CSDHI – A l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort le 10 octobre 2024, le taux d’exécution en Iran a atteint des niveaux alarmants, ce qui suscite de vives inquiétudes quant au respect des droits de l’homme dans le pays. Malgré les appels internationaux en faveur de l’abolition de la peine de mort et les promesses de réforme du nouveau président, l’Iran reste l’un des principaux bourreaux de la planète.
Une semaine de contradictions
Contrastant fortement avec le mouvement mondial contre la peine capitale, l’Iran a procédé à au moins 22 exécutions au cours de la semaine précédant et incluant la Journée mondiale contre la peine de mort. Cette vague d’exécutions survient alors que le président nouvellement élu, Masoud Pezeshkian, prétend représenter un programme réformiste.
Selon les rapports, du 10 octobre 2023 au 9 octobre 2024, au moins 887 exécutions ont eu lieu dans diverses prisons iraniennes. Ce chiffre stupéfiant souligne le décalage entre les actions de l’Iran et le consensus mondial croissant contre la peine de mort.
Exécutions récentes
Les 8, 9 et 10 octobre 2024, 20 exécutions ont eu lieu en Iran :
– Le 10 octobre, deux prisonniers, dont Borhan Ansari, ont été exécutés à la prison d’Urmia. Ansari avait été condamné pour meurtre trois ans auparavant.
– Le 9 octobre, le nombre d’exécutions a atteint quinze, dont un jeune délinquant. Six de ces exécutions ont eu lieu dans la prison de Qezel Hesar. Parmi les personnes exécutées figurent Ahmad Narooi (33 ans), Mohammad Eshaqzahi (31 ans), Safaei et Mehdi Brahui (21 ans). Brahui a été exécuté pour un crime qu’il aurait commis à l’âge de 17 ans. Deux ressortissants afghans ont également été exécutés pour viol.
– Le 8 octobre, trois prisonniers – Asghar Ghorbani, Yasin Amiri et Soheil Habibollahi – ont été exécutés à la prison centrale de Shiraz pour des accusations liées à la drogue. Amiri, originaire de Susangerd, était le chef d’une famille de quatre personnes. Le même jour, Younes Pirouzi (48 ans) a été exécuté à la prison d’Ardabil pour un meurtre commis il y a trois ans.
Journée internationale contre la peine de mort
La Journée mondiale contre la peine de mort, célébrée chaque année le 10 octobre depuis 2003, vise à sensibiliser le public aux conditions de vie des condamnés à mort et à plaider en faveur de l’abolition de la peine capitale. Soutenue par de nombreuses ONG, gouvernements et organisations internationales telles qu’Amnesty International, l’Union européenne et les Nations unies, cette journée contraste fortement avec les actions de l’Iran. Le Conseil de l’Europe a également déclaré le 10 octobre Journée européenne contre la peine de mort en 2007.
Affirmations réformistes et réalité
Le fait que le président Masoud Pezeshkian se prétende réformateur est sérieusement remis en cause par le nombre toujours élevé d’exécutions. Le décalage entre la rhétorique du gouvernement et ses actions soulève des questions quant à la sincérité des efforts de réforme et à la profondeur des changements possibles dans le système politique iranien actuel.
Conclusion
Alors que la communauté internationale continue de s’éloigner de la peine de mort, les actions menées par l’Iran au cours de cette semaine symbolique mettent en évidence les problèmes persistants en matière de droits de l’homme dans le pays. La multiplication des exécutions, en particulier face à l’opposition mondiale, souligne l’urgence d’une véritable réforme et du respect des normes internationales en matière de droits de l’homme. L’exécution d’un délinquant juvénile et le nombre élevé d’exécutions liées à la drogue soulignent encore l’écart entre les pratiques de l’Iran et les normes internationales. Le monde observe les actions de l’Iran qui continuent de contredire les déclarations de progrès et de réforme de ses dirigeants.
Source : Iran HRM



