CSDHI – Selon des sources bien informées, l’alimentation en eau de la prison de Qezel Hesar, à Karaj – notamment dans l’unité 2 – a été totalement interrompue depuis mardi 2 septembre 2025 à 15 heures. Cette mesure extrême, qualifiée par les détenus de « torture silencieuse », a plongé des centaines de prisonniers dans des conditions critiques et inhumaines, mettant gravement leur santé en danger.
Prison de Qezel Hesar : une « usine de mort », une ville de 17 000 âmes enchaînées
Souvent décrite comme une « usine de mort » ou une « ville de 17 000 résidents sous les chaînes », la prison de Qezel Hesar est déjà tristement réputée pour ses conditions déplorables. La coupure soudaine et totale de l’eau a désormais provoqué une véritable crise humanitaire.
Coupure d’eau et crise humaine
D’après les informations recueillies, l’arrêt brutal concerne à la fois le réseau principal et l’approvisionnement par citernes, privant ainsi les prisonniers du strict nécessaire pour survivre. Depuis mardi, ils ne peuvent plus se doucher, se laver les mains, nettoyer la vaisselle ou utiliser normalement les installations sanitaires.
Dans ces conditions, la seule source d’eau disponible reste l’eau minérale en bouteilles, vendue en quantité limitée et à prix exorbitant à la cantine de la prison.
Un détenu, lors d’un bref contact, a confié :
« La situation est insupportable. Nous ne pouvons plus assurer notre hygiène personnelle, nous laver les mains ni même utiliser correctement les toilettes. C’est rien de moins qu’une torture silencieuse. »
Une pression financière accrue sur les détenus
Nombre de prisonniers vivant déjà dans une extrême précarité, l’achat forcé d’eau en bouteille constitue un fardeau financier supplémentaire. Chaque bouteille coûte 16 000 tomans dans le magasin de la prison – une somme inabordable pour la majorité des détenus et de leurs familles.
Même lorsqu’elles peuvent être achetées, ces bouteilles ne suffisent pas à couvrir les besoins en lavage et en hygiène. Cette situation accroît les tensions, favorise les conflits entre détenus et expose les prisonniers à un risque accru de maladies.
Conséquences sanitaires et risques épidémiques
Des experts en santé préviennent que la coupure d’eau dans une prison surpeuplée comme la prison de Qezel Hesar favorise la propagation rapide de maladies infectieuses, dermatologiques et gastro-intestinales. L’impossibilité de se laver les mains ou de nettoyer la vaisselle, surtout dans un environnement saturé, crée des conditions idéales pour l’émergence d’épidémies dangereuses.
Un témoin averti a déclaré :
« Dans des quartiers surpeuplés, même quelques heures sans eau paralysent la vie quotidienne. Aujourd’hui, après plusieurs jours de coupure totale, le risque d’épidémie est extrêmement élevé et la vie de centaines de prisonniers est gravement menacée. »
La « torture silencieuse » comme instrument de répression
La coupure d’eau à la prison de Qezel Hesar ne peut être réduite à un simple problème technique ou administratif. Les détenus l’interprètent largement comme un outil de répression et une forme de torture silencieuse.
L’accès à l’eau étant l’un des droits humains les plus fondamentaux, priver délibérément les prisonniers de ce besoin vital constitue une forme de torture systématique, destinée à accentuer la pression psychologique et physique sur eux.
Cette privation volontaire de services essentiels dans la prison de Qezel Hesar illustre le mépris manifeste des autorités iraniennes pour la santé et les droits fondamentaux des personnes sous leur garde. Les organisations de défense des droits humains et les instances internationales sont appelées à intervenir immédiatement, à enquêter sur ces conditions inhumaines et à exiger du régime iranien le rétablissement complet de l’accès à l’eau, conformément à ses obligations en droit international.



