CSDHI – À peine vingt-quatre heures après son arrestation, Hassan Saedi, militant culturel de 34 ans originaire du quartier de Malashieh à Ahwaz, est mort sous la torture dans le centre de détention du ministère du Renseignement à Ahwaz.
Ahwaz – 14 octobre 2025 (23 Mehr 1404)
Les autorités ont affirmé que la cause du décès était un « arrêt cardiaque », mais sa famille et ses proches ont confirmé qu’il était en parfaite santé physique et mentale avant son arrestation, ne souffrant d’aucun problème médical.
Arrestation violente et mort en détention
Aux premières heures du mardi 13 octobre, les forces de sécurité ont fait irruption au domicile de Saedi dans le quartier de Malashieh et l’ont violemment battu lors de son arrestation. Les agents ont confisqué les téléphones portables de la famille afin d’empêcher toute diffusion de l’information.
Vingt-quatre heures plus tard, la famille a été convoquée au bureau du renseignement, connu localement sous le nom d’« Unité d’information 113 », pour venir récupérer son corps.
Malgré plusieurs jours écoulés depuis sa mort, les autorités refusent de restituer le corps à la famille et menacent de poursuites quiconque prendrait contact avec les médias ou des organisations de défense des droits humains au sujet de l’affaire.
Parcours et engagement culturel
Marié et père de deux jeunes filles, Hassan Saedi était un militant culturel reconnu de Malashieh, engagé dans la promotion de la langue et de la culture arabes et dans l’organisation d’initiatives sociales auprès de la jeunesse du Khouzistan. Il avait déjà été arrêté à plusieurs reprises par les services de sécurité en raison de ses activités pacifiques et citoyennes.
Sa famille subit depuis longtemps des persécutions systématiques. Son frère, Ali Saedi, militant politique, a passé treize années dans les prisons de Sheiban et Karun, avant d’être contraint à l’exil après sa libération.
Violations des droits humains et implications juridiques
La mort de Hassan Saedi en détention du ministère du Renseignement constitue un cas manifeste de torture ayant entraîné la mort, en violation directe de plusieurs articles fondamentaux de la Déclaration universelle des droits de l’homme :
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Article 3 : droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne.
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Article 5 : nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
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Article 9 : nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.
L’arrestation arbitraire sans mandat, la torture durant l’interrogatoire et la dissimulation de la cause du décès témoignent du caractère systématique des violations des droits humains commises par le régime dans ses centres de détention.
Répression accrue au Khouzistan
Ce meurtre survient dans un contexte de répression intensifiée à travers le Khouzistan, à la suite de la récente guerre de douze jours entre l’Iran et Israël. Selon des sources locales, des dizaines de jeunes ont été arrêtés à Ahvaz, Hamidiyeh, Shush et Abadan, et sont détenus au secret dans les centres du renseignement, sans accès à un avocat ni contact avec leurs familles.
Appel à une enquête internationale
Des organisations de défense des droits humains et des militants civiques appellent la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, le Rapporteur spécial sur la situation des droits humains en Iran, ainsi que d’autres instances onusiennes compétentes, à ouvrir immédiatement une enquête indépendante sur la mort de Hassan Saedi.
Elles demandent également la mise en place d’une mission internationale d’établissement des faits pour inspecter les prisons iraniennes et interroger les détenus, notamment les prisonniers politiques.
Ces organisations rappellent que l’impunité persistante des auteurs de tortures et de morts en détention ne fait que perpétuer le cycle de violence du régime et laisse le sang des victimes sans justice.



