AFP: Le président de l'Association des journalistes iraniens, Mashallah Shamsolvaezin, a été condamné à 16 mois de prison pour avoir "sapé le régime" islamique et "insulté" le président Mahmoud Ahmadinejad, a-t-il indiqué dimanche à l'AFP.
AFP: Le président de l'Association des journalistes iraniens, Mashallah Shamsolvaezin, a été condamné à 16 mois de prison pour avoir "sapé le régime" islamique et "insulté" le président Mahmoud Ahmadinejad, a-t-il indiqué dimanche à l'AFP.
La police a par ailleurs arrêté dimanche un nouveau journaliste du quotidien réformateur Shargh, dont cinq responsables ont déjà été arrêtés depuis mardi, selon le site d'opposition Kaleme.com.
Personnalité connue dans le monde de la presse, M. Shamsolvaezin a dirigé plusieurs journaux réformateurs fermés par le pouvoir entre 1998 et 2000, et a été emprisonnés à plusieurs reprises, notamment lors de la répression du mouvement de protestation contre la réélection contestée du président Ahmadinejad en juin 2009.
"J'ai été condamné à un an de prison sous l'accusation d'avoir sapé le régime en donnant des interviews à des télévisions et des agences de presse étrangères", a-t-il expliqué.
"J'ai aussi été condamné à quatre mois de prison pour avoir traité M. Ahmadinejad de +mégalomane+ dans une interview en arabe à (la chaîne basée à Dubaï) Al-Arabyia, ce que les juges ont interprété à tort comme +fou+, et donc insultant pour le président", a-t-il précisé.
Parmi les accusations mentionnées dans le verdict figure celle d'avoir "défendu" dans un article Mme Nazak Afshar, employée de l'ambassade de France à Téhéran arrêtée après la réélection de M. Ahmadinejad.
Mme Afshar avait comparu aux côtés de la jeune Française Clotilde Reiss lors d'une audience télévisée du tribunal révolutionnaire de Téhéran censée montrer les liens que le pouvoir affirme exister entre l'opposition réformatrice et les "ennemis" de l'Iran. Elle est depuis réfugiée en France.
M. Shamsolvaezin a 20 jours pour faire appel.
Les forces de sécurité ont par ailleurs appréhendé dimanche un nouveau journaliste du quotidien réformateur Shargh, dont six responsables sont désormais sous les verrous, selon Kaleme.com, site de l'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi devenu l'un des leaders de l'opposition au président Ahmadinejad.
Le rédacteur en chef Ahmad Gholami, le chef du service diplomatique Farzaneh Roustai et le chef du service politique Kayvan Mehregan avaient été arrêtés mardi dans les locaux du journal par les forces de sécurité, en même temps que le gérant du journal Mehregan Ali Khodabakhsh.
Ils ont été accusés de "crimes relatifs à la sécurité" nationale par le procureur de Téhéran Abbas Jafari Dolatabadi cité par l'agence Isna.
Ces quatre arrestations ont été suivies par celles jeudi et dimanche de deux autres journalistes, MM. Amir Hadi Anvari et Rayhaneh Tabatabai, selon Kaleme.com.
De très nombreux journalistes proches de l'opposition ainsi que des responsables réformateurs, des étudiants et des militants des droits de l'Homme ont été arrêtés lors de la répression des vastes mouvements de protestation ayant secoué l'Iran pendant plusieurs mois après la réélection de M. Ahmadinejad, jugée entachée de fraudes massives.
Nombre d'entre eux ont été condamnés à des peines de prison sévères. Au 1er décembre, 38 journalistes étaient détenus en Iran qui est avec la Chine le pays emprisonnant le plus de journalistes, selon un décompte du Comité international de protection des journalistes (CPJ) basé à New-York.



