La prisonnière politique Golrokh Iraee : la voix de la liberté d’écrire face à la répression

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CSDHI – La prisonnière politique Golrokh Iraee est l’une des figures les plus emblématiques de la lutte pour la liberté de pensée en Iran. Emprisonnée durant de longues années en raison de ses activités en faveur des droits humains et de ses écrits dénonçant l’oppression et les inégalités, elle a livré dans une lettre adressée à PEN America un témoignage poignant sur la répression, la censure et le rôle de l’écriture dans la lutte contre l’injustice.

Cet article revient sur son parcours et sur son message en faveur de la liberté d’écrire.

Qui est Golrokh Iraee ?

Golrokh Iraee est une écrivaine et militante des droits humains née en 1980 à Amol.

Elle a été arrêtée et emprisonnée à plusieurs reprises pour avoir écrit sur la lapidation, dénoncé les structures répressives, défendu les droits des femmes et protesté contre les exécutions.

Son affaire judiciaire débute en 2014 lorsque les services de sécurité utilisent une nouvelle inédite qu’elle avait rédigée sur la lapidation comme prétexte pour l’accuser d’« insulte aux valeurs sacrées » et de « propagande contre l’État ».

Depuis lors, elle a connu plusieurs arrestations et transferts entre différents établissements pénitentiaires. Elle est actuellement détenue dans le quartier des femmes de la prison d’Evine.

La lettre de Golrokh Iraee à PEN America

La lettre rédigée depuis la prison d’Evine est considérée comme l’un des témoignages les plus marquants en faveur de la liberté d’expression de ces dernières années.

Dès les premières lignes, elle évoque « un monde où les vérités n’ont pas le droit d’être révélées », un monde où écrire sur les souffrances du peuple est considéré comme un crime et où les écrivains sont poursuivis au lieu d’être soutenus.

Dans son texte, Golrokh Iraee affirme qu’écrire sur la pauvreté, les inégalités, la répression et les violences systématiques, malgré les risques encourus, demeure « une fenêtre d’espoir » et un moteur de la colère consciente du peuple.

Selon elle, la plume constitue un lien entre la dure réalité du présent et l’horizon d’un avenir meilleur. Elle permet de briser le silence imposé.

Dans un passage central de sa lettre, elle affirme qu’elle continuera d’écrire même en prison, même sous la menace, même au péril de sa vie.

Elle considère cette écriture comme le prolongement d’une lutte menée par les peuples de la région, dans les montagnes, les forêts et les rues, au prix de leur sang et de leur existence.

La plume, cri partagé de la souffrance humaine

Golrokh Iraee décrit également la plume comme « le cri d’une souffrance commune », un cri qui ne connaît ni frontières, ni race, ni nationalité.

Elle évoque les mères endeuillées, les enfants palestiniens, les jeunes filles victimes de violences et les familles en quête de justice.

Pour elle, la plume devient le langage de toutes ces souffrances.

À la fin de sa lettre adressée aux écrivains et membres de PEN America, elle souligne que leur engagement pour révéler la vérité constitue « la voix de ceux qui n’en ont pas ».

Elle affirme que la libération de l’oppression ne pourra être obtenue que par un mouvement collectif.

Elle conclut son message en exprimant son espoir de voir advenir « la justice et l’égalité ».

Une lutte qui continue derrière les barreaux

Le parcours de Golrokh Iraee illustre la volonté de continuer à écrire, protester et témoigner même depuis une cellule de prison.

Sa lettre à PEN America rappelle que la plume peut demeurer un outil de résistance même dans les circonstances les plus difficiles.

En affirmant : « Nous écrivons même lorsque notre liberté est enchaînée », elle rappelle que l’écriture peut briser le silence et ouvrir un chemin vers la justice.

Extraits de la lettre

« Nous écrivons pour nous opposer à l’élimination physique des êtres humains, au mépris de la pensée et à l’effacement des convictions ainsi que des droits politiques, idéologiques et sociaux. »

« Nous écrivons même lorsque notre liberté est enchaînée. Même lorsque nous sommes menacés, limités, contraints à l’exil ou forcés de sacrifier notre vie. »

« La plume devient le cri d’une souffrance commune contre la tyrannie. »

« Nous serons libérés de l’étouffement, et nous savons que cela ne sera possible qu’à travers un mouvement collectif. »

Golrokh Iraee, mai 2026
Quartier des femmes de la prison d’Evine, Téhéran.