Leila Saremi détenue arbitrairement depuis plus de 40 jours sans inculpation

Elle est la mère du prisonnier politique Farzad Moazami Goodarzi
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CSDHI – Plus de 40 jours se sont écoulés depuis l’arrestation de Leila Saremi, mère de l’activiste politique emprisonné Farzad Moazami Goodarzi, et elle reste en détention provisoire sans inculpation formelle. Son transfert en isolement à la prison Tircheh Bolook de Borujerd et la privation continue de ses droits fondamentaux suscitent de sérieuses inquiétudes quant à sa santé et sa sécurité.

Descente nocturne au domicile de la famille Moazami Goodarzi

Aux premières heures du mardi 22 juillet 2025, au moins 17 agents de sécurité ont investi le domicile de la famille Moazami Goodarzi à Borujerd, dans la province de Lorestan. Des témoins ont rapporté que les agents, arrivant dans cinq véhicules, ont pénétré violemment dans la maison sans présenter de mandat judiciaire valable. Lors de cette descente, Leila Saremi et son mari, Ahmad Moazami Goodarzi, ont été sévèrement agressés physiquement puis arrêtés.

L’opération a provoqué une panique générale dans le quartier. Selon les voisins, les forces de sécurité ont insulté et humilié verbalement les membres de la famille, fouillé minutieusement la maison et confisqué tous les appareils de communication et électroniques. La nature agressive et humiliante de cette descente a suscité de vives inquiétudes sur le bien-être de la famille.

Isolement et pression croissante sur les familles de défenseurs de la justice

Après son arrestation, Leila Saremi a été immédiatement transférée à la prison Tircheh Bolook de Borujerd. Selon des sources informées, elle a été placée en isolement dans les heures qui ont suivi et soumise à des interrogatoires intensifs.

Des codétenues ont confirmé que Leila Saremi semblait en mauvais état physique et psychologique. Son isolement prolongé et le refus d’accès à un avocat ou à sa famille sont qualifiés de « torture blanche » – une forme de pression psychologique. Ces actions semblent viser à intimider son fils, Farzad Moazami Goodarzi, toujours emprisonné pour son activisme politique.

Plus de 40 jours après son arrestation, aucune inculpation formelle n’a été annoncée contre Leila Saremi. Les rapports indiquent que les autorités judiciaires et sécuritaires ont à plusieurs reprises refusé de fournir des informations à sa famille ou à ses représentants légaux.

Cibler les familles comme outil de répression

Leila Saremi n’est pas seulement une détenue politique, mais aussi une mère accablée par l’inquiétude pour son fils emprisonné. Son arrestation constitue un double coup porté à une famille déjà soumise à des pressions étatiques depuis des années.

Ce cas illustre un schéma plus large dans lequel les autorités iraniennes appliquent des tactiques de punition collective – visant non seulement les prisonniers politiques, mais aussi leurs familles et proches. Ces stratégies servent d’outils de répression systémique, destinés à faire taire la dissidence et à intimider la société civile dans son ensemble.