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FIDH répression meurtrière iranFIDH (Paris, Londres), le 20 novembre 2019 - Les autorités iraniennes doivent immédiatement mettre fin à leur répression meurtrière contre les manifestants non armés qui sont descendus dans les rues de nombreuses villes pour exprimer leur opposition à la hausse du prix de l'essence, ont exhorté, le 20 novembre 2019, la FIDH et ses organisations membres iraniennes, la Ligue pour la défense des droits de l'homme en Iran (LDDHI) et le Centre pour la défense des droits de l’homme (DHRC).

En vertu des traités internationaux relatifs aux droits de l'homme auxquels l'Iran est partie, le gouvernement iranien a l'obligation d'enquêter sur les violations des droits humains, notamment le recours à la force létale par des membres des forces de l'ordre et du personnel de sécurité en civil, et tenir les auteurs pour responsables, ont déclaré la FIDH, la LDDHI et le DHRC.

« Le Guide suprême, l’ayatollah Khamenei, a ouvert la voie à la répression des manifestants en les qualifiant de « vauriens ». Le soutien de Khamenei à l’augmentation du prix de l’essence, qui alourdira le coût de la vie, déjà insupportable pour la majorité de la population, montre à quel point il est déconnecté des citoyens ordinaires », a déclaré Shirin Ebadi, présidente du DHRC et lauréate du Prix Nobel de la paix.

Tôt le matin du 15 novembre 2019, les autorités iraniennes ont annoncé un nouveau système de tarification de l'essence et ont relevé leurs prix jusqu'à 250 %. La hausse des prix a été décidée par le Conseil suprême de coordination économique des trois pouvoirs de l'État, dont les membres comprennent les chefs des trois branches de l'État. Le Guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Khamenei, qui a mis en place le nouveau Conseil suprême inconstitutionnel en juin 2018, approuve les décisions de cet organe.

Les manifestations de masse ont commencé dans les villes du sud, l'après-midi du 15 novembre 2019 et se sont étendues à plus de 100 villes à travers le pays. Le gouvernement, sous la direction du Guide suprême, a réagi en empêchant le Parlement de discuter, voire d’annuler, les hausses du prix de l’essence. Ils ont ordonné aux forces de sécurité d'écraser les manifestations et de couper complètement Internet.

Des membres des forces de sécurité ont attaqué et brutalement frappé les manifestants et tiré des balles réelles et des bidons de gaz lacrymogène pour disperser les participants. Des tireurs d’élite ont également été mobilisés pour tirer et tuer des manifestants qui tentaient de se défendre, notamment à Karaj (province d’Alborz), Saveh (province de Markazi), Marivan (province du Kurdistan), Isfahan (province d’Ispahan), Kermanshah (province de Kermanshah), Chiraz (Fars), Téhéran et Shahriyar (à l’est de Téhéran) entre le 16 et le 18 novembre. Des dizaines de manifestants ont été tués dans diverses villes et provinces du pays. À ce jour, les sources officielles n’ont pas indiqué le nombre de manifestants tués ni le nombre exact de manifestants arrêtés. La FIDH, la LDDHI et le DHRC craignent que plusieurs centaines de manifestants aient été tués, mais il n’est pas possible de vérifier le nombre exact, car le gouvernement refuse de publier des informations pertinentes. La seule information sur le nombre de détenus provient de l'agence de presse semi-officielle Fars qui, le 18 novembre, citant un responsable non identifié, a annoncé que 1 000 manifestants avaient été arrêtés du 15 au 18 novembre.

« Les autorités doivent mettre fin immédiatement à la répression meurtrière des manifestations, libérer immédiatement et sans condition tous les manifestants détenus et offrir des réparations appropriées aux familles des victimes », a déclaré Karim Lahidji, président de la LDDHI et président d'honneur de la FIDH.

Le 19 novembre, le Haut-Commissariat aux droits humains (HCDH) des Nations Unies a appelé les autorités iraniennes à éviter l'utilisation de la force pour disperser des rassemblements pacifiques et à respecter le droit à la liberté d’expression, et le droit de réunion et d’association pacifiques, notamment en rétablissant immédiatement l’accès des Iraniens à Internet, ainsi qu’à d’autres formes de communication.

La FIDH, la LDDHI et le DHRC approuvent les recommandations du Haut-Commissariat et appellent également la communauté internationale, en particulier les Nations unies et l'Union européenne (UE), à exhorter les autorités iraniennes à coopérer avec les procédures spéciales des Nations unies afin de faciliter une enquête indépendante et impartiale sur la force meurtrière utilisée par les forces de sécurité, d’identifier les auteurs et de les traduire en justice.