Condamnation à mort du prisonnier politique Issa Chari à Ghezel-Hessar, en Iran

Issa Chari, un prisonnier politique détenu à la prison de Ghezel-Hessar à Karadj, a été condamné à mort par la 23e chambre du Tribunal révolutionnaire de Téhéran. Ce verdict a été rendu sous la présidence du juge Mohammad-Mehdi Shahmirzadi pour les chefs d’accusation d’« appartenance à l’OMPI » et «participation à des activités portant atteinte à la sécurité ».

Cette condamnation a été prononcée alors qu’Issa Chari est placé en détention provisoire depuis son arrestation, et les détails de la procédure judiciaire, concernant son accès à un avocat et ses comparutions devant le tribunal, n’ont pas été officiellement rendus publics.

Quels sont les chefs d’accusation ?

Selon la presse, Issa Chari a été condamné à mort par la 23e chambre du Tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Mohammad-Mehdi Shahmirzadi, pour appartenance à l’OMPI et pour avoir mené des activités portant atteinte à la sécurité.

Les détails concernant les éléments de preuve présentés au tribunal, le déroulement de la procédure judiciaire, la défense présentée par l’accusé et son avocat, ainsi que la date exacte du prononcé de la peine, n’ont pas été officiellement communiqués.

Arrestation d’Issa Chari par les services de renseignement

Issa Chari a été arrêté le 7 décembre 2025 par les services de renseignement du Corps des pasdarans. D’après les informations disponibles, il a été transféré, après son arrestation, dans des centres de détention de sécurité et est actuellement détenu dans la cellule n° 35 de l’unité 3 de la prison de Ghezel Hessar, à Karadj.

Depuis son arrestation, les informations officielles concernant le déroulement de son interrogatoire, ses conditions de détention et l’état d’avancement de son dossier sont restées limitées.

Avant le prononcé de la condamnation à mort, le procureur de Qarchak avait affirmé qu’Issa Chari faisait partie des « éléments perturbateurs de la sécurité affiliés à des mouvements et groupes basés à l’étranger » et qu’il avait mené des actions portant atteinte à la sécurité dans le canton de Qarchak.

Toutefois, les détails de ces allégations, les éléments de preuve à l’appui des accusations, ainsi que la réponse ou la défense d’Issa Chari n’ont pas été rendus publics.

Qui est Issa Chari ?

Isa Chari, 37 ans, est originaire d’Aq Qala, dans la province du Golestan, et père de deux jeunes enfants.

Avant son arrestation, il travaillait dans un élevage de volaille du canton de Varamine pour subvenir aux besoins de sa famille.

La condamnation à mort de ce prisonnier politique intervient alors que sa famille est en proie à une grande inquiétude quant à son sort

Les condamnations à mort se poursuivent

La condamnation à mort d’Issa Chari intervient alors que, ces derniers mois, un nombre important de prisonniers politiques et de détenus dans des affaires liées à la sécurité ont été condamnés à de lourdes peines, y compris la peine capitale.

Les organisations de défense des droits humains ont exprimé à plusieurs reprises leurs préoccupations concernant la gestion des affaires liées à la sécurité, le recours à des chefs d’accusation vagues, les restrictions imposées aux prévenus quant au choix de leur avocat et le manque de transparence des procédures judiciaires.

Analyse juridique de l’affaire au regard du droit national

Le cadre judiciaire en vigueur en Iran ces dernières années a fait l’objet de critiques répétées de la part d’experts juridiques et d’organisations de défense des droits de l’homme en raison de ses contradictions avec les normes relatives à un procès équitable, des ambiguïtés dans le traitement des affaires liées à la sécurité et du recours généralisé à la peine de mort.

Les ambiguïtés juridiques dans l’affaire Isa Chari

D’après les informations disponibles, aucun détail n’a été officiellement publié concernant la procédure judiciaire relative à l’affaire d’Issa Chari, son accès à un avocat de son choix, la qualité des audiences, les éléments de preuve utilisés pour étayer les chefs d’accusation et la possibilité pour l’accusé de se défendre efficacement.

Dans les affaires où la peine capitale est en jeu, le respect intégral des principes d’un procès équitable, la transparence des procédures et la possibilité d’exercer tous les droits de la défense revêtent une importance capitale.