CSDHI – Mohammad Ali Akbari Monfared, prisonnier politique de 58 ans et survivant de la répression massive des années 1980, est actuellement détenu dans la prison de Fashafouyeh (pénitencier du Grand Téhéran) dans des conditions mettant sa vie en danger. Il souffre de diabète sévère, de problèmes cardiaques et d’une paralysie complète des deux jambes. Malgré des hospitalisations répétées en raison d’infections graves aux jambes, il a été à chaque fois renvoyé de force en prison sans avoir achevé son traitement.
L’Organisation officielle de médecine légale a confirmé que Mohammad Ali Akbari Monfared est « inapte à purger sa peine » et devrait être libéré ou au moins bénéficier d’une permission médicale. Cependant, le ministère du Renseignement a bloqué cette décision. Sa vie est désormais en danger imminent, et son cas illustre l’utilisation délibérée par le régime de la maladie comme outil de pression et de torture contre les prisonniers politiques.
État de santé et conditions de détention
Mohammad Ali Akbari Monfared est totalement paralysé des deux jambes et dépend d’un fauteuil roulant. Il ne peut subvenir à ses besoins quotidiens sans l’aide de codétenus. En plus de la paralysie, il souffre de diabète sévère, de cardiopathie, d’hypertension et de problèmes de prostate.
Les infections dues au diabète dans ses jambes se sont à plusieurs reprises aggravées, se propageant dans le sang. En septembre 2025 (Shahrivar 1404), il a été transféré à l’hôpital Shohada-ye Tajrish pour une infection grave, mais son traitement a été interrompu et il a été renvoyé de force en prison. D’autres hôpitaux, dont l’hôpital Haft-e Tir à Shahr-e Rey, ont refusé de l’admettre. Les médecins ont averti d’un risque d’amputation ou de décès.
Même lors de ses hospitalisations, Mohammad Ali Akbari Monfared était enchaîné au lit avec des menottes et des entraves, sous forte surveillance. Cette pratique ne constitue pas des soins médicaux mais une punition supplémentaire et un traitement inhumain.
La prison de Fashafouyeh — tristement connue pour sa surpopulation, ses conditions insalubres, le manque de médicaments et une alimentation inadéquate — représente une menace constante pour sa survie. Pour un prisonnier politique gravement malade comme Mohammad Ali Akbari Monfared, la détention équivaut à une lente condamnation à mort.
Arrestation et dossier sécuritaire
Mohammad Ali Akbari Monfared a un long passé d’incarcérations remontant aux années 1980. Lors des manifestations nationales de 2022 (1401), il a été de nouveau arrêté et détenu cinq mois en isolement à la section 209 de la prison d’Evin, où il a subi de lourds interrogatoires et des menaces d’exécution.
Sa plus récente arrestation a eu lieu le 21 janvier 2025 (2 Bahman 1403), seulement trois jours après l’arrestation de son fils, Amir Hassan Akbari Monfared, à Téhéran. Des agents de sécurité ont violemment perquisitionné leur domicile et arrêté le père et le fils. À la suite des événements connus sous le nom de la « guerre des 12 jours » à la prison d’Evin, ils ont tous deux été transférés de force à Fashafouyeh, l’une des prisons les plus dures d’Iran.
Selon des informations fiables de sa famille en Iran, Mohammad Ali Akbari Monfared et son fils Amir Hassan, ainsi que plusieurs autres prisonniers politiques, ont subi de fortes pressions et des interrogatoires forcés afin d’extorquer des aveux concernant les décès des responsables judiciaires Ebrahim Moghiseh et Ali Razini. Des rapports indiquent qu’ils ont enduré torture physique et psychologique ainsi qu’une détention prolongée dans des conditions inhumaines.
Bien que Mohammad Ali Akbari Monfared ait été blanchi de l’accusation de meurtre, il reste détenu. Son dossier est clairement politique, et le refus continu de soins médicaux fait partie d’une politique systématique visant à accentuer la pression sur une famille déjà victime de décennies de répression.
Refus de traitement et décision de la médecine légale
En juillet 2025 (Tir 1404), l’Organisation de médecine légale a officiellement déclaré que Mohammad Ali Akbari Monfared était « inapte à purger sa peine » et devait être libéré ou bénéficier d’une permission médicale. Néanmoins, le ministère du Renseignement a empêché l’application de cette décision et a insisté pour qu’il reste à Fashafouyeh.
Cela révèle une politique délibérée : les autorités ne se contentent pas de négliger la santé des prisonniers politiques, elles utilisent intentionnellement la maladie et le refus de traitement comme une forme de torture blanche. Le cycle des hospitalisations interrompues, des retours forcés en prison et du refus de médicaments essentiels en est l’exemple type.
Contexte familial et politique
La famille Akbari Monfared compte parmi les victimes les plus marquées des exécutions politiques des années 1980. Quatre des frères et sœurs de Mohammad Ali — Alireza, Gholamreza, Abdolreza et Roghieh — ont été exécutés par les bourreaux du régime à cette époque.
Sa sœur, Maryam Akbari Monfared, est emprisonnée depuis plus de quinze ans sans un seul jour de permission. Elle a été condamnée à une longue peine pour avoir réclamé justice pour ses frères et sœurs exécutés. Après avoir purgé sa peine initiale, deux années supplémentaires lui ont été infligées arbitrairement. Mère de trois enfants, Maryam souffre elle-même de graves problèmes médicaux et se voit systématiquement refuser des soins.
Les nouvelles arrestations de Mohammad Ali Akbari Monfared et de son fils Amir Hassan en janvier 2025 s’inscrivent dans cette politique de pression systématique. En septembre 2025, Amir Hassan a entamé une grève de la faim pour protester contre l’état critique de son père et exiger des soins médicaux urgents. Ce schéma montre que la répression vise non seulement les individus mais aussi des familles entières, sur plusieurs générations.
Dimensions des droits humains et obligations internationales
Le cas du prisonnier politique Mohammad Ali Akbari Monfared constitue une violation manifeste de multiples normes internationales relatives aux droits humains. Son droit à la vie, protégé par l’article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, est directement menacé par le refus de soins médicaux urgents. L’interdiction de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants, inscrite dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, est violée par la détention d’un prisonnier paralysé et gravement malade dans de telles conditions.
Les Règles Nelson Mandela (Règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus) exigent que les prisonniers bénéficient de soins médicaux équivalents à ceux disponibles dans la société. Dans le cas du prisonnier politique Mohammad Ali Akbari Monfared, même les besoins les plus élémentaires — tels que la gestion du diabète et les médicaments cardiaques — lui sont refusés. Le blocage de la mise en œuvre de la décision de l’Organisation de médecine légale constitue également une violation flagrante du droit à un procès équitable.
Conclusion et appel à l’action
Le prisonnier politique Mohammad Ali Akbari Monfared est au bord de la mort. Sa détention continue à Fashafouyeh, malgré son état médical critique et la décision officielle confirmant son inaptitude à l’emprisonnement, engage pleinement la responsabilité du pouvoir judiciaire et des agences de sécurité du régime.
Son cas illustre la politique systématique du régime consistant à refuser les soins médicaux aux prisonniers politiques comme moyen de punition. L’urgence de sa situation exige une action internationale immédiate. Les défenseurs des droits humains, les organisations internationales et l’opinion publique mondiale doivent exiger sa libération inconditionnelle ou au moins une permission médicale urgente.
Tout nouveau retard pourrait entraîner la mort lente et évitable derrière les barreaux du prisonnier politique Mohammad Ali Akbari Monfared. Le silence face à cette tragédie équivaudrait à une complicité dans la politique du régime de négligence médicale délibérée et de répression des prisonniers politiques. Le moment d’agir pour sauver la vie de Mohammad Ali Akbari Monfared est maintenant.



