Les enseignants iraniens confrontés à des salaires de misère et à une répression accrue

À l’aube de la nouvelle année scolaire
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CSDHI – Alors que débute l’année scolaire 2025-2026, les enseignants iraniens reprennent le chemin des classes dans des conditions qui les privent du minimum d’une vie digne. Ils font face à des salaires de pauvreté, à une précarité contractuelle persistante et à la négation du droit de former des syndicats indépendants. Parallèlement, le régime en place continue de réduire au silence les enseignants iraniens militants par des arrestations arbitraires, des accusations fabriquées et de lourdes peines de prison. Pour les enseignants d’Iran, la rentrée scolaire n’est plus synonyme d’éducation et d’espoir, mais un rappel brutal des violations systématiques des droits humains.

Crise Économique et Conditions de Travail Précaires

Les enseignants iraniens entament l’année scolaire dans un contexte de crise du niveau de vie parmi les plus graves des dernières décennies. Le salaire mensuel moyen d’un enseignant avoisine 16 millions de tomans, alors que le seuil de pauvreté pour un ménage urbain dépasse les 30 millions de tomans. Des rapports indépendants confirment que plus d’un tiers des enseignants perçoivent moins de 200 dollars par mois, ce qui les contraint souvent à cumuler un second voire un troisième emploi pour survivre.

À cette précarité salariale s’ajoute l’insécurité de l’emploi. Des milliers d’enseignants iraniens travaillent sous contrat temporaire ou à l’heure, sans assurance ni avantages sociaux, et vivent sous la menace constante de licenciement. Ces conditions érodent à la fois la dignité des enseignants et la qualité de l’éducation pour des millions d’élèves.

La surcharge des classes, le manque chronique de ressources et des années de sous-financement aggravent encore la situation. Dans de nombreuses écoles, les effectifs dépassent 40 élèves par classe, rendant toute pédagogie de qualité pratiquement impossible.

Répression des Enseignants Réclamant un Salaire Décent

La répression visant les enseignants en Iran n’est pas un phénomène ponctuel mais une politique structurelle. Des dizaines d’enseignants et militants syndicaux ont été accusés de charges fabriquées telles que « propagande contre le régime », « trouble à l’ordre public » ou « appartenance à des groupes hostiles ». En réalité, aucun n’a commis de crime public ; ils sont sanctionnés uniquement pour avoir revendiqué des salaires justes, la sécurité de l’emploi et le droit de se syndiquer.

Symbole marquant de cette répression, Hashem Khastar, enseignant retraité et membre du syndicat des enseignants de Mashhad, a été arrêté et emprisonné à plusieurs reprises depuis le début des années 2000 pour ses activités syndicales pacifiques. En 2019, un tribunal révolutionnaire l’a condamné à 16 ans de prison et à l’exil. En 2023, il a écopé de 2,5 ans supplémentaires pour avoir envoyé des écrits depuis sa cellule. Malgré son mauvais état de santé et le refus de soins médicaux dans la prison de Vakilabad, Khastar demeure l’une des voix emblématiques des enseignants indépendants en Iran.

D’autres cas notables incluent Mitra Nikpour, Zahra Azizi, Hossein Rashidi Zarandi, Leila Afshar, Majid Naderi, Shahnaz Rezaei Sharif-Abadi, Fatemeh Yazdani et Mohammadreza Behzadpour, condamnés à des peines de prison et à de lourdes amendes. Des enseignants chevronnés comme Nasrin Karimi, Majid Karimi, Salah Hajimirzaei, Qias Naimati, Leila Zarei, Feysal Nouri, Parviz Ahsani, Kaveh Mohammadzadeh, Hiwa Qureshi et Omid Shahmohammadi ont été renvoyés, mis à la retraite forcée ou suspendus.

Au cours des derniers mois seulement, au moins 15 enseignants iraniens militants ont été convoqués devant les tribunaux et 17 autres par les services de sécurité, souvent sous la menace de licenciement ou de poursuites judiciaires. Des enseignantes comme Masoumeh Asgari et Zeinab Hamrang demeurent incarcérées, privées de soins médicaux et de leurs droits fondamentaux.

Ces mesures punitives ont un objectif clair : instiller la peur et étouffer l’action collective. Pourtant, le mouvement des enseignants a résisté, demeurant l’une des forces civiles les plus tenaces en Iran.

Violations des Droits Humains à l’Échelle Internationale

Les actions du gouvernement contre les enseignants iraniens constituent des violations claires de ses obligations internationales :

  • Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) – Articles 6 et 7 : droit au travail et à un salaire décent.

  • Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) – Articles 19 et 22 : liberté d’expression et d’association.

  • Déclaration universelle des droits de l’homme – Articles 9 et 23 : interdiction des arrestations arbitraires et droit à la sécurité de l’emploi.

Appel à l’Action Internationale

Nous appelons l’Organisation internationale du travail (OIT), l’UNESCO, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU et les syndicats d’enseignants du monde entier à exiger la libération immédiate et inconditionnelle des enseignants emprisonnés en Iran et à condamner la répression des syndicats indépendants d’enseignants.

Réduire les enseignants iraniens au silence revient à réduire au silence l’avenir même de l’éducation en Iran.