C’est avec une profonde tristesse et une vive indignation que le Comité de Soutien aux Droits de l’Homme en Iran condamne l’exécution de deux prisonniers politiques iraniens, Behrouz Ehsani (69 ans) et Mehdi Hassani (48 ans), exécutés à l’aube du dimanche 27 juillet 2025 à la prison de Ghezel Hessar dans la banlieue de Téhéran.
Le CSDHI considère ces exécutions comme des homicides judiciaires et un nouvel exemple d’usage systématique de la peine de mort par la République islamique pour étouffer l’opposition politique et semer la peur.
Nous exigeons :
- L’ouverture immédiate d’une enquête indépendante internationale sur les conditions de détention, de jugement et d’exécution dans les prisons iraniennes;
- Que les responsables de ces graves violations soient répondent de leurs actes devant des juridictions impartiales ;
- Que les gouvernements et organisations internationales imposent des sanctions ciblées contre les institutions et les individus impliqués ;
- La mise en place d’un moratoire immédiat sur toutes les exécutions en Iran, en vue de l’abolition complète de la peine de mort.
Reconstitution détaillée du parcours judiciaire
Arrestation et détention arbitraire :
Mehdi Hassani a été arrêté le 11 septembre 2022 dans la province de Zandjan, et Behrouz Ehsani le 28 novembre 2022 à Téhéran, tous deux par des agents du renseignement.
Ils ont été détenus au secret, sans accès à des avocats, et soumis à la torture, à l’isolement prolongé, aux coups et aux menaces visant leurs proches, pour leur arracher des aveux forcés.
Behrouz Ehsani a été détenu 50 jours à l’isolement dans la section 240 de la prison d’Evine, puis 75 jours dans la section 209, soumis à des pressions psychologiques extrêmes. Mehdi Hassani, quant à lui, a passé près de six mois à l’isolement et sous la torture.
Procès inéquitable et condamnation :
Le 10 août 2024, les deux hommes ont été jugés conjointement par la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, lors d’une audience expéditive de cinq minutes, sans aucune possibilité de se défendre ni d’être représentés par des avocats.
Le 15 septembre 2024, ils ont été condamnés à mort pour des accusations gravissimes :
- « Rébellion armée contre l’État » (baghi),
- « Guerre contre Dieu » (moharebeh),
- « Corruption sur Terre » (efsad-e fel-arz),
ainsi que pour « appartenance à l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI / MEK), une organisation interdite par le régime.
Ils ont également été condamnés à des peines de prison supplémentaires pour propagande contre le régime et atteinte à la sécurité nationale.
Résistance et mobilisation depuis la prison :
En février 2024, Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani avaient entamé une grève de la faim hebdomadaire chaque mardi, dans le cadre du mouvement « Non au mardi des exécutions », rejoint par des dizaines de prisonniers politiques à travers le pays ; grève ont tenu bon jusqu’au bout.
Dans une lettre clandestine diffusée le 18 septembre 2024, Behrouz Ehsani appelait à une mobilisation internationale contre la peine de mort en Iran.
Confirmation de la peine capitale :
Le 7 janvier 2025, la Cour suprême a confirmé les condamnations à mort sans tenir compte des allégations de torture ni des vices de procédure.
Le 26 janvier 2025, les deux hommes ont été transférés en secret à la prison de Ghezel Hessar, sans notification préalable à leurs familles ou à leurs avocats, signal clair d’une exécution imminente.
Exécution :
Le 27 juillet 2025, au terme de 22 mois de détention et d’un simulacre de procédure judiciaire, Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani ont été exécutés. Malgré des appels à la repentance adressés par les autorités pénitentiaires en échange d’une éventuelle clémence, les deux hommes ont refusé de reconnaître leur culpabilité, réaffirmant leur innocence jusqu’au dernier moment.
Violations graves des droits humains
- Usage de la torture physique et psychologique pour obtenir des aveux ;
- Isolement prolongé et privation de contact avec leurs familles et avocats ;
- Déni de procès équitable, absence d’accès à une défense légitime ;
- Non-examen des allégations de torture ;
- Exécution secrète, sans information préalable ni communication officielle.
Les noms de Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani resteront gravés dans la mémoire collective du mouvement pour la liberté et la justice.



