CSDHI – Le 10 septembre, Journée mondiale de la prévention du suicide, offre l’occasion d’attirer l’attention sur l’un des défis sociaux et de droits humains les plus urgents. En Iran, sous le régime des mollahs, cette journée prend une signification plus douloureuse que jamais. Le suicide n’est plus seulement un phénomène individuel ou psychologique : il est devenu une crise nationale, enracinée dans la pauvreté, le chômage, la discrimination, la répression politique et la perte d’espoir social.
Avec des milliers de personnes mettant fin à leurs jours chaque année et des centaines de milliers de tentatives recensées, le suicide est devenu le symbole d’une vie enfermée dans une impasse insupportable.
Aperçu de la crise
Le suicide est devenu l’une des principales causes de mortalité en Iran et suit une tendance fortement à la hausse. Même les responsables du régime ont été contraints de l’admettre.
Hamid Ya’qubi, président de l’Association iranienne de prévention du suicide, a déclaré qu’au cours des quatre dernières années, les décès liés au suicide avaient augmenté de 10 % par an. Il a souligné qu’en 2022 (année 1401 du calendrier solaire hijri), plus de 6 900 personnes avaient perdu la vie. Selon les chiffres les plus récents, ce nombre atteint désormais environ 7 000 décès par an.
Cela correspond à environ 150 000 tentatives de suicide et plus de trois millions de cas d’idées suicidaires. Les ouvriers représentent la plus grande proportion des décès (32 %), tandis que, parmi ceux qui tentent de se suicider, les femmes au foyer arrivent en tête avec 32,8 %.
Autres données :
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Entre 2016 et 2022, le taux de suicide en Iran a augmenté de plus de 51 %.
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Le nombre annuel de cas est passé d’environ 3 500 à plus de 5 000, reflétant une crise humanitaire croissante au cours de la dernière décennie.
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Le taux de suicide est passé de 4,7 pour 100 000 habitants en 2011 à 8,9 en 2023, et devrait atteindre 9,7 en 2024. La province d’Ilam détient le record national avec 18,7 pour 100 000 habitants.
Ces chiffres montrent que la crise ne cesse de s’étendre et que le régime tente délibérément d’en cacher l’ampleur réelle.
Causes profondes du suicide en Iran
1. Chômage et avenir perdu de la jeunesse
Des millions de jeunes diplômés restent sans emploi ni perspectives. L’émigration massive des jeunes qualifiés et l’accumulation du désespoir social poussent beaucoup d’entre eux au bord de l’effondrement psychologique.
2. Vie sous le seuil de pauvreté
L’inflation galopante et l’effondrement de la monnaie nationale rendent les besoins les plus élémentaires inaccessibles. En juillet 2022, une famille de cinq personnes à Najafabad s’est suicidée collectivement. Ces derniers mois, au moins 10 ouvriers se sont donné la mort sous la pression économique. Même les médias officiels admettent que 7 millions de travailleurs n’ont aucune sécurité d’emploi.
Rapports récents :
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En 2022, environ 60 millions de personnes (75 % de la population) vivaient sous le seuil de pauvreté.
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En août 2025, un économiste proche du régime a reconnu que 80 % de la population était menacée de pauvreté, conséquence directe des politiques financières et monétaires du régime.
3. Pressions politiques et sociales
La répression des manifestations, le manque de libertés sociales et la discrimination systémique ont plongé la société dans une « impasse psychologique ».
4. Tragédie chez les médecins et internes
Les suicides parmi les médecins et internes connaissent une hausse inquiétante :
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Officiellement, 16 internes se sont suicidés en un an, soit un taux d’environ 100 pour 100 000 – près de dix fois la moyenne nationale.
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Dans les 47 premiers jours de l’an dernier, 5 médecins se sont donné la mort.
Stress professionnel, salaires dérisoires, horaires épuisants et absence de soutien psychologique sont les principales causes. Des sources officielles avertissent que l’intervalle entre deux suicides de médecins est désormais réduit à seulement dix jours.
Explosion des suicides parmi les femmes

Les femmes et jeunes filles iraniennes sont en première ligne de cette crise. Pour beaucoup, le suicide devient l’ultime échappatoire :
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Mariages forcés et mariages d’enfants : la législation misogyne permet le mariage de filles très jeunes, ce qui conduit souvent à des suicides d’adolescentes.
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Violence domestique et discrimination : les femmes n’ont aucune protection légale contre les violences.
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Forme de protestation : l’auto-immolation est devenue l’un des moyens de suicide les plus répandus chez les femmes, reconnue comme une forme de « protestation silencieuse ».
Cas documentés :
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Biri Mostafazadeh, femme kurde sourde de Mahabad, qui s’est immolée après avoir perdu son emploi.
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Elena et Elisa, sœurs de 13 et 14 ans, qui se sont jetées d’un immeuble à Téhéran.
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Shima Rameshk, 14 ans, victime de mariage forcé, qui s’est suicidée en septembre 2024.
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Sayan Tavangari, 18 ans, qui a mis fin à ses jours faute de pouvoir payer ses études.
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Diana Rahmani, de Salas Babajani, contrainte à un mariage avec un homme plus âgé, qui s’est donné la mort.
Selon les informations du régime, 52 % des victimes de suicide chez les adolescents sont des filles.
Minorités ethniques et régions marginalisées
Dans les provinces kurdes et les régions frontalières, les taux de suicide dépassent largement la moyenne nationale. Les koulbars (porteurs transfrontaliers), accablés par la misère, se suicident fréquemment – y compris des adolescents de 15 ans.
Au lieu de remédier à la pauvreté, le régime intensifie la répression et la discrimination ethnique.
Prisonniers politiques et détenus : morts suspectes qualifiées de « suicides »
Les décès suspects de prisonniers politiques, systématiquement qualifiés de « suicides » par les autorités, comptent parmi les aspects les plus choquants de cette crise. Les preuves montrent qu’ils résultent de torture, d’agressions sexuelles, de pressions psychologiques et du refus délibéré de soins médicaux.
Cas documentés : Sina Ghanbari, Vahid Heydari, Arshia Emam-Qolizadeh, Yalda Aghafazli, Arian Yavari, Shahin Golehdari, Dr Aida Rostami, Nika Shakarami, Mousa Esmaeili et Peyman Galvani – tous victimes de violences d’État déguisées en suicides.
Amnesty International a recensé au moins 45 manifestants de 2022 victimes de torture ou d’agressions sexuelles. Des prisonniers comme Hamzeh Darvish ont même rapporté que les autorités les poussaient activement au suicide, en distribuant des substances mortelles.
Conclusion
La Journée mondiale de la prévention du suicide rappelle aux gouvernements leur responsabilité de protéger la vie de leurs citoyens. En Iran, non seulement aucune mesure préventive n’est prise, mais le régime lui-même – par ses politiques économiques destructrices, sa répression politique, ses discriminations de genre et ethniques, et les exécutions en prison – est le principal moteur de cette crise.
Le suicide en Iran n’est plus un choix individuel lié à des difficultés personnelles : c’est le produit d’un système répressif qui a poussé des millions de personnes dans une impasse.
Appel à l’action
Nous appelons le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le Rapporteur spécial et les organisations internationales à mener une enquête indépendante sur cette crise et à exercer des pressions sur le régime iranien pour qu’il publie des statistiques fiables et modifie ses politiques destructrices.



