Le massacre de 30 000 prisonniers politique par les Mollahs pourrait être répété

 Par Azam Haj Heydari
CSDHI – Le massacre de 1988 en Iran et le risque qu’une autre catastrophe similaire ne se reproduise est une sérieuse inquiétude internationale.
Nous avons besoin du soutien international pour sauver la vie de présents prisonniers politiques en Iran et parmi ceux-ci, beaucoup de femmes qui sont les premières victimes de ces atrocités. C’est un cri au réveil de la conscience de tout un chacun de par le monde pour prévenir une autre catastrophe.

 

Dans l’histoire de l’Iran, l’été 1988 représente l’époque d’un génocide avec le massacre de 30 000 prisonniers politiques en une semaine. Cependant, à ce jour, les violations des droits de l’homme et les exécutions arbitraires continuent en Iran. Avec la politique d’apaisement et les concessions accordées au régime des mollahs de Téhéran, la communauté internationale a pourtant gardé le silence sur ce génocide.   
Le régime iranien a perpétré le massacre le plus brutal de prisonniers politiques de l’histoire contemporaine d’Iran, un génocide par définition, et sous l’ordre directe de Khomeiny. Le but de ce crime abject était de masquer la défaite du régime de la huitième guerre contre l’Irak. Ce plan a été élaboré pendant des années et mis à exécution par « le Comité de la Mort ». En ce moment, les successeurs de Khomeiny recommencent un nouveau crime pour encore une fois écraser la crise actuelle du régime.     
Le responsable judiciaire du régime iranien a signé 1120 condamnations à mort, mis en suspend grâce à leur divulgation internationale et à la condamnation par des associations des Droits de l’Homme et par anticipation à l’acceptation personnelle de Khamenei. (Site internet de Nedaye Sabz, 9 août 2010- le reporter du Nedaye Sabz Azadi a appris que le responsable judiciaire avait écrit une lettre secrète à Ali Khamenei, demandant la permission d’exécuter 1120 prisonniers.) 
Téhéran et des prisons telles que  Evine and Gohardasht étaient l’épicentre de la vague des meurtres de 1988. Le «Comité de la Mort » du régime ont dû perpétrer ce crime contre plus de 30 000 prisonniers politiques dans les prisons d’Iran.  
 Les membres de ce Comité de la Mort sont  en ce moment assis aux postes les plus importants du gouvernement d’Ahmadinejad.  Aucune prison, aucune ville, aucun village n’a échappé à ce massacre. Le Comité de la Mort a visité chaque prison et a décidé du sort de chaque prisonnier politique et de chaque sympathisant de l’OMPI.  
Vingt deux ans plus tard, l’étendue et les mystères de ces crimes horribles n’ont encore été révélés, ni en amplitude, ni dans la forme. 
Des milliers de familles en Iran ignorent toujours le sort réservé à leurs proches. Le régime iranien n’a jamais jusqu’à ce jour informé les familles sur des milliers de prisonniers politiques exécutés et enterrés dans de vastes fausses communes de masse à travers tout le pays. Les noms des prisonniers et les détails les concernant furent tous inventoriés, chacun ayant été condamné à faire de la prison. Nombreux sont ces prisonniers exécutés qui avaient fini de servir leur peines ; mais cependant, le régime avait refusé de les libérer. Selon des témoins (prêts à témoigner devant n’importe quelle cour internationale de justice), des témoins de l’intérieur des prisons, certaines nuit, 350 prisonniers d’un coup étaient envoyés à l’échafaud. Par exemple, on a entendu le directeur de la prison de Vakil Abad à Mashhad dire lors d’une conversation téléphonique, «  Tout ceux de la prison de Mashhad ont été supprimés.»
Cette vague sans précédent et horrible de meurtres a eu lieu sous une fatwa écrite de la main de Khomeiny, sous son commandement et son contrôle directs. Pendant la semaine durant laquelle cette fatwa se déroulait, tous les gardiens de la révolution, et les officiels des prisons étaient en alerte rouge et mis à part une seule ligne téléphonique mise à la disposition du Comité de la Mort, il n’y avait aucun autre moyen de communication. Les membres du corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et les officiels de prison furent contraints de prendre part à ce génocide, car toutes les précautions pour que le secret ne se divulgue vers monde extérieur avaient été prises.
Seul un petit nombre de prisonnier ayant été témoins de plusieurs épisodes sont toujours vivants aujourd’hui. Un certain nombre de témoins ont perdu la raison après avoir assisté à de telles atrocités et furent incapables de parler de ces atrocités pendant des mois. Parmi ces témoins, quelques uns ont pu quitter l’Iran et vivent maintenant à Camp Ashraf en Irak. Beaucoup des exécutés n’avaient pas 18 ans et 58% d’entre eux n’avaient pas trente ans. Un grand nombre de familles qui vivent à Ashraf aujourd’hui ont perdu entre 3 et 10 membres de leur famille dans ce massacre. La famille Shojaii a perdu 12 de ces membres.   
Bien sur, l’information rassemblée autour de ces massacres est très incomplète et limitée. L’ampleur de cette atrocité est telle que Montazeri, le successeur de Khomeiny, la deuxième figure religieuse à l’époque a écrit une lettre d’objection à ce massacre à Khomeiny. Khomeiny très en colère a vu rouge et l’a relevé de ces fonctions et condamné à une arrestation en résidence surveillée pour le reste de sa vie. L’Ayatollah Montazeri est décédé l’an dernier juste quelques jours avant l’insurrection d’Ashura en Iran. Récemment, une région de Téhéran qui renferme un nombre de fausses communes de masse des personnes massacrées, Khavaran est devenu un endroit de recueillement pour le peuple iranien. Le prisonnier politique Ali Saremi, dont la condamnation à mort pour avoir rendu visite à son fils à Ashraf a été signée fut  arrêté et torturé, lors d’une  visite à Khavaran, dans le sud de Téhéran. Il venait rendre hommage, prier et prononcer un discours de commémoration en l’honneur des victimes martyrisées.   
Aujourd’hui, 22 ans après et à la suite du soulèvement de l’an dernier de la Nation iranienne, le monde a ouvert les yeux seulement sur une toute petite portion des crimes commis contre le peuple iranien. Une campagne internationale conduite par la Résistance Iranienne, avec le soutien de politiques, de parlementaires, de légistes, en Europe et aux Etats-Unis, demande une enquête sur ce crime contre l’humanité et le procès de ceux qui ont participé à ce génocide qui se poursuit encore à ce jour. Les cadres du gouvernement du régime iranien d’aujourd’hui sont les bourreaux et ceux-là même qui sont responsables de ce crime énorme. Les témoins de ces crimes à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran, particulièrement à Ashraf ont annoncé leur volonté à prendre part à des témoignages sur ces crimes devant n’importe quelle cour de justice.  Tenir l’opinion publique mondiale informée de ce qui s’est réellement passé est un devoir pour éviter la répétition d’un génocide en Iran. Cela servira sans aucun doute à  placer la communauté internationale aux côtés du peuple iranien victime d’oppressions horribles tous les jours.  En simultanéité avec les sanctions internationales contre le régime iranien et les Gardiens de la révolution, les condamnations des organismes de droits humanitaires sont nécessaires pour  compléter les pressions nécessaires pour provoquer un changement en Iran. 
Azam Haj Heydari est une femme iranienne, prisonnière de conscience qui a été témoin des tortures et des mauvais traitements infligés aux femmes à l’intérieur des prisons iraniennes des Mollahs. Elle est l’auteur d’un livre-témoignage récemment publié en Europe, Le Prix de Rester Humain .