CSDHI – Les récentes déclarations des principaux responsables du régime iranien ont relancé le débat autour de la politique du hijab obligatoire dans le pays, mettant en évidence le paysage politique complexe et les défis auxquels est confronté le président iranien Pezeshkian, nouvellement élu.
La position des forces de l’ordre
Ahmad-Reza Radan, commandant des forces de l’ordre iraniennes et figure emblématique de la répression du soulèvement populaire de 2022, a récemment réaffirmé son engagement en faveur du « projet Noor » controversé visant les femmes iraniennes. Le 17 août, M. Radan a déclaré : « Nous devons nous référer à la loi concernant la mise en œuvre du projet Noor. La police est chargée de l’application de cette loi et doit agir en conséquence, à moins qu’une tâche ne lui soit légalement retirée. »
Radan, fervent défenseur des lois strictes sur le hijab, considère cette question comme un rempart essentiel contre l’influence occidentale. En mai, il a déclaré : « S’ils enlèvent le hijab, ni la patrie ni la religion n’existeront ; elles seront détruites ». Ses récents commentaires, en réponse à des images de policiers affrontant violemment des femmes, ont été interprétés par certains comme une approbation tacite de l’intensification des mesures de répression.
Promesses présidentielles et réalité
La promesse de campagne du président du régime, Masoud Pezeshkian, d’annuler le projet Noor et d’assouplir les restrictions sur le code vestimentaire des femmes semble de plus en plus difficile à tenir. Tout au long de sa campagne présidentielle, le président iranien Pezeshkian et ses partisans ont insisté sur l’importance d’arrêter le projet Noor, de dissoudre les patrouilles d’orientation et de réduire la censure sur Internet.
Cependant, de nombreux initiés du régime suggèrent que le président iranien Pezeshkian, comme ses prédécesseurs, n’aura pas l’autorité nécessaire pour mettre en œuvre de tels changements. L’expérience de l’ancien président Hassan Rouhani, qui a eu du mal à tenir ses promesses en matière de libertés sociales et politiques, nous rappelle brutalement les limites auxquelles sont confrontés les responsables du régime.
L’influence du guide suprême
L’autorité suprême sur des questions telles que le hijab obligatoire relève du Guide suprême du régime, Ali Khamenei. M. Khamenei a présenté à plusieurs reprises le retrait du hijab comme une transgression religieuse et une menace politique pour le système islamique. En avril 2023, il a déclaré que l’enlèvement du hijab était religieusement et politiquement interdit, justifiant ainsi les mesures sévères prises par les institutions chargées de l’application de la loi et de la sécurité à l’encontre de ceux qui s’opposent aux lois sur le hijab obligatoire.
Résistance institutionnelle
Les principaux ministères du régime, notamment ceux de l’intérieur, des renseignements, de la culture et de l’orientation islamique, sont devenus les principaux responsables de la mise en œuvre des programmes de contrôle de la sécurité et de la police liés au hijab obligatoire. Les fonctionnaires nouvellement nommés dans ces ministères sont censés poursuivre les politiques de l’administration précédente.
Cette position est reprise par d’autres personnalités influentes du régime, comme Ahmad Alamolhoda, chef de la prière du vendredi à Mashhad, qui a récemment déclaré : « L’ennemi vise à saper les fondements religieux de notre jeune génération en promouvant l’immodestie et en l’encourageant à abandonner le voile ».
Le passé et le présent du président iranien Pezeshkian
Il convient de noter que le passé de Pezeshkian en ce qui concerne l’application du hijab est complexe. Lors d’une interview en 2014, il a révélé son rôle dans l’obligation de porter le hijab dans les hôpitaux et les universités au début de la révolution islamique. Il a déclaré : « J’ai coordonné mon action avec le tribunal révolutionnaire et j’ai émis une directive selon laquelle tout le monde devait porter un foulard, un manteau et des vêtements à manches longues. Nous avons fermé l’université. Nous avons commencé la révolution culturelle et la fermeture des universités ».
Si le président iranien Pezeshkian et ses partisans ont demandé la fin du projet Noor, ils n’ont pas explicitement plaidé en faveur de l’abolition complète des lois sur le hijab obligatoire ou de la cessation de toutes les restrictions sur la tenue vestimentaire des femmes.
Ce conflit permanent sur les politiques relatives au hijab obligatoire exacerbe les tensions entre le peuple iranien et le régime, ce qui augmente considérablement la probabilité de nouvelles manifestations de masse.
Source : INU



