Dans une interview récente et très controversée, Mostafa Pourmohammadi, une personnalité importante impliquée dans le massacre de 1988 des prisonniers politiques perpétré par le régime des mollahs, a cherché à justifier ses actions alors qu’il fait campagne pour la présidence.
CSDHI – Ce chapitre sombre, souvent qualifié par les militants des droits de l’homme comme l’un des massacres politiques les plus importants après la Seconde Guerre mondiale, a vu plus de 90% des exécutés être membres des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI).
L’interview de Pourmohammadi a combiné dénis, déviations et aveux, mettant en lumière à la fois l’histoire brutale du régime clérical et ses efforts actuels pour échapper à la responsabilité dans un contexte de surveillance croissante. Dans un État connu pour réprimer la dissidence, l’interview apparemment transparente de Pourmohammadi visait à blanchir son nom du massacre, le dépeignant comme un fonctionnaire appliquant la loi dans des circonstances difficiles.
Interrogé sur son lien avec les exécutions, Pourmohammadi a répondu : « Que puis-je faire à ce sujet? J’ai été juge à un moment donné. Certains sont allés en prison, d’autres ont été condamnés à une amende et d’autres ont été exécutés. Tout comme un chirurgien est associé à la chirurgie, un juge est lié à des jugements. » Ses remarques visaient à normaliser son rôle dans les exécutions de masse, en comparant ses fonctions à des tâches professionnelles de routine.
Pourmohammadi a admis que ceux qu’il a exécutés étaient inébranlables dans leurs croyances, soulignant l’objectif du régime de supprimer la dissidence et de forcer la soumission. « Savez-vous combien de personnes j’ai graciées? » Il a demandé rhétoriquement, soulignant ses efforts pour persuader les prisonniers d’abandonner leur cause pour éviter l’exécution. Son récit contraste fortement avec les récits d’anciens prisonniers et militants des droits de l’homme, qui affirment que beaucoup n’étaient pas conscients des conséquences fatales auxquelles ils étaient confrontés.
Il a raconté des cas où il a supplié des prisonniers de renoncer à leur lutte, présentant ses actions comme des efforts pour sauver des vies plutôt que d’appliquer des politiques impitoyables. Cette représentation contraste nettement avec la réalité des « comités de la mort » qui ont été mis sur pied partout en Iran, y compris celui auquel il a siégé à Téhéran aux côtés d’Ebrahim Raïssi.
Malgré ses tentatives de minimiser son rôle, Pourmohammadi a reconnu l’échec du régime à contrer efficacement l’influence de l’OMPI par la propagande et la censure au cours des 45 dernières années. « Certes, nous n’avons pas fait assez pour raconter les histoires correctes », a-t-il concédé, reflétant la lutte continue du régime pour contrôler le récit.
Pourmohammadi a également essayé de justifier le point de vue sévère du public sur le MEK, suggérant que l’opinion populaire dans les années 1980 a exigé des actions sévères contre eux. « La situation était différente dans les années 1980. À l’époque, la population nous a soutenus et a même exigé des actions plus sévères contre l’OMPI », a-t-il déclaré, essayant de rejeter le blâme sur les pressions sociétales.
Réfléchissant à ses décisions, Pourmohammadi a affirmé que les circonstances de la guerre nécessitaient des mesures sévères. Cependant, il a admis qu’avec l’expérience d’aujourd’hui, le régime aurait pu atténuer les « excès » de leurs actions. Cette position rétrospective visait à adoucir la perception historique de son rôle et de celui du régime dans le massacre.
L’interview de Pourmohammadi souligne le désespoir du régime de nettoyer son image et les efforts que ses responsables mettront pour réécrire l’histoire. Malgré leurs efforts, l’ombre du massacre de 1988 continue de planer, jetant le doute sur la crédibilité du régime et ses tentatives de maintenir une emprise sur le pouvoir au milieu des pressions nationales et internationales croissantes.
Source : Stop Fundamentalism



