Une catastrophe humaine se déroule-t-elle dans les prisons iraniennes ? – Partie 3

Le retour de l’ombre du massacre de 1988, sous une nouvelle forme
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CSDHI – Rapport spécial : les prisons iraniennes de la mort

Des « ordres de tirer à volonté » aux disparitions forcées de prisonniers politiques

Ce qui se passe aujourd’hui dans les prisons iraniennes est-il un prélude à une autre catastrophe humaine ?

L’escalade rapide des événements, de l’enlèvement d’Ali Younesi à l’ordre d’exil donné à Saeed Masouri et la flambée sans précédent des exécutions, ne sont que les maillons d’une chaîne de répression. Après la guerre de 12 jours, le régime au pouvoir en Iran a lancé une nouvelle campagne de transferts secrets, de torture blanche et d’exécutions massives. Cette campagne ne cherche pas la sécurité, mais plutôt un projet renouvelé d’élimination physique des prisonniers politiques, un projet qui ressemble terriblement au massacre de prisonniers politiques à travers l’Iran en 1988.

Au cours de l’été 1988, des milliers de prisonniers politiques ont été exécutés en masse et sans procès. Ce crime, connu sous le nom de « massacre du Comité de la mort », jette une fois de plus sa longue ombre sur la société iranienne. Des signes alarmants d’un retour à des politiques génocidaires contre les prisonniers politiques émergent, cette fois non pas sous le nom du Comité de la Mort, mais par l’utilisation officielle d’« ordres de tirer à volonté » et la montée d’entités judiciaires non officielles.

Parallèles glaçants au massacre de 1988

En 1988, des milliers de personnes ont été exécutées en moins de trois mois, sans procès, sans avocat, sans contact avec leur famille. Le modèle d’aujourd’hui suit le même plan :

– Transferts secrets sans prévenir les familles
– Coupure totale de la communication et des visites
– Torture et menaces pour arracher des aveux forcés
– Nouveaux verdicts d’exécution pour les prisonniers politiques, en particulier kurdes, arabes et manifestants

Un responsable du régime a déclaré à l’agence de presse Fars :

« Ce que nous avons fait en 1988 était juste, il faut le répéter. »

Ce n’est pas simplement une confession, c’est un avertissement officiel de la politique génocidaire renouvelée.

La lettre de Saeed Masouri, un cri dans l’obscurité

Saeed Masouri, le plus ancien prisonnier politique d’Iran, détenu pendant 25 ans sans un seul jour de congé, a écrit une lettre peu avant que les autorités ne tentent de l’exiler loin :

« Mon refus d’accepter le « transfert » n’est pas dû à la peur, mais uniquement pour empêcher un massacre en silence, comme en 1988… Que le monde entende cette fois qu’un crime est en train d’avoir lieu !

Il a ajouté :

« Cette répression généralisée et ce pic d’exécutions ne sont pas des signes de force, mais une admission de l’échec du régime face à la vérité et à la volonté du peuple. »

Une augmentation des exécutions, des chiffres qui hurlent

Selon des informations vérifiées, plus de 690 personnes ont été exécutées en Iran au cours du premier semestre 2025.

Des dizaines de nouvelles condamnations à mort ont été prononcées contre des détenus politiques dans les prisons iraniennes, dont beaucoup ont été condamnés pour des accusations telles que « corruption sur terre » et « collaboration avec Israël ».

Les prisonniers arabes et kurdes, ainsi que les récents manifestants, sont prioritaires pour l’exécution.

Ces actions violent l’article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit le droit à la vie.

Analyse juridique : Un génocide politique est-il en cours ?

Selon l’article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, les exécutions massives ou individuelles de prisonniers politiques sans procédure régulière constituent des crimes contre l’humanité.

Les disparitions forcées, la torture et les transferts secrets, couplés à la mise en œuvre à grande échelle d’exécutions, indiquent l’existence d’une politique organisée visant à éliminer un segment de la population. Cela pourrait être légalement interprété comme un génocide politique.

Appel mondial à l’action, assez de silence !

Lorsque des phrases comme « tirer à volonté », « vengeance sanglante », « châtiment collectif » et « nettoyage de prison » entrent dans le discours officiel et médiatique du régime, la menace d’une répétition du massacre de 1988 n’est plus théorique, c’est une réalité qui se déroule sous nos yeux.

Nous, les familles, les militants, les organisations civiles et les survivants de cet appareil de répression, avertissons le monde : Une catastrophe humaine est en cours. Si ce n’est pas arrêté aujourd’hui, demain sera trop tard, même pour les condoléances.

Nous exhortons le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, le Rapporteur spécial, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, les organismes régionaux, les gouvernements démocratiques et les médias indépendants à :

  • Arrêter immédiatement toutes les exécutions, en particulier celles visant les prisonniers politiques, les Kurdes, les Arabes et les manifestants
  • Fournir une transparence totale concernant l’emplacement et les conditions de santé des prisonniers transférés vers des installations inconnues
  • Garantir un accès immédiat et sans entrave à des avocats, aux contacts familiaux et aux soins médicaux pour tous les prisonniers politiques
  • Envoyer une mission d’enquête urgente pour inspecter les prisons iraniennes et documenter les violations
    Imposer des sanctions ciblées contre les responsables judiciaires et de sécurité impliqués dans la torture, les transferts et les exécutions
  • Renvoyer les exécutions en cours devant la Cour pénale internationale en tant que crimes contre l’humanité

Avertissement final

En 1988, le monde est resté silencieux. Ce silence a enhardi les auteurs.

Aujourd’hui, si le silence continue, une nouvelle génération de fosses communes sera inscrite au nom de la communauté internationale.

Nous vous avons prévenu : un crime est est en train d’avoir lieu.