CSDHI – Zeinab Jalalian, prisonnière politique kurde condamnée à la prison à vie, entame sa dix-huitième année d’incarcération.
État de santé critique et retour forcé en prison
Elle demeure privée de son droit humain le plus fondamental : l’accès aux soins médicaux.
Selon des sources informées, elle a été renvoyée de force à la prison de Yazd seulement 24 heures après avoir subi une opération des fibromes, et ce contre l’avis médical — un signe évident de la cruauté systématique du régime et de sa négligence délibérée à l’égard de la santé des prisonniers politiques.
Des soins conditionnés à une “lettre de repentir” : un outil de torture psychologique
En juin 2024, une équipe d’agents du ministère du Renseignement l’a rencontrée à deux reprises, exigeant qu’elle écrive une « lettre de repentir » en échange de son transfert à l’hôpital et de l’accès au traitement médical.
Zeinab Jalalian a fermement refusé, affirmant que les soins médicaux sont son droit légal et humain.
Elle a souligné qu’accepter une telle condition reviendrait à se soumettre à ses tortionnaires.
Ce comportement des agents de sécurité constitue une forme claire de torture psychologique et de coercition politique, par la manipulation de la santé d’une détenue.
Des années d’emprisonnement, d’exil et de négligence systématique
Le traitement infligé à Zeinab Jalalian par les autorités pénitentiaires et les services de renseignement n’est pas une exception, mais fait partie d’une politique généralisée du régime visant à nier les droits des prisonniers politiques.
Au cours de ces dix-huit années, elle a été transférée dans plusieurs prisons — Sanandaj, Kermanshah, Qarchak, Khoy, Kerman et aujourd’hui Yazd — sans un seul jour de congé médical ni de soins adéquats.
En juillet 2024, alors qu’elle souffrait de fortes douleurs au côté droit, elle a été conduite à l’infirmerie de la prison puis renvoyée dans sa cellule sans consulter de spécialiste, ne recevant qu’un traitement superficiel.
Violations des obligations internationales et des Règles Mandela
Conditionner les soins à une repentance, renvoyer une patiente en prison après une opération, et refuser l’accès à des soins spécialisés constituent des actes de torture et de traitement inhumain, en violation des engagements internationaux de l’Iran.
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L’article 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques interdit la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants.
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L’article 12 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels garantit le droit à la meilleure santé physique et mentale possible.
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De plus, les Règles Nelson Mandela stipulent que les prisonniers doivent avoir accès aux mêmes services de santé que la population générale.
Avertissements des instances internationales de défense des droits humains
La négligence délibérée de l’état de santé de Zeinab Jalalian viole non seulement ces engagements, mais met aussi sa vie en danger.
Neuf rapporteurs spéciaux de l’ONU ont conjointement exprimé leur vive inquiétude face à la dégradation de sa santé et ont exhorté les autorités iraniennes à lui accorder des soins médicaux vitaux immédiats.
Par ailleurs, quarante-deux ONG internationales ont appelé la communauté internationale à agir d’urgence contre les violations systématiques des droits des prisonniers politiques par le régime, notamment le refus de soins médicaux.
Défi face à la torture et à la privation
Le cas de Zeinab Jalalian n’est pas seulement une tragédie personnelle, mais le reflet de la répression structurelle exercée contre les femmes prisonnières politiques en Iran.
Refuser des soins à des détenus dont la vie est menacée constitue une forme silencieuse et prolongée de torture, qui se déroule derrière les murs des prisons.
Dans l’un de ses écrits depuis la prison de Yazd, Zeinab Jalalian a déclaré :
« Je me tiens du bon côté de l’Histoire. »
Ses mots incarnent la force de celles et ceux qui continuent à résister, témoignant d’un système qui sacrifie la santé, la liberté et la dignité humaine au nom du contrôle et du silence.
Appel à l’action
La communauté internationale et les organismes de défense des droits humains doivent agir sans délai pour garantir à Zeinab Jalalian son droit aux soins médicaux et obtenir sa libération inconditionnelle.
Chaque jour de retard l’expose davantage au risque de mort.



