Jafar Panahi : « maintenant je suis obligé de faire des films dans mes rêves »

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Active ImageAFP- Le cinéaste iranien Jafar Panahi, libéré sous caution le 25 mai après trois mois de prison, a dit être obligé maintenant "de faire des films dans (ses) rêves", dans une interview diffusée mercredi sur Arte.

"Parfois j'ai l'impression que le seul fait de penser à faire un film peut être un crime ici, que juste l'idée de le faire peut être sanctionné. C'est peut-être même suffisant pour aller en prison", a déclaré le cinéaste lors de l'entretien réalisé dimanche à son domicile à Téhéran.

Mais de toute façon je ne peux pas arrêter de travailler ni arrêter de penser à faire des films ou arrêter d'en rêver. Il faut laisser passer le temps", a poursuivi le cinéaste, proche de l'opposition au président Mahmoud Ahmadinejad.

"Je ne vis que quand je fais des films. Maintenant je suis obligé de faire des films dans mes rêves, parfois dans ma tête, alors on verra bien ce qui m'arrivera", a-t-il ajouté.

Le cinéaste âgé de 49 ans a été libéré le 25 mai sous caution, près de trois mois après son arrestation qui avait soulevé une vague d'indignation internationale.

De nombreuses voix se sont élevées en Iran et dans le monde entier pour demander sa libération, notamment au Festival de Cannes qui l'avait invité à siéger parmi les membres de son jury.

Le ministère iranien de la Culture avait justifié à la mi-avril l'arrestation de Jafar Panahi en l'accusant de préparer "un film contre le régime portant sur les événements post-électoraux" – les manifestations ayant suivi la réélection contestée de M. Ahmadinejad en juin 2009 – ce que M. Panahi a démenti.