CSDHI – Les arrestations en Iran suscitent à nouveau l’inquiétude internationale, alors qu’une nouvelle vague de détentions vise de jeunes femmes, des figures de la société civile et des prisonniers politiques — tandis qu’une femme détenue se voit refuser des soins médicaux urgents malgré une infection qui s’aggrave.
Une série de rapports récents d’organisations de défense des droits humains décrit un schéma qui va au-delà d’incidents isolés — défini par le silence, la pression et l’érosion progressive des droits fondamentaux.
Une prisonnière renvoyée en détention malgré une infection

Parmi les cas les plus urgents figure Masoumeh Yavari, une prisonnière politique dont l’état de santé se détériore, selon les informations, après s’être vu refuser un traitement médical approprié.
Selon des organisations de défense des droits humains, Yavari avait subi une opération de la main plus tôt cette année et avait été temporairement libérée sous une caution élevée équivalente à des milliards de tomans afin de poursuivre son traitement. Mais avant la fin de sa convalescence, les autorités ont révoqué sa permission médicale et l’ont renvoyée en prison.
Ce qui a suivi est particulièrement préoccupant.
Après son retour, sa plaie chirurgicale s’est infectée — un état qui aurait été confirmé même par le personnel médical de la prison. Malgré de la fièvre, une infection visible et des symptômes qui s’aggravent, les autorités pénitentiaires ont refusé de la transférer vers un établissement médical externe.
Yavari souffrirait également de pathologies sous-jacentes, notamment une maladie cardiaque, des complications vasculaires et un dysfonctionnement thyroïdien sévère.
Dans ce contexte, refuser un traitement n’est plus seulement une négligence — cela devient un risque direct pour sa vie.
Jeunes femmes arrêtées — puis le silence

Dans le même temps, le sort de plusieurs jeunes femmes arrêtées ces dernières semaines reste incertain.
Des documents sur les droits humains mettent en lumière les cas de trois jeunes détenues, dont deux mineures, dont les arrestations ont eu lieu à des dates précises — mais dont le lieu de détention reste inconnu.
- Bahareh Golchin, 17 ans, a été arrêtée à Mashhad le 14 février 2026. Plus de 30 jours plus tard, sa famille n’a toujours aucune information sur son lieu de détention ni sur son état.
- Sima Chambari, étudiante en chimie à l’université de Guilan, a été arrêtée le 12 mars 2026 après une perquisition des forces de sécurité à son domicile. Depuis, aucune information officielle n’a été publiée concernant son dossier.
- Diana Taherabadi, 16 ans, a été arrêtée le 25 janvier 2026 et serait détenue dans un centre de détention pour mineurs.
Ce qui rend ces cas particulièrement alarmants n’est pas seulement les arrestations elles-mêmes — mais l’absence totale de communication avec les familles, un schéma que les organisations de défense des droits humains considèrent comme pouvant s’apparenter à des disparitions forcées.
Ce n’est pas une inquiétude isolée. Des rapports récents indiquent que des milliers de détenus en Iran ont été maintenus sans accès à un avocat ni contact avec leurs familles, mettant en évidence un schéma plus large de détention arbitraire et de secret.
Cas distincts, même schéma de pression

Dans un autre cas, des sources en matière de droits humains rapportent que Batoul Gerami, mère d’une victime de manifestation, a été violemment agressée par les forces de sécurité alors qu’elle se rendait sur la tombe de son enfant à Gonabad.
Des témoignages indiquent qu’elle a été battue si violemment qu’elle a perdu connaissance et a dû être transférée à l’hôpital. Des rapports médicaux indiquent des blessures physiques graves, notamment une fracture de l’épaule.
Lors du même incident, environ 40 personnes présentes au rassemblement ont été arrêtées et — une fois encore — aucune information claire sur leur situation n’a été communiquée.

Dans une affaire distincte mais liée, Soheila Hosseini et son mari, Ahmad Rahimi, ancien professeur d’université à Mashhad, ont été arrêtés le 18 mars 2026 après une perquisition des forces de sécurité à leur domicile.
Ils auraient été transférés vers un lieu inconnu, sans qu’aucune accusation officielle ne soit annoncée et sans accès à une représentation légale — un autre exemple de l’opacité du processus judiciaire entourant les arrestations récentes.
Des enseignants ciblés alors que la répression s’étend

La pression ne se limite pas aux individus ou aux familles.
Des rapports indiquent également des perquisitions et des arrestations visant des enseignants et des militants syndicaux, un groupe qui a joué un rôle visible dans les récentes protestations sociales et économiques.
Selon la documentation des droits humains, des dizaines d’enseignants ont été arrêtés dans plusieurs villes ces derniers mois, beaucoup de manière arbitraire et sans respect des procédures légales.
Cette évolution suggère que le champ des arrestations s’élargit — des militants politiques vers des segments plus larges de la société civile.
Ce que révèlent ces cas
Pris ensemble, ces rapports révèlent un schéma cohérent :
- Des arrestations effectuées avec peu ou pas de transparence
- Des détenus maintenus dans des lieux inconnus
- Des familles laissées sans information
- Des soins médicaux utilisés comme moyen de pression en détention
Les organisations de défense des droits humains avertissent que de telles pratiques violent non seulement les normes juridiques, mais créent également un climat de peur qui s’étend bien au-delà des personnes directement concernées.
Pourquoi cela importe
Les implications de cette tendance ne se limitent pas aux personnes détenues.
Lorsque les arrestations sont suivies de silence — et lorsque la détention inclut le refus de soins de base — l’impact se diffuse dans toute la société :
- Les familles sont laissées dans une incertitude prolongée
- La confiance du public dans les institutions juridiques s’érode
- L’activisme civil et social devient de plus en plus risqué
L’Iran a déjà connu des vagues d’arrestations auparavant. Mais ce qui distingue ce moment est la combinaison de secret, de pression systémique et du ciblage de groupes de plus en plus divers — des adolescentes aux enseignants.
La question plus large
À mesure que ces cas se développent, une question demeure :
Lorsque les arrestations surviennent sans réponses — et que la détention s’accompagne de maladies non traitées — à quoi ressemble la responsabilité, et qui la réclamera ?



