CSDHI – Les organisations de défense des droits humains affirment que les exécutions de trois détenus liés aux manifestations du 8 janvier en Iran reflètent un schéma plus large de procès opaques, d’aveux contestés et d’une répression croissante.
L’exécution de manifestants en Iran fait l’objet d’une attention renouvelée après la publication de nouveaux éléments par des organisations de défense des droits humains concernant les cas de Saleh Mohammadi, Saeed Davoudi et Mehdi Qasemzadeh.
Ces rapports évoquent des arrestations lors des manifestations du 8 janvier, le recours à des aveux contestés et une procédure judiciaire marquée par un manque de transparence.
Exécution de manifestants après les protestations du 8 janvier
Selon les organisations de défense des droits humains, les trois hommes ont été arrêtés lors des manifestations du 8 janvier 2026 (18 Dey), dans le cadre d’une vague plus large de troubles dans plusieurs villes iraniennes.
Les rapports indiquent que leurs arrestations ont eu lieu dans les premiers jours de la répression, alors que les forces de sécurité procédaient à des détentions massives.
Leurs dossiers ont ensuite été traités dans le cadre d’une réponse sécuritaire globale aux manifestations antigouvernementales.
Saleh Mohammadi : un lutteur de 19 ans

Parmi les trois hommes, Saleh Mohammadi a particulièrement retenu l’attention en raison de son âge et de son parcours.
Il venait tout juste d’avoir 19 ans et était un jeune lutteur qui, en 2024, avait remporté une médaille lors d’une compétition internationale de lutte libre en Russie.
Selon les rapports, il construisait un avenir dans le sport avant son arrestation.
Ce détail rend son cas particulièrement marquant : l’une des personnes emportées dans la répression n’était pas une figure politique publique, mais un adolescent sportif médaillé à l’international.
Accusations d’aveux forcés dans l’affaire Mohammadi
Un point central de l’affaire concerne l’utilisation d’aveux.
Selon les organisations de défense des droits humains, Mohammadi a déclaré devant le tribunal que ses aveux avaient été obtenus sous pression et sous torture.
Le tribunal n’a pas retenu cet argument et a au contraire considéré ces aveux comme l’un des principaux éléments à charge justifiant la peine de mort.
Ce point est crucial, car il suggère que la décision judiciaire s’est appuyée sur un témoignage que l’accusé lui-même affirme avoir été extorqué.
Les organisations de défense des droits humains ont déjà exprimé des préoccupations similaires dans d’autres affaires liées aux manifestations en Iran.
Accusations, preuves et manque de transparence
Les trois détenus auraient fait face à des accusations graves liées à la sécurité, mais les informations publiques concernant les preuves restent limitées.
Les organisations de défense des droits humains indiquent que des éléments clés du dossier, les bases probatoires des verdicts et les standards appliqués lors du procès n’ont pas été entièrement rendus publics.
Il existe également peu d’informations démontrant que les accusés ont eu un accès réel à une défense juridique indépendante.
Ce manque de transparence est devenu l’une des principales préoccupations dans les rapports sur les exécutions de manifestants en Iran, en particulier dans les affaires liées à des mouvements de contestation de masse.
Exécutions réalisées avec peu d’informations officielles
Les exécutions ont été menées avec très peu de détails officiels concernant le calendrier, les modalités ou les notifications finales.
Selon des sources des droits humains, ce schéma est courant : dans les affaires politiquement sensibles, les exécutions sont souvent effectuées avec un minimum d’informations publiques, rendant les vérifications externes difficiles et renforçant les inquiétudes quant au respect des procédures judiciaires.
Fatemeh Abbasi meurt après avoir été blessée par balle à Ispahan

Rapport connexe : décès de Fatemeh Abbasi après avoir protégé des manifestants
Dans une affaire distincte documentée par des organisations de défense des droits humains, Fatemeh Abbasi, une habitante d’Ispahan, est décédée plusieurs semaines après avoir été blessée par balle lors des manifestations de janvier.
Le 8 janvier 2026, elle se trouvait sur le boulevard Keshavarz à Ispahan lorsqu’elle a tenté de mettre des manifestants à l’abri et de fermer la porte de son domicile.
À ce moment-là, les forces de sécurité lui auraient tiré dessus au niveau du cou.
La balle a sectionné sa moelle épinière, la laissant dans un état critique.
Après près de deux mois d’hospitalisation, elle est décédée le 11 mars 2026.
Elle a été enterrée dans la section 52 du cimetière de Bagh-e Rezvan.
Arrestations lors des funérailles
Selon les rapports, l’enterrement s’est déroulé dans un climat de forte tension et de pression sécuritaire.
Les forces de sécurité auraient arrêté le père d’Abbasi ainsi que son frère de 13 ans le soir des funérailles.
Ce détail ajoute une dimension supplémentaire à l’affaire, en étendant la pression au-delà de la victime elle-même à sa famille.
Conclusion
Les nouveaux éléments apportés dans ces affaires rendent la situation plus claire.
De l’exécution de manifestants après les événements du 8 janvier à l’utilisation présumée d’aveux forcés, en passant par la mort de Fatemeh Abbasi après avoir été blessée alors qu’elle protégeait des manifestants, ces rapports décrivent plus que des incidents isolés.
Les organisations de défense des droits humains estiment que ces cas reflètent un système plus large dans lequel les poursuites liées aux manifestations, l’usage de la force létale et la pression exercée sur les familles continuent de définir le coût de la dissidence en Iran.



