Publié le : 12th octobre 2020
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Narges Mohammadi

CSDHI – Le 8 octobre, les autorités iraniennes ont finalement succombé aux appels internationaux. Elles ont libéré la défenseuse des droits humains, Narges Mohammadi. Depuis 2015, Mme Mohammadi était injustement détenue pour de fausses accusations. « Atteinte à la sécurité nationale », « diffusion de propagande contre le régime et insulte du Guide suprême Ali Khamenei » en faisaient partie.

Injustement emprisonnée

Amnesty International a salué la libération de Mohammadi. Elle l’a décrite comme une grande nouvelle. « La défenseuse iranienne des droits humains, Narges Mohammadi a été libérée de prison ! Elle n’aurait jamais dû être injustement emprisonnée pendant plus de cinq ans pour son activisme pacifique en faveur des droits humains », a tweeté Amnesty.

Les prisons sont des mouroirs

De plus de cela, les conditions de détention des prisonnières politiques sont ignobles. En avril, le pouvoir judiciaire s’est vanté d’avoir accordé une permission de sortie d’urgence à des centaines de milliers de prisonniers en raison de l’épidémie du coronavirus. Cependant, aucun prisonnier politique, prisonnier de conscience ou manifestant détenu n’a pu bénéficier de cette permission. Bien entendu, parallèlement à la deuxième vague de la maladie, les autorités ont ordonné à tous les prisonniers de retourner dans les prisons contaminées. Puis ils les ont poussés dans les quartiers contaminés. Ils ne les ont pas testés et ne les ont pas isolés.

La prisonnière politique Massoumeh Senobari

La prisonnière politique Massoumeh Senobari, 32 ans, est en prison dans sa ville natale de Tabriz, au nord-ouest de l’Iran, depuis le 6 mars 2019. Les autorités l’ont torturée et l’ont soumise à des mauvais traitements pendant son interrogatoire. Les agents des services du renseignement des pasdarans ont fait une descente à son domicile. Ils ont détruit et pillé ses effets personnels. Les tribunaux révolutionnaires ont condamné Mme Senobari à un total de huit ans de prison pour « propagande contre l’État », « appartenance à l’opposition iranienne OMPI/MEK » et « insulte du guide suprême. »

Des prisons remplies de détenus injustement condamnés

Mme Mohammadi n’est pas la dernière femme iranienne détenue injustement derrière les barreaux. Ces dernières années, les autorités iraniennes ont arrêté de nombreux citoyens pour leurs activités humanitaires, leur militantisme contre la peine de mort, leurs croyances et leurs convictions politiques. Elles se sont également attaquées aux membres des minorités ethniques et religieuses.

Les 5 et 6 octobre, le département du renseignement des gardiens de la révolution (pasdarans) a fait une descente au domicile de quatre militantes syndicales et des médias sociaux. Ils les ont arrêtées dans la capitale iranienne, Téhéran, et dans les provinces de l’Ilam, à l’ouest du pays. Khadijeh Mehdipour, 23 ans, a été détenue à Ilam. Shabnam Ashouri, 23 ans, Neda Pir-Khezranian, et Andisheh Sadri ont également été arrêtés dans la province de Téhéran. Il n’y a aucune information sur le lieu où se trouvent ces deux dernières.

En outre, l »Iran détient les prisonnières politiques dans des conditions ignobles. En avril, le pouvoir judiciaire s’était vanté d’’accorder une permission de sortie d’urgence à des centaines de milliers de prisonniers à cause de l’épidémie du coronavirus. Puis, les autorités ont ordonné à tous les prisonniers de retourner dans les prisons contaminées sans tests ni quarantaine.

Des conditions de détention qui met la vie des prisonniers en péril

La décision du pouvoir judiciaire a fait courir à de nombreux prisonniers le risque de contracter le coronavirus. Les activistes affirment que le gouvernement a l’intention de se débarrasser des prisonniers politiques par le biais du virus mortel. À cet égard, il existe de nombreuses informations sur l’infection des prisonniers par la Covid-19 dans différentes prisons du pays.

La prisonnière politique Massoumeh Senobari a, selon de récentes informations, contracté le coronavirus dans le quartier des femmes de la prison centrale de Tabriz. « Massoumeh Senobari a une mauvaise toux. Elle souffre d’une forte fièvre, de maux de gorge, de sécheresse de la bouche, de douleurs dans les poumons et dans tout le corps », a rapporté une source.

Par ailleurs, le 24 septembre, les autorités ont transféré Mina Rad à la tristement célèbre prison de Qarchak, dans la ville de Varamin, en banlieue de Téhéran. Mina Rad est une jeune poétesse et écrivain. Pendant les deux dernières années, des agents du ministère du renseignement et de la sécurité (MOIS) l’ont fréquemment convoquée et interrogée pour sa participation aux manifestations de fin 2017-début 2018.

En outre, le 28 septembre, le régime a prolongé pour la troisième fois la détention de Faranak Jamshidi. Il s’agit d’une militante écologiste. Depuis le 28 juin, elle est détenue à la prison centrale de Sanandaj, la capitale de la province du Kurdistan.

Des centaines de femmes arrêtées

Ces dernières années, les autorités iraniennes ont arrêté des centaines de femmes lors de manifestations. Ou parce qu’elles avaient contacté leurs proches affiliés à l’opposition, notamment l’OMPI/ MEK. En outre, le service de renseignement du MOIS et des pasdarans a arrêté et fait disparaître plusieurs mères et sœurs qui cherchaient à retrouver leurs proches. De nombreux membres des familles de prisonniers politiques (mères, sœurs), tués en masse au cours de l’été 1988, sont en prison. Parce qu’ils ont posé des questions et recherché les tombes de leurs proches.

Dans ce contexte, les groupes de défense des droits et les activistes sont heureux de la libération de Narges Mohammadi. Toutefois, ils devraient maintenir la pression sur le gouvernement iranien pour qu’il libère le reste des prisonnières politiques, affirment les dissidents. Sinon, les ayatollahs exploiteront la négligence de la communauté internationale. Et ils exerceront davantage de pression sur les autres prisonniers.

Source : Iran Focus (site anglais)