Abolfazl Sepahi et Amirhossein Safari : exécution de deux prisonniers politiques sur la place Alikhani à Ispahan

À l’aube du 28 juillet 2026, Abolfazl Sepahi Badjani et Amirhossein Safari Hosseinabadi, deux jeunes manifestants arrêtées lors du soulèvement de janvier 2026, a été pendus en public sur la place Alikhani d’Ispahan, dans le cadre de l’affaire dite de la « place Alikhani ».

L’agence de presse Mizan, affiliée au pouvoir judiciaire des mollahs, a annoncé cete sinistre nouvelle. Ces exécutions ont eu lieu alors que, depuis son ouverture, le dossier faisait l’objet de vives critiques de la part des organisations de défense des droits humains sur la procédure judiciaire, les méthodes d’interrogatoire des accusés et le respect des principes d’un procès équitable.

Exécution d’Abolfazl Sepahi et d’Amirhossein Safari dans un climat sécuritaire

Selon les informations reçues, l’exécution d’Abolfazl Sepahi et d’Amirhossein Safari sur la place Alikhani d’Ispahan s’est déroulée sous une forte présence des forces de sécurité.

Des sources informées ont indiqué que, simultanément à l’exécution des peines, la foule présente sur les lieux a protesté. Les forces de sécurité sont toutefois intervenues pour disperser les protestataires. Des informations ont également fait état d’attaques menées par les agents, bien qu’aucune explication officielle n’ait été fournie jusqu’à présent.

La version officielle de l’affaire de la place Alikhani

Dans sa dépêche, l’agence Mizan a affirmé qu’Abolfazl Sepahi avait joué un rôle actif lors des manifestations de la place Alikhani et qu’il avait participé, muni d’armes blanches telles qu’une hache et un couteau, au blocage des rues, à l’incendie de pneus, à la destruction de biens publics et à des attaques contre les forces de sécurité.

L’agence a également affirmé qu’Abolfazl Sepahi avait agressé un agent des forces de l’ordre lors des affrontements et qu’il avait finalement joué un rôle dans la mort de celui-ci. Toutefois, le rapport publié par Mizan ne fournissait ni éléments probants détaillés, ni preuves indépendantes, ni informations permettant une évaluation impartiale de ces allégations.

Concernant Amirhossein Safari, l’agence Mizan a affirmé qu’il était présent dès le début des événements de la place Alikhani, le visage couvert et armé d’un coutelas, et qu’il avait participé aux affrontements. Le rapport avançait aussi des accusations concernant son implication dans une attaque contre un agent des forces de l’ordre, sans publier, là encore, de preuves indépendantes à l’appui de ces affirmations.

Aveux forcés

À l’opposé de la version officielle, des rapports publiés par des sources de défense des droits humains indiquaient qu’après leur arrestation, Abolfazl Sepahi et Amirhossein Safari avaient été soumis à de fortes pressions sécuritaires, à des mauvais traitements physiques et psychologiques ainsi qu’à des actes de torture visant à leur extorquer des aveux forcés.

Selon ces rapports, les familles d’Abolfazl Sepahi et d’Amirhossein Safari avaient à plusieurs reprises dénoncé l’absence d’accès libre à un avocat indépendant, les restrictions au droit de la défense et l’utilisation d’aveux obtenus sous la contrainte. Des défenseurs des droits humains ont également souligné que l’utilisation de tels aveux, si elle était établie, soulèverait de sérieuses interrogations quant à la validité de la procédure judiciaire.

En outre, des organisations de défense des droits humains ont estimé que la procédure manquait de transparence et ont demandé la publication de l’intégralité du dossier, des éléments de preuve relatifs aux accusations, ainsi que la possibilité d’un examen indépendant et impartial de l’affaire.

Inquiétudes sur le sort des autres accusés du dossier

Parallèlement à l’exécution d’Abolfazl Sepahi et d’Amirhossein Safari, des informations ont également été diffusées concernant la situation des autres accusés impliqués dans l’affaire de la place Alikhani.

Au moment de la rédaction de ce rapport, aucune information précise n’était disponible sur le sort d’Alireza Sepahi, un autre accusé de ce dossier, dont la famille avait été convoquée pour une dernière visite en même temps que celle d’Abolfazl Sepahi. Cette situation a renforcé les inquiétudes quant à une éventuelle exécution d’autres condamnés dans le cadre de cette affaire.