Les mollahs iraniens intensifient les exécutions face à une société en ébullition

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CSDHI – Alors que la pauvreté, l’inflation et la précarité économique s’aggravent, le régime iranien intensifie les exécutions afin de réprimer la contestation et d’empêcher un nouveau soulèvement national.

La pauvreté et l’envolée des prix dévastent les foyers iraniens. La détresse économique atteint des niveaux sans précédent, l’inflation échappe à tout contrôle, les retraités réclament le droit fondamental de vivre dans la dignité, tandis que la recherche de rentes est devenue une caractéristique majeure du vocabulaire politique et économique iranien.

Pourtant, derrière toutes ces crises se profile une réalité encore plus urgente : le recours croissant du régime aux exécutions en réponse à une agitation sociale persistante et à sa crainte de voir éclater un nouveau soulèvement national.

Les crises économiques et sociales que traverse l’Iran ne peuvent être dissociées de la crise politique du régime. Les causes structurelles de l’instabilité économique sont enracinées dans un système politique dont la priorité absolue est de se maintenir au pouvoir grâce à la répression et à une oligarchie économique. Les recettes et les ressources nationales sont détournées au profit du maintien du régime et de son appareil coercitif, avec des conséquences politiques et économiques dévastatrices.

Il en résulte un cycle dans lequel la répression politique aggrave les dysfonctionnements économiques, tandis que la précarité économique alimente à son tour le mécontentement populaire — lequel entraîne, en retour, une répression toujours plus sévère.

Les exécutions : la première ligne de la répression du régime

La ligne de front la plus visible de la dictature du régime est la potence.

En Iran, les exécutions ne constituent pas simplement une question judiciaire ou juridique. Elles sont devenues un instrument central de la répression politique, destiné à intimider la société, à faire taire les manifestants et à dissuader de futurs soulèvements. C’est pourquoi la crise des exécutions tend de plus en plus à éclipser toutes les autres questions politiques et économiques du pays.

Un régime qui affiche l’un des taux d’exécution les plus élevés au monde est également à la tête d’une économie caractérisée par de profonds dysfonctionnements structurels, une pauvreté généralisée, la corruption, l’inflation et une diminution du pouvoir d’achat.

Le lien n’est pas fortuit. Les ressources qui pourraient être consacrées aux besoins économiques et sociaux du pays sont au contraire absorbées par la machine répressive et par l’appareil plus vaste nécessaire au maintien du régime.

Les documents de l’Union européenne mettent en évidence des violations systématiques

Les conséquences internationales de la politique d’exécution menée par l’Iran suscitent une attention croissante.

Le 11 août 2026, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), dans son rapport consacré à l’Iran, publié dans le cadre de son rapport Human Rights and Democracy in the World 2025, a documenté de graves cas de répression impliquant des organismes de l’État iranien.

Le rapport indique :

« Le 15 juillet 2025, en réaction à de graves cas de répression transnationale exercée par l’Iran, l’UE a imposé des mesures restrictives à l’encontre de huit personnes et d’une entité responsables de graves violations et atteintes aux droits humains au nom d’organismes de l’État iranien en dehors de l’Iran, notamment d’exécutions et de meurtres extrajudiciaires, sommaires et arbitraires, ainsi que de disparitions forcées de personnes considérées comme des opposants ou critiques des actions ou politiques de la République islamique d’Iran. »

Le rapport décrit également les sanctions imposées par l’UE, le 14 avril, à sept personnes et deux entités impliquées dans de graves violations des droits humains à l’intérieur de l’Iran. Parmi les entités sanctionnées figuraient la prison centrale de Chiraz, également connue sous le nom de prison d’Adel Abad, ainsi que la première chambre du tribunal révolutionnaire de Chiraz.

Selon le SEAE, les détenus — notamment les opposants politiques, les membres de minorités ethniques et religieuses ainsi que des citoyens européens détenus illégalement — ont été confrontés à des détentions arbitraires, au déni d’un procès équitable et à des exécutions.

Le rapport souligne en outre le rôle de hauts responsables du système judiciaire et pénitentiaire iranien dans le maintien de condamnations fondées sur des aveux obtenus sous la contrainte, le déni systématique des droits à un procès équitable et la facilitation de la répression et des violences à l’encontre des dissidents et des groupes minoritaires.

L’UE condamne les exécutions de manifestants iraniens

Le rythme des exécutions a également suscité de nombreuses condamnations de la part de responsables européens.

Dans une déclaration du 28 avril 2026 intitulée « Iran : déclaration du porte-parole sur les exécutions », le SEAE déclarait :

« Le rythme actuel des exécutions en Iran est consternant. L’UE s’oppose fermement et par principe à l’utilisation de la peine capitale dans tous les cas et en toutes circonstances. La peine de mort est incompatible avec le droit inaliénable à la vie et l’interdiction absolue des peines cruelles, inhumaines ou dégradantes. Elle ne constitue pas un moyen de dissuasion contre la criminalité et rend irréversibles les erreurs judiciaires. »

La déclaration appelait les autorités iraniennes à adopter une politique cohérente visant à l’abolition complète de la peine de mort.

Elle condamnait également de manière spécifique l’utilisation des exécutions comme instrument contre la dissidence :

« Nous condamnons en particulier le recours à la peine capitale en réponse à la dissidence intérieure. »

L’UE a exhorté les autorités iraniennes à cesser immédiatement de prononcer et d’exécuter des condamnations à mort contre des manifestants et a appelé à la libération des personnes injustement arrêtées pour avoir exercé leur liberté d’expression.

La déclaration rappelait également à Téhéran ses obligations au regard du droit international, notamment celles découlant du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont l’Iran est partie.

Le mouvement « Non aux exécutions » défie le régime

Dans ce contexte, le mouvement grandissant « Non aux exécutions » est apparu comme un défi direct à la stratégie d’intimidation du régime.

Les prisonniers politiques poursuivent la campagne « Les mardis contre les exécutions », entrée dans sa troisième année, refusant d’accepter les exécutions comme une réalité inévitable de la vie sous le régime. La campagne s’est étendue à travers les prisons iraniennes et est devenue de plus en plus un symbole de résistance à la peine de mort et à la répression politique.

L’importance de ce mouvement dépasse les murs des prisons.

En contestant les exécutions, les prisonniers contestent l’un des principaux mécanismes utilisés par le régime pour contrôler la société. Leur résistance met en lumière la dimension politique des exécutions et relie le sort des prisonniers politiques à la lutte plus vaste de la société iranienne contre la répression, la pauvreté, la corruption et la précarité économique.

Le recours du régime aux exécutions révèle sa faiblesse fondamentale : plutôt que de répondre aux revendications économiques et sociales qui alimentent le mécontentement populaire, il y répond par l’intimidation et la force.

Un régime pris au piège entre crise économique et agitation sociale

Les crises qui se superposent en Iran constituent donc les éléments d’une même équation politique.

L’inflation et la pauvreté dégradent le niveau de vie. La corruption économique et la recherche de rentes aggravent les inégalités. Les retraités et les travailleurs manifestent pour défendre leurs droits économiques fondamentaux. Les jeunes sont confrontés à un avenir de plus en plus incertain. Et la persistance des troubles sociaux montre que la colère populaire n’a pas été étouffée.

La réponse du régime est la répression.

Les exécutions en constituent l’expression la plus extrême. Elles visent non seulement à punir des individus, mais également à adresser un avertissement à l’ensemble de la société : toute dissidence sera sanctionnée au prix le plus élevé qui soit.

Mais la persistance et l’extension du mouvement « Non aux exécutions » démontrent les limites de cette stratégie.

Plus le régime s’appuie sur les exécutions pour se maintenir, plus il révèle clairement le caractère politique de la peine de mort. Et plus la société résiste, plus il devient difficile pour les exécutions de jouer efficacement leur rôle d’instrument d’intimidation.

La lutte contre les exécutions est donc indissociable de la lutte plus large contre le système politique et économique du régime. Tant que celui-ci continuera de faire de la répression son principal moyen de survie, la potence restera un élément central de son pouvoir.

Mais la résistance croissante aux exécutions indique une direction opposée : celle d’une société déterminée à briser le cycle de la répression et à reconquérir ses droits fondamentaux.

Le mouvement « Non aux exécutions » amplifie cette contestation. Son message dépasse de plus en plus les prisons et les frontières de l’Iran — et pourrait, à terme, priver le régime de l’instrument même sur lequel il compte pour maintenir la société dans le silence.