CSDHI – De la Révolution constitutionnelle de 1906 au soulèvement de 2022, les Iraniens ont sans cesse rejeté le pouvoir autoritaire – qu’il soit monarchique ou théocratique – en scandant ce mot d’ordre radical et fédérateur : « Mort au tyran, qu’il soit Shah ou Guide suprême. »
Un slogan qui traverse le temps et les régimes
« Mort au tyran, qu’il soit Shah ou Guide suprême » est l’une des expressions collectives les plus radicales et les plus conscientes de l’histoire moderne de l’Iran. Lors du soulèvement national de 2022, il a résonné dans les rues des grandes villes iraniennes et lors de manifestations massives de la diaspora, devenant un symbole mondial de la résistance à la tyrannie.
Ce slogan tire sa force de son rejet de toutes les formes d’autoritarisme. Il renverse à la fois l’héritage de la monarchie et celui de la théocratie, affirmant que toute dictature – sous la couronne d’un roi comme sous le turban d’un mollah – est inacceptable.
La propagande du régime et la bataille de la mémoire
Avant le soulèvement de 2022, la machine de propagande du régime a tenté de détourner la colère populaire en réhabilitant des slogans monarchistes comme « Reza Shah, que ton âme repose en paix ». Cette stratégie visait à neutraliser le mouvement, à occulter l’objectif de renverser la théocratie et à canaliser le mécontentement vers une impasse qui garantissait le statu quo.
Mais la radicalité du soulèvement, portée par l’influence de la Résistance iranienne et de ses unités sur le terrain, a balayé ce narratif. Le slogan « Mort au tyran, qu’il soit Shah ou Guide suprême » a envoyé un message sans équivoque : la société iranienne ne remplacera pas une dictature par une autre.
Un parcours historique vers la radicalité
Le mouvement de protestation iranien s’est radicalisé au fil des deux dernières décennies :
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2009 : le slogan « Mon vote m’appartient » s’est rapidement transformé en « Mort au dictateur », marquant le passage d’un espoir réformiste à un rejet systémique.
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2017 : « Réformateurs, conservateurs : le jeu est terminé » a dévoilé l’impasse des rivalités internes au sein du régime.
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2019 : les manifestants ont directement attaqué les fondements du pouvoir, malgré une répression qui a fait 1 500 morts.
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2022 : tournant décisif, lorsque les slogans « Mort au tyran, qu’il soit Shah ou Guide suprême » et « Mort à Khamenei » ont exprimé la détermination du peuple à déraciner toute forme de despotisme.
Chaque soulèvement a marqué une étape vers une radicalité accrue, celui de 2022 condensant des décennies d’expérience collective.
Un siècle de lutte résumé en quatre mots
L’expression « qu’il soit Shah ou Guide » condense plus de cent ans de combats contre le pouvoir centralisé en Iran. De la Révolution constitutionnelle aux soulèvements contemporains, le peuple iranien n’a cessé de lutter pour la liberté, la justice, l’indépendance et l’idéal républicain.
En rejetant à la fois monarchie et régime clérical, ce slogan devient un véritable manifeste historique. Il ne traduit pas seulement la colère actuelle : il synthétise des générations de résistance à la tyrannie et empêche que le pays ne retombe dans des cycles autoritaires.
Bloquer le retour en arrière
Pendant la pandémie de Covid-19, le Guide suprême Ali Khamenei a tenté de retarder les soulèvements, tandis que les médias d’État faisaient la promotion de slogans monarchistes fabriqués. Mais en 2022, la radicalité sociale avait dépassé ces manœuvres. Des slogans tels que « Ce mois est un mois de sang : Seyyed Ali sera renversé » ne laissaient plus de doute : le mouvement populaire avait atteint un nouveau niveau de conscience révolutionnaire.
Le rejet simultané de la monarchie et du Velayat-e Faqih garantit que le mouvement démocratique iranien ne pourra être récupéré par des projets opportunistes ou des nostalgies du passé. « Mort au tyran » agit comme un garde-fou contre tout retour à l’autoritarisme, affirmant que le peuple refuse d’être piégé dans un nouveau cycle de despotisme.
Une déclaration de maturité et de détermination
« Mort au tyran, qu’il soit Shah ou Guide suprême » est bien plus qu’un cri de défi. C’est la cristallisation d’une volonté historique, le fruit d’un siècle de lutte et de sacrifice. Il traduit la maturité politique d’une génération qui refuse les jeux de pouvoir et affirme : l’Iran ne retournera pas en arrière.
Ce slogan, forgé dans le sang et la persévérance, est devenu un principe directeur pour l’avenir démocratique de l’Iran – une promesse que le peuple ne se contentera de rien de moins qu’une république fondée sur la liberté, la justice et la souveraineté populaire.



