CSDHI – Dans un monde où la liberté est devenue un rêve lointain pour beaucoup, les voix des prisonniers politiques font écho à la vérité et à la résistance. Manouchehr Fallah, prisonnier politique condamné à mort en Iran, a écrit une lettre à sa fille unique « Assal » la veille de son 16e anniversaire. Cette lettre est non seulement un témoignage de l’amour d’un père, mais aussi un document de sa lutte pour la justice.
Une dure peine pour une grande cause
La peine de mort de Manouchehr Fallah a été prononcée en février 2025 par la deuxième branche du tribunal révolutionnaire de Rasht, présidée par le juge Mohammad Ali Darvish Goftar. Il a été accusé de « faire la guerre à Dieu (moharebeh) en prenant des mesures contre la sécurité nationale ». En réalité, il est une autre voix étouffée qui attend l’exécution d’un verdict cruel pour avoir résisté à l’injustice.
Une lettre de la prison
Dans sa lettre à sa fille adolescente, Manouchehr Fallah raconte le moment où il a reçu la nouvelle de sa condamnation à mort :
« La veille de votre anniversaire, le juge Mohammad Ali Darvish Goftar m’a informé de ma condamnation à mort, peut-être dans l’espoir de me forcer à me soumettre. Mais il ne comprend pas que le chemin que j’ai choisi n’a pas été appris des livres, mais de la vie elle-même et de la souffrance du peuple. La pauvreté et l’injustice ont été mes maîtres, et maintenant que cette conscience s’est enracinée en moi, je considère le silence face à l’oppression comme un péché impardonnable. »
Ces mots reflètent son profond engagement envers la vérité et sa résistance contre l’oppression. Il élève sa voix non seulement pour lui-même, mais aussi pour tous ceux qui souffrent en silence.
La lutte pour sauver la vie d’un père
Le sort de Manouchehr Fallah est maintenant entre les mains des organisations de la conscience publique et des droits humains. Comme beaucoup d’autres prisonniers politiques, il est victime d’un système qui a fait de la justice un outil pour réprimer les dissidents. Sa voix ne doit pas rester inentendue.
Il nous incombe maintenant d’amplifier cette voix. Les organisations de défense des droits humains, les militants civils et tous ceux qui croient aux valeurs humaines doivent s’opposer à cette injustice et se battre pour sauver sa vie.
Asal, la fille de Manouchehr, commence sa 16e année alors que son père reste derrière les barreaux, toujours en gardant espoir pour un monde libre et juste.
La lettre du prisonnier politique Manouchehr Fallah à sa fille de 16 ans, Assal
Ma chère Assal,
Un jour, le soleil de la liberté se lèvera sur cette terre, une liberté pour laquelle il faudra payer un lourd tribut — et cette fois-ci, c’est le destin qui m’a choisi. Sachez que l’espoir est éternel et qu’un jour, notre patrie sera libérée des chaînes de la tyrannie et de l’oppression.
Ma bien-aimée Assal,
Le jour où tu as ouvert les yeux pour la première fois, le monde est devenu plus lumineux pour moi. Tes premiers cris, ton rire innocent, le moment où tu m’as appelé « Baba » pour la première fois, tes premiers pas — même tes chutes — ont tous donné un sens à ma vie. Te voir à chaque instant, a gardé l’espoir et l’amour vivant dans mon cœur.
Maintenant, tu as seize ans, tu as grandi et tu es au seuil d’un nouveau monde, alors que notre patrie a plongé dans un hiver rude et sombre. Et moi, ici à la prison de Lakan, je t’attends derrière ces barres froides.
Ma chère fille,
Tu t’es souvent souvent demandée : Pourquoi mon père ? Qu’a-t-il fait pour mériter l’emprisonnement ?
Assal, ma bien-aimée, j’ai été emprisonné pour un crime que je n’ai pas commis. Je n’ai foulé aux pieds aucun droit, je n’ai pillé aucune richesse, je n’ai pas volé le pain des tables du peuple. Je n’ai pas pillé de plates-formes pétrolières, ni pris place dans un tribunal pour prononcer des verdicts injustes.
Mon seul crime a été de protester contre la pauvreté, l’inégalité et l’injustice. J’ai refusé de garder le silence face à une telle oppression. Mais dans cette lutte, je n’ai jamais fait de mal à personne ni eu recours à la violence.
Et maintenant, à la veille de ton anniversaire, le juge Mohammad Ali Darvish Goftar a prononcé ma sentence de mort, peut-être pensant qu’il peut me forcer à me soumettre. Mais il ne se rend pas compte que le chemin que j’ai pris n’a pas été appris des livres, mais de la vie elle-même et de la douleur du peuple. La pauvreté et l’injustice ont été mes maîtres, et maintenant que cette conscience s’est enracinée en moi, je considère le silence face à elle comme un péché impardonnable.
Ma chère Assal,
Un jour, le soleil de la liberté se lèvera sur cette terre, une liberté pour laquelle il faudra payer un lourd tribut — et cette fois-ci, c’est le destin qui m’a choisi. Sache que l’espoir est éternel et qu’un jour, notre patrie sera libérée des chaînes de la tyrannie et de l’oppression.
Ma seule et unique fille, ma douce Asal… Joyeux anniversaire !
Le 8 février 2025



