Les justifications contradictoires du régime iranien pour l’exécution des opposants politiques

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CSDHI – Dans une nouvelle tentative du régime iranien de masquer ses crimes contre les activistes et opposants politiques sous un prétexte juridique, un récent rapport soumis par le pouvoir judiciaire au Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme révèle une nouvelle couche de la répression systématique et nationale contre les défenseurs de la liberté. Cette fois, la justification est centrée sur les peines d’exécution prononcées à l’encontre de deux prisonniers politiques, Mehdi Hasani et Behrouz Ehsani-activistes, dont les accusations ne sont pas fondées sur la justice, mais sur une stratégie d’intimidation et de répression de la dissidence.

Le rapport de 12 pages du soi-disant « siège des droits de l’homme du pouvoir judiciaire » – qui se présente de manière risible comme le « Haut Conseil des droits de l’homme de la République islamique d’Iran » – est un tissu de contradictions et de mensonges visant à légitimer les exécutions. Le régime iranien affirme dans le rapport que depuis 2022, certaines manifestations de rue, auxquelles participeraient des groupes tels que l’Organisation des moudjahidines du peuple iranien (OMPI) et des collaborateurs nationaux, ont débouché sur des activités terroristes.

Le régime affirme en outre que les opposants politiques Mehdi Hasani et Behrouz Ehsani ont été arrêtés en tant que « principaux planificateurs et auteurs » de ces actes et énumère de graves accusations à leur encontre, notamment :

  • Appartenance à l’OMPI
  • Propagande contre le régime
  • Chanter des slogans contre le régime
  • Insultes à l’égard de représentants de l’État
  • Collecte d’informations classifiées
  • Produire et envoyer des vidéos aux médias d’opposition
  • Participer à des programmes en direct sur des réseaux affiliés
  • Établissement de refuges
  • Destruction de biens publics
  • Construction de lanceurs et de mortiers
  • Possession d’armes à feu

Ces allégations sont inutiles dans le cadre d’une procédure judiciaire équitable et s’apparentent davantage à des affaires de sécurité nationale fabriquées de toutes pièces et à des aveux forcés.

Contradiction flagrante du régime iranien

D’une part, le régime a toujours affirmé dans les forums internationaux que l’OMPI n’était pas présente en Iran. Pourtant, dans ce même rapport officiel, il amplifie et dramatise les activités du groupe pour justifier les exécutions.

Le pouvoir judiciaire du régime affirme que ces condamnations « ne sont pas en contradiction avec le Pacte international relatif aux droits civils et politiques » et que « tous les principes d’un procès équitable ont été respectés ». Il qualifie également les allégations de torture et d’aveux forcés de « totalement infondées », insistant sur le fait qu’il n’y a aucun signe de torture dans les dossiers.

L’absurdité réside dans le fait que le régime cite sa propre constitution, qui déclare que « la torture est interdite », alors que des milliers de cas documentés de torture, de traitements inhumains, d’isolement prolongé et de refus de l’assistance d’un avocat ont été signalés par des organisations internationales de défense des droits de l’homme.

Le régime affirme également que les accusés « ont bénéficié d’une représentation juridique officielle tout au long de la procédure ». Cependant, dans les affaires de sécurité nationale, les accusés ne sont autorisés à choisir des avocats qu’à partir d’une liste approuvée par le chef du pouvoir judiciaire, ce qui les prive effectivement du droit à un avocat indépendant.

Pendant ce temps, le régime iranien a été condamné au moins 71 fois dans des forums internationaux pour des violations systématiques des droits de l’homme.

Le régime iranien ne peut pas étouffer la vague de protestations par la répression et les exécutions. Au contraire, de telles actions ne font que renforcer son isolement politique et international. La condamnation à mort de Mehdi Hasani et de Behrouz Ehsani n’est qu’une page de plus dans le vaste registre des violations des droits de l’homme commises par le régime.