CSDHI – La nomination de la diplomate du régime iranien, Afsaneh Naderipour à un organe des Nations unies chargé des droits humains met en lumière les dangers de la légitimation des politiques répressives de Téhéran.
Une nomination controversée
Afsaneh Naderipour, diplomate du régime iranien et défenseure constante de ses politiques autoritaires, a été proposée pour siéger au Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU (CDH).
Naderipour, qui a précédemment été ambassadrice d’Iran au Danemark et occupé de nombreuses missions à travers l’Europe, a passé plus de trois décennies à justifier les politiques répressives et misogynes de son régime devant la communauté internationale.
Une contradiction fondamentale
Sa nomination contredit de manière flagrante la mission même des Nations unies, qui vise à défendre les valeurs universelles et à protéger les droits humains. Offrir une telle tribune à une fonctionnaire ayant travaillé sans relâche à blanchir le bilan du régime compromet la crédibilité du Conseil lui-même.
Le régime iranien a exécuté plus de 1 000 personnes en 2024 et au moins 950 rien que durant les huit premiers mois de 2025. Promouvoir l’une de ses principales défenseures à un rôle consultatif sur les droits humains constitue non seulement une profonde insulte envers les victimes de torture, de répression et de discrimination basée sur le genre, mais aussi une étape dangereuse vers la légitimation des abus de Téhéran.
Défenseure de la répression
Tout au long de sa carrière diplomatique, y compris lors de son poste au Danemark, Naderipour a systématiquement défendu la répression violente des dissidents et le recours massif aux exécutions. Elle a fréquemment tenté de justifier ces violations en les qualifiant de « lois internes » ou de « droits souverains », reprenant la rhétorique standard du régime destinée à neutraliser la critique internationale.
Cette stratégie illustre le rôle plus large du ministère iranien des Affaires étrangères : blanchir les violations des droits humains tout en permettant au régime d’étendre son influence à l’étranger.
Légitimer des crimes contre l’humanité
La nomination de Naderipour au comité consultatif du CDH risque de normaliser et de légitimer les pratiques inhumaines du régime. Téhéran a déjà été condamné dans 71 résolutions des Nations unies pour des violations systématiques et graves des droits humains.
Le Rapporteur spécial sur l’Iran avait souligné, dans son rapport de juillet 2024, que les exécutions massives des années 1980 constituaient des crimes contre l’humanité, voire un génocide, des crimes qui se poursuivent encore aujourd’hui. Permettre à des représentants du régime d’accéder à des postes consultatifs au sein de l’ONU mine directement ces conclusions et encourage de nouveaux abus.
L’apaisement et ses conséquences
Cette nomination reflète également la politique d’apaisement des gouvernements occidentaux envers le régime iranien. Des décennies de regard complaisant face aux exécutions, à la répression des femmes et aux assassinats de manifestants ont renforcé la position de Téhéran plutôt que de l’isoler.
Au lieu d’être tenus responsables de crimes contre l’humanité, les loyalistes du régime sont accueillis dans des institutions internationales où ils peuvent continuer à manipuler et entraver les efforts mondiaux pour protéger les droits humains.
Un appel à l’action
Confier des postes liés aux droits humains à des représentants d’un régime fondé sur la torture et l’exécution transforme l’ONU en instrument de dictature plutôt qu’en défenseur de la dignité humaine.
Prévenir ce dangereux précédent est une responsabilité urgente pour le Conseil des droits de l’homme et pour tous les États attachés aux principes de justice, de liberté et d’égalité. Permettre à Naderipour d’assumer un tel rôle serait non seulement un affront aux victimes de la répression en Iran, mais compromettrait également l’intégrité du système international des droits humains.



