Un document officiel présenté lors de la 62e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies (A/HRC/62/NGO/222) tire la sonnette d’alarme sur l’escalade sans précédent des exécutions en République islamique d’Iran. Selon ce rapport, les autorités iraniennes utilisent de plus en plus la peine de mort comme un instrument de répression politique destiné à terroriser la population, réduire au silence les voix dissidentes et empêcher toute nouvelle mobilisation populaire.
Le rapport souligne qu’au moins 2 167 personnes ont été exécutées en 2025, soit plus du double de l’année précédente. Ce chiffre, déjà considérable, serait largement sous-estimé en raison du manque de transparence des autorités iraniennes et de la dissimulation systématique des exécutions.
Les auteurs dénoncent des procès expéditifs devant les tribunaux révolutionnaires, souvent tenus à huis clos, sans accès à un avocat indépendant et fondés sur des « aveux » obtenus sous la torture. Les condamnations à mort sont fréquemment prononcées quelques semaines seulement après les arrestations, en violation flagrante du droit international et des garanties fondamentales d’un procès équitable.
Le rapport met en évidence le ciblage des manifestants et des opposants politiques. Huit prisonniers politiques ont notamment été exécutés uniquement en raison de leur appartenance présumée à l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK). Au moins onze autres prisonniers politiques encourent aujourd’hui la peine de mort pour le même motif. Depuis le début de la nouvelle vague de répression, plus de 4 000 personnes auraient également été arrêtées pour des raisons liées à la « sécurité nationale ».
Le document établit un parallèle avec le massacre des prisonniers politiques de 1988, rappelant que le Rapporteur spécial des Nations unies a qualifié ces exécutions massives de crimes contre l’humanité et de génocide en cours. Les auteurs s’inquiètent également de la destruction de fosses communes, qui pourrait constituer une tentative d’effacer les preuves de ces crimes.
Face à cette situation, le rapport appelle les États membres des Nations unies à exiger un moratoire immédiat sur les exécutions, à réclamer la libération des prisonniers politiques, à conditionner leurs relations diplomatiques et économiques avec l’Iran au respect des droits fondamentaux et à examiner la possibilité d’un renvoi de la situation iranienne devant la Cour pénale internationale.
Cette déclaration a été présentée par plusieurs ONG bénéficiant du statut consultatif auprès des Nations unies et soutenue par de nombreuses organisations internationales de défense des droits humains. Parmi les signataires figurent notamment le Comité de Soutien aux Droits de l’Homme en Iran (CSDHI), Hands Off Cain, la Fédération italienne des droits de l’homme, Magistrats Européens pour la Démocratie et les Libertés (MEDEL), l’Union des Avocats Européens (UAE), Justice for Victims of the 1988 Massacre in Iran (JVMI), Women’s UN Report Network (WUNRN), Pax Christi Australia, Nouveaux Droits de l’Homme, le Helsinki Committee for Human Rights in Serbia, le Lemkin Institute for Genocide Prevention, l’Association des femmes iraniennes en France (AFIF), la Bill Crews Foundation ainsi que plusieurs autres organisations engagées dans la défense des droits humains.


