CSDHI -Amnesty International est très préoccupée par le recours à la peine de mort par l’Iran à l’encontre des participants aux manifestations de 2022. Au moins huit personnes risquent d’être exécutées à l’issue de procès manifestement inéquitables, tandis que neuf autres ont déjà été exécutées arbitrairement.
Procès injustes et allégations de torture
Le rapport met en évidence les violations systématiques des droits à un procès équitable dont ont été victimes ces participants aux manifestations de 2022. Ils se sont vu refuser l’accès à des avocats choisis, ont été soumis à la torture et contraints de faire des aveux qui ont été utilisés contre eux. Les méthodes de torture documentées comprennent les coups, les chocs électriques et la violence sexuelle.
Cas particuliers
Le rapport détaille plusieurs cas spécifiques d’affaires de participants aux manifestations de 2022. Reza (Gholamreza) Rasaei, par exemple, a été condamné à mort sur la base d’aveux extorqués sous la torture alors qu’il avait présenté des preuves à décharge. Toomaj Salehi risque d’être exécuté uniquement pour avoir publié sur les réseaux sociaux des messages critiquant le gouvernement et réclamant le respect des droits de l’homme.
Augmentation du nombre d’exécutions et préjugés ethniques
Amnesty International souligne la multiplication des exécutions en Iran. Pour la seule année 2023, les autorités ont exécuté au moins 853 personnes, soit une augmentation de 48 % par rapport à 2022. Les exécutions visent de manière disproportionnée la minorité baloutche d’Iran, qui ne représente que 5 % de la population mais a fait l’objet de 20 % des exécutions en 2023.
Appel à l’action
Le rapport exhorte les autorités iraniennes à :
- Annuler immédiatement toutes les condamnations et les peines de mort prononcées contre les participants aux manifestations de 2022
- Mettre un terme aux exécutions et garantir des procès équitables aux personnes inculpées.
Libérer toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression et de réunion. - Enquêter sur les allégations de torture et demander des comptes aux auteurs de ces actes.
- Permettre à des observateurs indépendants d’avoir accès aux exécutions et aux condamnés à mort.
- Instaurer un moratoire sur les exécutions en vue d’abolir la peine de mort.
Amnesty International fournit une lettre type permettant aux lecteurs de s’adresser directement au chef du pouvoir judiciaire iranien. La situation en Iran exige une attention immédiate de la part de la communauté internationale afin d’empêcher de nouvelles exécutions et de garantir des procès équitables à ceux qui exercent leurs droits fondamentaux.
Source : INU



