CSDHI – Les luttes intestines au parlement reflètent la décomposition interne du régime clérical iranien, alors que la société progresse, laissant aussi bien les conservateurs que les réformistes sans légitimité.
Alors que l’Iran peine à surmonter les conséquences de sa guerre de douze jours et des pressions sociales et économiques grandissantes, le régime clérical iranien se trouve dans une position de plus en plus fragile. Même les acteurs du système, à travers leurs propres médias, adressent des signaux d’alerte au Guide suprême, affirmant que « quelque chose doit être fait ». Pourtant, la réalité est que les paroles d’Ali Khamenei n’ont plus le poids d’autrefois, y compris parmi ses propres fidèles.
Un simple regard sur l’intensification des querelles au sein du parlement et entre les députés et le gouvernement révèle l’affaiblissement de l’autorité du Guide suprême et de son régime clérical iranien. Malgré ses avertissements répétés demandant aux factions de ne pas étaler leurs désaccords sur la place publique, des députés pourtant loyaux à Khamenei ignorent désormais ouvertement ses consignes. Cette dynamique met en lumière l’érosion de son influence au cœur même des structures de pouvoir.
Ce qui peut sembler n’être que de simples querelles de factions reflète en réalité une mutation plus profonde de la société. L’intensification de ces affrontements internes montre combien le fossé entre la société iranienne et ses dirigeants résonne jusque dans les couloirs du pouvoir. La peur de l’effondrement pousse les différentes factions du régime à s’affronter avec une hostilité croissante, aggravant l’impasse politique.
Dans le contexte d’après-guerre, le régime clérical iranien peine à maintenir un équilibre en s’appuyant sur ses factions rivales. Mais même en interne, seules des voix de doute se font entendre. La cause fondamentale réside dans la rupture totale entre le peuple et le système en place. Comme l’a reconnu le quotidien réformiste Shargh le 18 septembre 2025, citant le théoricien Mohammadreza Tajik :
« La société est en avance sur les courants politiques. »
La perte de capital social constitue le coup le plus sévère porté au régime clérical iranien. Aucune propagande ne peut compenser l’absence de soutien de la jeunesse, qui a toujours été l’épine dorsale de tout gouvernement ou mouvement politique. Selon Tajik :
« Le mouvement réformiste a complètement perdu son capital social d’autrefois. Il ne comprend pas les revendications de la jeune génération, et la société d’aujourd’hui a plusieurs longueurs d’avance sur les groupes politiques. »
Quand le capital social disparaît, le régime clérical iranien « sème le vent et récolte la tempête ». Les appels à un référendum, autrefois envisagés comme soupape de sécurité, sont désormais perçus comme dépassés. Même les penseurs réformistes admettent que la société iranienne est allée bien au-delà de telles propositions :
« Ceux qui appellent à un référendum estiment que même la survie de l’ordre actuel dépend d’une reconstruction radicale. Nous ne pouvons résoudre la crise avec des réformes timides ou conservatrices. Nous savons que le peuple avance de plusieurs pas sur le mouvement réformiste. »
La société iranienne rejette de plus en plus radicalement l’ensemble du système du régime clérical iranien. Les théoriciens réformistes, qui autrefois cherchaient à sauver le régime, en viennent désormais à admettre que la jeunesse ne se reconnaît dans aucun courant politique :
« Les revendications sont bien plus radicales que ce que proposent les factions internes. Notre jeune génération ne se voit représentée par aucun courant. »
Privé de sa dernière ressource – la légitimité sociale – le régime clérical voit son déclin s’accélérer. Ses disputes internes, autrefois soigneusement dissimulées, traduisent aujourd’hui un système qui perd à la fois sa cohésion et son objectif face à une société en marche.



