Le rapport des Nations unies met en lumière l’aggravation de la situation des droits de l’homme en Iran

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CSDHI – Lors d’une séance importante de la troisième commission de la 79e Assemblée générale des Nations unies, les dirigeants du monde entier ont fait part de leurs graves préoccupations concernant les pratiques de l’Iran en matière de droits de l’homme, citant des rapports faisant état d’abus systématiques, d’une augmentation des exécutions et de la répression sous le régime du président Masoud Pezeshkian.

La session a suivi un rapport de la rapporteuse spéciale des Nations unies, Mai Sato, dont les conclusions ont mis en lumière de graves violations des droits et souligné le mépris de l’Iran pour les principes universels des droits de l’homme.

Third Committee, 38th plenary meeting – General Assembly, 79th session | UN Web TV

Le rapport de Mme Sato sur les droits de l’homme condamne le recours massif à la peine de mort en Iran, en particulier à l’encontre des minorités ethniques et religieuses, des mineurs et des femmes. Elle a affirmé que les sanctions ne peuvent justifier la répression interne de l’Iran et a souligné les restrictions constantes du régime en matière de libertés civiles, notamment les arrestations arbitraires, la torture et les fermetures d’Internet. Elle a également demandé que les femmes soient libres de choisir leur tenue vestimentaire sans craindre de sanctions. « La solution aux tensions ne peut pas simplement consister à soumettre les droits de l’homme à des préférences culturelles et religieuses », a-t-elle souligné, insistant sur l’importance des droits de l’homme universels.

L’Union européenne et ses alliés ont fait écho à la critique de Mme Sato, condamnant le taux d’exécution, la discrimination et les mesures répressives du régime iranien à l’encontre des femmes et des minorités. Des pays comme la France, la République tchèque et le Royaume-Uni ont critiqué le fait que l’Iran cible systématiquement les activistes et les manifestants en vertu des lois sur la sécurité nationale, en mettant particulièrement l’accent sur l’augmentation du nombre de condamnations à mort de femmes activistes.

« Nous sommes sérieusement préoccupés par la nouvelle tendance apparente à condamner des militantes à mort », a déclaré un représentant tchèque, exhortant l’Iran à cesser d’utiliser la peine capitale comme outil pour faire taire les dissidents.

Les États-Unis ont condamné le ciblage transfrontalier par l’Iran des figures de l’opposition et les activités de surveillance à l’étranger, soulignant les incidents de détention arbitraire et la répression violente des manifestants pacifiques. De son côté, l’Australie a condamné le traitement oppressif des femmes et des journalistes, soulignant les conditions de détention difficiles et les restrictions à la liberté d’expression.

L’Islande, la Suisse et la Norvège ont également demandé à l’Iran de mettre fin à la peine de mort, de respecter les libertés civiques et de coopérer avec les organismes internationaux de défense des droits de l’homme. L’Ukraine, tout en condamnant la répression interne de l’Iran, l’a liée au soutien de l’Iran au conflit russe en Ukraine, notant que le régime iranien fournit des drones à la Russie, ce qui a exacerbé les pertes civiles.

Le Canada et l’Irlande ont ajouté leur voix, appelant l’Iran à protéger la liberté de croyance et d’expression et exhortant le régime à permettre un accès illimité aux enquêteurs de l’ONU. La session a mis en évidence une position mondiale commune, les nations exigeant que l’Iran respecte ses obligations au regard des normes internationales en matière de droits de l’homme.

Les observateurs soulignent qu’en dépit des tentatives visant à présenter le président Pezeshkian comme un modéré, la multiplication des exécutions et des répressions sous son règne montre que le régime reste attaché à la répression en tant que moyen de contrôle et ne progresse guère sur la voie de la réforme.

Source : Stop Fundamentalism