CSDHI – Le samedi 4 octobre 2025, la Cour suprême du régime iranien a confirmé pour la troisième fois la peine de mort prononcée contre Mohammad Javad Vafaei Sani, prisonnier politique, entraîneur de boxe et partisan de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI).
La neuvième chambre de la Cour suprême a entériné le verdict, bien qu’elle l’ait déjà annulé à deux reprises pour de graves irrégularités juridiques.
Un boxeur devenu prisonnier politique
Né en 1996, Mohammad Javad Vafaei Sani est un ancien champion de boxe originaire de Machhad. Il a été arrêté lors du soulèvement national de novembre 2019, puis appréhendé en mars 2020 par les Gardiens de la Révolution (les pasdarans) avant d’être transféré à la prison de Vakilabad.
En raison de ses activités politiques et de son soutien à l’OMPI, il a subi 65 jours de torture physique et psychologique lors de ses interrogatoires.
Le tribunal révolutionnaire de Machhad l’a ensuite condamné à mort pour « corruption sur terre par incendie volontaire et destruction de biens publics », une accusation vague fréquemment utilisée contre les opposants politiques.
Une affaire marquée par trois condamnations à mort
La Cour suprême avait dans un premier temps annulé la sentence et renvoyé l’affaire à une autre branche pour un nouveau procès. Cependant, le tribunal révolutionnaire a réitéré le même verdict, sans produire la moindre preuve nouvelle.
La seconde condamnation fut de nouveau annulée par la Cour suprême en juin 2024. Malgré cela, en septembre 2024, la troisième branche du tribunal révolutionnaire de Machhad a prononcé une troisième peine de mort.
Lors du dernier appel, la Cour suprême a finalement confirmé cette sentence, cédant ainsi aux pressions politiques et sécuritaires.
Graves violations du droit à un procès équitable
Dès le départ, la procédure a été entachée de violations manifestes du droit à un procès équitable.
Vafaei Sani s’est vu refuser l’accès à l’avocat de son choix durant les interrogatoires, et son procès s’est tenu à huis clos.
Le dossier ne contient aucun élément technique concret prouvant son implication dans les faits allégués.
Les observateurs des droits humains soulignent que la multiplication des condamnations à mort dans la même affaire illustre les pressions exercées par les services de sécurité sur le pouvoir judiciaire pour imposer une issue prédéterminée.
Conditions de détention et déni de soins
Détenu depuis cinq ans à la prison de Vakilabad, à Machhad, il est privé de droits élémentaires reconnus aux prisonniers politiques.
En violation de la loi sur la séparation des catégories de détenus, il est maintenu parmi des prisonniers de droit commun condamnés pour crimes violents.
Il souffre d’une grave blessure au genou, nécessitant une rééducation. Malgré les recommandations médicales, le procureur et le juge de la prison lui refusent tout transfert vers un établissement spécialisé.
Sa demande d’accès aux installations sportives pour effectuer des exercices de réhabilitation a également été rejetée.
Risque imminent d’exécution
La troisième confirmation de la peine de mort par la Cour suprême indique que l’exécution pourrait être imminente.
Les organisations de défense des droits humains appellent à une mobilisation urgente pour empêcher la mise à mort de ce jeune prisonnier politique.
Cette affaire illustre une fois de plus la manière dont le régime iranien instrumentalise la peine capitale pour faire taire la dissidence et intimider les jeunes générations.



