Iran : Les arrestations répétées et la sécurité qui ne revient jamais

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CSDHI – Le vendredi 1er février 2025, Arghavan Fallahi, une ancienne prisonnière politique libérée de la prison d’Evine à la fin de l’année 2024, a été de nouveau fait l’objet d’une arrestation de la part des mollahs iraniens.

Les femmes détenues ne sont pas en sécurité, même après leur libération

Selon les informations, Arghavan Fallahi, 22 ans, a été arrêtée le 26 janvier 2025 dans la ville de Parand et transféré dans un lieu inconnu. Aucune information n’a encore été fournie concernant la raison de son arrestation, son lieu de détention ou son état de santé.

Historique de l’arrestation et du procès de la famille Fallahi

Arghavan Fallahi a été arrêtée en novembre 2022, avec son père Nasrollah Fallahi et son frère Ardalan Fallahi. Cette famille a été détenue pendant plus de deux mois dans des centres de détention à Isfahan, où ils ont été torturés et interrogés avant d’être transférés à l’isolement dans le pavillon 209 de la prison d’Evine. Ils ont été jugés pour « appartenance aux Mojahedin-e Khalq », « conspiration en vue de commettre des crimes contre la sécurité intérieure et extérieure » et « propagande contre le régime » par le juge Iman Afshari.

Les peines prononcées à leur encontre sont les suivantes :

  • Nasrollah Fallahi (66 ans) : 4 ans de prison
  • Arghavan Fallahi (22 ans) : 2 ans de prison
  • Ardalan Fallahi (24 ans) : 1 an de prison

Après un an et quatre mois d’incertitude, Arghavan Fallahi a été libérée sous caution en décembre 2024.

Arrestations répétées : Une violation manifeste des droits de l’homme

L’arrestation répétée d’Arghavan Fallahi et l’absence d’informations sur son état de santé constituent l’un des exemples les plus graves de violation des droits de l’homme. Non seulement cet acte la prive de sa liberté personnelle, mais il peut également lui causer des dommages physiques et psychologiques importants.

Selon la Déclaration universelle des droits de l’homme :

  • Article 5 : Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

  • Article 9 : Nul ne peut faire l’objet d’une arrestation, d’une détention ou d’un exil arbitraires.

  • Article 10 : Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial.

Sur la base de ces principes, la détention et l’incertitude auxquelles sont confrontés les prisonniers constituent une violation manifeste de leurs droits fondamentaux.

Répression systématique des prisonnières politiques

Dans le régime de la République islamique, l’arrestation répétée de prisonniers politiques, en particulier de femmes, est devenue un phénomène courant. Ces actions reflètent une politique de répression continue à l’encontre des opposants politiques. Voici d’autres exemples d’arrestations répétées de militantes :

  • Sepideh Qalian : Une militante civile qui a été arrêtée à nouveau quelques heures seulement après avoir été libérée de la prison d’Evine en décembre 2022. (Source : BBC)
  • Zeinab Hamrang : Arrêtée à son domicile cinq mois après sa libération en décembre 2022. (Source : Iran HRS)

Ces arrestations répétées reflètent la pression constante exercée sur les militantes et les efforts déployés pour réduire au silence les voix de l’opposition politique. Ces actions, combinées à de sévères restrictions sociales et politiques, ont créé un environnement sécuritaire qui se resserre de plus en plus autour des femmes actives en Iran, violant gravement leurs droits fondamentaux.