CSDHI – Clotilde Reiss, l'universitaire française retenue dix mois en Iran, revient sur sa détention et son procès où elle confie avoir eu "l'impression d'être au Jugement dernier".
Dans un récit que doit diffuser jeudi la radio France Culture et dont Libération publie des extraits, Clotilde Reiss revient sur ses 47 jours passés à la prison d'Evin, avant d'avoir été hébergée pendant des mois à l'ambassade de France de Téhéran. Elle n'a pu rentrer en France que le 16 mai 2010.
Libération publie des dessins réalisés par Clotilde Reiss durant sa détention, reproduisant notamment sa cellule, "une petite pièce de 8 m2 avec juste un robinet et une moquette – donc c'était très sale – où chacune des quatre détenues avait deux couvertures et une brosse à dents" et "dormait par terre".
"L'une de mes premières phrases a été de leur demander si on était torturé. Très vite, elles m'ont rassurée. C'étaient trois filles qui souriaient. J'ai compris par la suite que leur survie passait par là", confie la jeune universitaire.
"L'activité principale, c'était soit la douche, soit la sortie en plein air de quinze minutes. Et les interrogatoires où l'on va de sueur froide en sueur froide", témoigne-t-elle.
Pression morale
Clotilde Reiss relate ses séances d'interrogatoire où "on te fait asseoir face au mur, les yeux bandés" et au cours desquelles "les questions de prédilection portent sur les gens que tu connais". "On te pose les mêmes, vingt ou trente fois."
"Physiquement, ils ne m'ont pas menacée, mais m'ont fait subir des pressions morales, un chantage affectif. On me disait: 'tu peux rester ici des années'", raconte-t-elle.
Vient le procès qui "a duré cinq heures et pendant une heure le président a prononcé une diatribe d'une violence incroyable. J'avais l'impression d'être au Jugement dernier, d'être condamnée avant même de m'être exprimée", raconte Clotilde Reiss qui parle du "jour le plus dur de (sa) vie".
(AFP)



