CSDHI – De nouvelles condamnations à mort de manifestants interviennent alors que le nombre d’exécutions en Iran atteint l’un des niveaux les plus élevés depuis des décennies, suscitant de nouvelles inquiétudes quant au respect des garanties judiciaires.
L’Iran a condamné à mort quatre manifestants, dont une jeune femme, dans des affaires liées aux troubles récents, selon des organisations de défense des droits humains. Cette évolution intervient alors que les exécutions ont atteint au moins 1 639 en 2025 — un niveau parmi les plus élevés de ces dernières années — mettant en évidence une intensification marquée du recours à la peine capitale dans le pays.
La combinaison de nouvelles condamnations à mort et de l’augmentation du nombre d’exécutions traduit un durcissement de la pression sur les détenus, en particulier ceux liés aux manifestations de janvier 2026.

Condamnations à mort de quatre manifestants
Selon des organisations de défense des droits humains, quatre manifestants arrêtés lors du soulèvement national de janvier 2026 ont été condamnés à mort par la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Iman Afshari.
Les personnes concernées sont :
- Mohammadreza Majidi-Asl
- Bita Ali-Hemati
- Behrouz Zamani-Nejad
- Kourosh Zamani-Nejad
Ils ont été jugés dans une affaire commune avec un cinquième accusé, Amir Mohammad Ali-Hemati, condamné à cinq ans et huit mois de prison.
Selon les informations disponibles, Mohammadreza Majidi-Asl et Bita Ali-Hemati sont mariés, tandis que Amir Mohammad Ali-Hemati est le frère de Bita, soulignant les liens familiaux au sein de cette affaire.
Les organisations de défense des droits humains estiment que cette procédure soulève de sérieuses préoccupations en matière d’équité et de transparence, notamment en raison de son lien avec la répression plus large ayant suivi le mouvement de protestation de décembre.
Une hausse des exécutions à 1 639 en 2025
Des informations distinctes d’organisations de défense des droits humains indiquent qu’au moins 1 639 personnes ont été exécutées en Iran en 2025, marquant une hausse spectaculaire par rapport aux années précédentes.
Ces chiffres correspondent à une moyenne d’environ quatre exécutions par jour, couvrant des affaires allant des infractions liées aux stupéfiants aux homicides, en passant par des accusations de sécurité nationale.
Selon les analystes, cette augmentation reflète une stratégie plus large de dissuasion dans un contexte de tensions internes. Un nombre croissant d’exécutions serait également lié à des accusations politiques ou religieuses formulées de manière vague, notamment celles visant les manifestants.
Les organisations de défense des droits humains soulignent par ailleurs que de nombreuses exécutions sont menées dans un manque de transparence, certaines n’étant pas rendues publiques, ce qui alimente les inquiétudes quant à l’absence de responsabilité.
Une justice en mode « temps de guerre »
Dans un développement parallèle, le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejei, a déclaré que les autorités opéraient selon une « posture de temps de guerre » pour traiter les affaires liées à des accusations de collaboration avec des acteurs hostiles.
S’exprimant via le média officiel du pouvoir judiciaire, il a indiqué que ces affaires étaient traitées en dehors des procédures habituelles, en mettant l’accent sur la rapidité et la fermeté, tout en affirmant respecter les normes juridiques.
Il a ajouté que les processus judiciaires dans ces cas s’inscrivaient dans des « conditions de guerre plutôt que dans des règles ordinaires », signalant un durcissement de l’approche à l’égard des affaires de sécurité.
Les organisations de défense des droits humains mettent en garde contre le fait qu’une telle approche pourrait encore davantage compromettre les garanties d’un procès équitable, en particulier dans les affaires politiquement sensibles.


