CSDHI – Cette semaine marque le début de la 41e semaine consécutive de la campagne « Les Mardis sans exécutions », un mouvement de grève de la faim initié par les prisonniers de la prison de Ghezel Hesar pour protester contre les exécutions en cours en Iran. Ce qui a commencé à Ghezel Hesar s’est maintenant étendu à 24 prisons en Iran.
L’arrêt des exécutions en Iran est devenu un objectif commun aux Iraniens, à la communauté internationale et surtout aux prisonniers de tout le pays. Ces dernières semaines, les familles des condamnés à mort se sont également jointes à ce mouvement, se ralliant à leur cause depuis l’extérieur des murs de la prison.
Le seul mois d’octobre a connu le plus grand nombre d’exécutions en un seul mois depuis au moins deux décennies. Bien que l’année 2024 ne soit pas encore terminée, le nombre d’exécutions de cette année approche les 700.
Cette semaine, la campagne a annoncé dans un communiqué : « Depuis la semaine dernière, au moins 23 personnes ont été pendues. Parmi les personnes exécutées figure un compatriote juif, Arvin Ghahremani, détenu à la prison de Dieselabad, à Kermanshah, qui avait été condamné à mort à l’issue d’une procédure judiciaire très ambiguë et injuste.
Vous trouverez ci-dessous la traduction intégrale de la déclaration publiée à l’occasion du 41ème « Mardis sans exécutions » :
41ème Semaine de la campagne, les « Mardis sans exécutions » dans 24 prisons
Mise en garde concernant les accusés dans l’affaire Ekbatan jugés à huis clos
Dans le régime autoritaire iranien, le recours aux exécutions et à la répression sévère contre les citoyens et les prisonniers se poursuit de manière incontrôlée, sans aucune dérogation à cette approche brutale. Depuis le début du mois d’octobre, près de 56 prisonniers ont été exécutés, et au moins 23 personnes ont été pendues depuis la semaine dernière, dont Arvin Ghahremani, un prisonnier juif qui a été exécuté à la prison Dieselabad de Kermanshah à l’issue d’une procédure judiciaire très contestable et injuste.
Hier, les procès à huis clos de huit jeunes détenus des manifestations de 2022, dans le cadre de ce que l’on appelle « l’affaire Ekbatan », ont également eu lieu. Compte tenu des graves charges qui pèsent sur eux, il est fort à craindre qu’ils ne soient condamnés à mort.
La campagne, les « Mardis sans exécutions », qui en est à sa quarante et unième semaine, s’est étendue à 24 prisons dans tout l’Iran. Récemment, des Iraniens de l’intérieur et des expatriés ont organisé des rassemblements de solidarité avec la campagne, soulignant ainsi l’engagement indéfectible du peuple iranien en faveur de l’abolition de cette peine inhumaine qu’est la peine de mort.
Comme indiqué dans le rapport de la semaine dernière, quatre membres des compatriotes baloutches, Eidou Shahbakhsh, Abdolghani Shahbakhsh, Abdolrahim Ghanbarzehi et Soleiman Shahbakhsh, qui ont soutenu cette campagne, ont vu leur condamnation à mort confirmée par la Cour suprême d’Iran. Leurs dossiers ont été transmis au département de l’exécution des peines du district 33, ce qui signifie qu’ils pourraient être condamnés à la potence à tout moment.
Face à l’accélération du rythme des exécutions menées par l’État, tous les militants dans divers domaines doivent plus que jamais faire entendre leur voix pour mettre un terme à la peine de mort en Iran et l’abolir. Il est essentiel de dénoncer les responsables de cette machine de mort et de les obliger à répondre de leurs crimes devant la communauté internationale. Cet objectif ne peut être atteint que par la résistance collective des personnes libres et de tous les militants politiques, des droits de l’homme, des syndicats et de la société civile, pour qui l’arrêt de ces exécutions est une mission essentielle.
La quarante et unième campagne « Non aux mardis de l’exécution » sera observée le mardi 5 novembre dans 24 prisons d’Iran, où les prisonniers entameront une grève de la faim.
Les prisons participantes aux » Mardis sans exécutions « sont les suivantes :
– Prison d’Evine (quartier des femmes, quartiers 4 et 8)
– Prison de Qezel Hesar (unités 3 et 4)
– Prison centrale de Karaj
– Prison du Grand Téhéran
– Prison d’Arak
– Prison de Khorramabad
– Prison d’Asadabad, Isfahan
– Prison de Sheiban, Ahwaz
– Prison de Nezam, Chiraz
– Prison de Bam
– Prison de Kahnuj
– Prison de Mashhad
– Prison de Qaemshahr
– Prison de Rasht (quartiers des hommes et des femmes)
– Prison d’Ardabil
– Prison de Tabriz
– Prison d’Oroumieh
– Prison de Salmas
– Prison de Khoy
– Prison de Naqadeh
– Prison de Saqqez
– Prison de Baneh
– Prison de Marivan
– Prison de Kamiyaran
« Campagne, les « Mardis sans exécutions, Mardi 5 novembre 2024 »
Source : Iran HRM



