CSDHI – S’exprimant en marge d’une conférence internationale consacrée à l’avenir de l’Iran, l’ancien diplomate allemand Hans-Ulrich Seidt a estimé que l’intensification de la répression par le régime iranien était le signe de sa faiblesse et a appelé l’Europe à soutenir l’opposition démocratique iranienne plutôt qu’à poursuivre une politique de guerre ou d’apaisement.
Un ancien diplomate allemand établit un lien entre la hausse des exécutions et l’insécurité du régime iranien
Alors que l’inquiétude internationale grandit face à l’aggravation des violations des droits humains commises par le régime iranien, l’ancien ambassadeur d’Allemagne Hans-Ulrich Seidt a déclaré que la récente flambée des exécutions reflétait un gouvernement qui lutte pour préserver son emprise sur le pouvoir, plutôt qu’un régime agissant en position de force.
S’exprimant en marge d’une conférence internationale à Rome, Seidt a soutenu que le durcissement de la répression à Téhéran — notamment la forte augmentation des exécutions de prisonniers politiques et de manifestants — devait être interprété comme la preuve de la vulnérabilité intérieure grandissante du régime.
Selon l’ancien diplomate, les gouvernements autoritaires ont généralement recours à une répression plus sévère lorsqu’ils se sentent soumis à une pression croissante. La vague actuelle d’exécutions constituerait ainsi le signe d’une insécurité politique, et non d’une démonstration de confiance.
Regarder au-delà de la guerre pour envisager un avenir démocratique
Revenant sur le message central de la conférence, Seidt a indiqué que les discussions avaient porté non seulement sur le conflit régional actuel, mais également sur l’avenir à long terme de l’Iran.
Il a souligné que les décideurs internationaux devaient dépasser la seule crise militaire immédiate et s’intéresser aux perspectives d’un Iran démocratique et libre. Dans cette optique, il a estimé qu’un engagement international véritable supposait un soutien à l’opposition démocratique iranienne, en particulier au Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), qu’il a présenté comme un mouvement de longue date œuvrant en faveur d’un changement démocratique.
Les droits humains et le changement politique sont étroitement liés
Selon Seidt, la dégradation de la situation des droits humains en Iran ne peut être dissociée de la question plus large de la transformation politique.
À ses yeux, le recours croissant du régime aux exécutions, à la répression arbitraire et à l’intimidation traduit son inquiétude face à l’accumulation des défis intérieurs. À mesure que la pression s’intensifie dans le pays, les autorités ont renforcé l’usage des mesures coercitives afin de décourager toute contestation.
Il a soutenu que la protection des droits humains en Iran exige, en définitive, de s’attaquer aux structures politiques responsables de cette répression systématique.
L’Europe doit rejeter à la fois la guerre et l’apaisement
Évoquant la politique européenne à l’égard de l’Iran, Seidt a estimé que les gouvernements devaient dépasser ce qu’il a qualifié de faux choix entre la confrontation militaire et la poursuite d’une politique d’apaisement.
Il a au contraire appelé à une troisième voie, fondée sur un soutien politique actif à l’opposition démocratique iranienne présente à l’intérieur du pays.
Il a également évoqué les propositions présentées lors de la conférence de Rome par l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, qui portaient sur les moyens permettant à l’Union européenne de renforcer son engagement auprès des forces démocratiques de l’opposition iranienne.
Selon Seidt, une politique européenne plus constructive consisterait à reconnaître et à soutenir ceux qui militent depuis longtemps et de manière constante en faveur d’un changement démocratique, plutôt que de rechercher des alternatives promues depuis l’étranger.
Le rejet d’alternatives fabriquées de l’extérieur
Seidt a également mis en garde contre les tentatives visant à présenter des personnalités extérieures à l’opposition démocratique iranienne organisée comme des alternatives crédibles au régime actuel.
Selon lui, un changement politique durable doit s’appuyer sur de véritables mouvements d’opposition implantés dans le pays et disposant d’un long historique de défense de la démocratie et de la liberté. La promotion d’alternatives dépourvues de tels fondements risque, a-t-il estimé, de compromettre les perspectives d’une transition démocratique pacifique.
Un message de soutien au peuple iranien
En conclusion de son intervention, Hans-Ulrich Seidt a exprimé son admiration envers les Iraniens qui continuent de lutter pour la liberté malgré une répression sévère.
Il a déclaré que les sacrifices consentis par les militants, les prisonniers politiques et les citoyens ordinaires aspirant à un changement démocratique sont porteurs de sens et contribuent à l’avenir du pays. Soulignant que leurs efforts visent à garantir la liberté des générations futures, il a salué celles et ceux qui poursuivent leur combat en faveur de la démocratie malgré les risques personnels auxquels ils sont exposés.
Ses déclarations ont fait écho à l’un des principaux messages qui s’est dégagé de la conférence de Rome : une stabilité durable en Iran ne dépend ni de la guerre ni d’un accommodement avec le pouvoir en place, mais du soutien apporté aux aspirations du peuple iranien en faveur de la démocratie, des droits humains et de la liberté politique.



