Iran : 11 personnes condamnées à mort après les manifestations de janvier à Ispahan

Le Comité de défense des droits de l’homme en Iran appelle à une intervention internationale urgente

Paris, le 2 septembre 2026 – Le Comité de défense des droits de l’homme en Iran (CSDHI), association iranienne de défense des droits humains basée en France, exprime sa profonde inquiétude face aux condamnations à mort prononcées contre 11 personnes arrêtées lors des manifestations de janvier en Iran, dont deux femmes.

À Ispahan, dix personnes poursuivies dans l’affaire dite de la « place des Martyrs » ont été condamnées à mort : Taraneh Rahimi, Navid Elyasi, Abolfazl Dadgostar, Mehdi Mansouri, Ahmadreza Saeidi, Mehrdad Boeiri, Mohammad-Mehdi Asadi, Armin Gholami, Parsa Jafari et Mehdi Jafari.

Par ailleurs, Leila Abolhasani, mère de deux adolescentes, aurait également été condamnée à mort après son arrestation lors des manifestations à Shahin-Shahr, dans la province d’Ispahan.

Dans une autre affaire, l’avocat d’Ali-Asghar Peyghambari, arrêté lors des manifestations de janvier, a annoncé que sa condamnation à mort avait été confirmée par la Cour suprême iranienne. Le prisonnier a récemment été transféré de la prison de Fashafouyeh, dans la région de Téhéran, à la prison de Ghezel-Hesar.

Situation préoccupante à la prison de Dastgerd

Le CSDHI est également alarmé par les informations faisant état d’une propagation de la méningite dans la prison de Dastgerd, à Ispahan, depuis juillet 2026.

Selon les informations disponibles, l’épidémie se serait étendue à plusieurs quartiers de la prison dans un contexte marqué par des insuffisances de soins médicaux. Le 20 août 2026, Ali Hashemi, un détenu âgé de 18 ans, est décédé après avoir reçu une injection à l’infirmerie de la prison. Les circonstances exactes de son décès restent à établir et aucune explication officielle et transparente n’aurait été fournie.

Le CSDHI demande qu’une enquête indépendante, transparente et impartiale soit menée sur ce décès ainsi que sur la situation sanitaire dans la prison de Dastgerd.

Appel à une intervention urgente

Le Comité de défense des droits de l’homme en Iran appelle les Nations unies, les gouvernements européens, les autorités françaises et les organisations internationales de défense des droits humains à agir rapidement afin d’empêcher l’exécution des personnes condamnées à mort.

Le CSDHI demande notamment :

  • la suspension immédiate de toutes les exécutions liées aux manifestations ;
  • un réexamen indépendant des condamnations à mort ;
  • le respect du droit à un procès équitable et des droits de la défense ;
  • un accès médical approprié et indépendant pour les détenus de la prison de Dastgerd ;
  • l’autorisation d’une mission internationale indépendante dans les prisons iraniennes, notamment à Dastgerd, afin d’évaluer les conditions de détention et de rencontrer les prisonniers.

Le CSDHI rappelle que le droit à la vie est un droit fondamental et que personne ne devrait être privé de sa vie à l’issue d’une procédure qui ne respecte pas pleinement les garanties d’un procès équitable.

Face au risque imminent d’exécution, une action internationale urgente est nécessaire pour protéger la vie de ces prisonniers.