaine ne pourrait être subordonnée aux exigences du pouvoir politique.
Elle a également exprimé son soutien à Maryam Rajavi et aux principes qu’elle défend, établissant un lien entre la lutte contre les exécutions en Iran et l’exigence plus large d’un avenir démocratique pour l’Iran.
Son message central est que défendre le droit à la vie et à la liberté exige une action internationale soutenue : il ne suffit pas d’exprimer sa préoccupation, il faut prendre des mesures diplomatiques et politiques concrètes pour mettre fin aux exécutions et protéger les personnes persécutées.


