La Cour suprême d’Iran rejette la demande de nouveau procès de la prisonnière politique Pakhshan Azizi

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CSDHI – La Cour suprême d’Iran a rejeté la demande de révision du procès de la prisonnière politique Pakhshan Azizi, actuellement détenue à la prison d’Evine, soulevant de sérieuses inquiétudes quant à l’exécution imminente de sa condamnation à mort.

Amir Raeesian, l’avocat de Pakhshan Azizi, a annoncé cette décision lors d’une interview accordée à l’agence de presse Shargh le 6 février 2025. Il a déclaré que la branche 9 de la Cour suprême a rendu la décision le 25 janvier 2025 et l’a officiellement communiquée à l’équipe de la défense le 6 février 2025. Raeesian a souligné l’urgence de déposer une autre demande de nouveau procès, avertissant que l’affaire a été renvoyée au Bureau d’exécution des peines, ce qui rend l’application de la peine de mort imminente.

Historique du cas de Pakhshan Azizi

Mme Pakhshan Azizi, militante politique kurde originaire de Mahabad et diplômée en travail social de l’université Allameh Tabatabai, est actuellement incarcérée dans le quartier des femmes de la prison d’Evin. Elle a été condamnée à mort par le juge Iman Afshari de la branche 26 du tribunal révolutionnaire de Téhéran pour « rébellion armée (baghi) en raison de son appartenance à des groupes d’opposition ». La Cour suprême a confirmé sa condamnation à mort fin février 2025.

Outre la prisonnière politique Pakhshan Azizi, la Cour suprême a également confirmé la condamnation à mort de deux autres prisonniers politiques, Behrouz Ehsani Eslamloo et Mehdi Hassani. Le 26 janvier 2025, Eslamloo et Hassani ont été transférés dans le quartier de haute sécurité de la prison de Ghezel Hesar en vue de leur exécution, ce qui a suscité une condamnation internationale. Cependant, suite à l’acceptation de leur demande de nouveau procès, ils ont été réintégrés dans le quartier des prisonniers politiques de Ghezel Hesar.

Arrestation et allégations

La prisonnière politique Pakhshan Azizi a été arrêtée le 4 août 2023 par les forces de sécurité dans le quartier de Kharazi à Téhéran. Elle a été soumise à des interrogatoires et à des actes de torture au centre de détention du ministère du Renseignement avant d’être transférée au pavillon 209 de la prison d’Evine. Elle a ensuite été transférée dans le quartier des femmes, où elle est toujours détenue.

Les informations indiquent que la prisonnière politique Pakhshan Azizi a été forcée de faire des aveux sous la torture et sous la pression des forces de sécurité. Au cours de l’hiver 2023, la branche 5 du bureau du procureur d’Evine l’a officiellement inculpée de « rébellion armée (baghi) en raison de son appartenance à des groupes d’opposition ».

Son procès s’est déroulé en deux sessions, le 28 mai et le 16 juin 2024, à la branche 26 du tribunal révolutionnaire de Téhéran, sous la présidence du juge Iman Afshari.

Un passé de persécution politique

La prisonnière politique Pakhshan Azizi a un passé d’activiste politique et de persécutée par l’État. Elle a été arrêtée pour la première fois en novembre 2009 lors d’une manifestation étudiante contre l’exécution de prisonniers politiques kurdes. Elle a été libérée le 19 mars 2010, après avoir versé une lourde caution d’un milliard de rials (environ 100 000 dollars à l’époque).

Sa dernière arrestation a eu lieu le 4 août 2023, lorsque les forces de sécurité l’ont placée en détention pour « appartenance à des groupes d’opposition ».