Iran : Des prisonnières politiques de Qarchak privées de visites familiales et légales après des protestations

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CSDHI – Selon des informations récentes, plusieurs prisonnières politiques détenues dans le quartier de quarantaine de la prison de Qarchak Varamin se sont vu arbitrairement refuser, depuis deux semaines, le droit de recevoir la visite de leurs familles et de leurs avocats. Cette décision, apparemment imposée par les autorités pénitentiaires à titre de sanction contre des détenues protestataires, suscite de vives inquiétudes quant à la situation juridique et aux droits humains de ces prisonnières.

L’interdiction de visites à Qarchak met une nouvelle fois en évidence une violation flagrante des droits fondamentaux des détenues et accentue la pression exercée sur les femmes incarcérées dans cet établissement.

Contexte des restrictions : des protestations contre les coupures d’électricité

Des sources bien informées ont confirmé que ces mesures sévères ont été décidées à la suite de protestations de prisonnières dénonçant les coupures d’électricité récurrentes à Qarchak. Face à des conditions jugées intenables et à la répétition des pannes de courant, certaines détenues ont scandé des slogans. En représailles, les responsables pénitentiaires auraient choisi d’accroître la pression en suspendant les visites en présentiel.

Privation d’accès aux familles et aux avocats

Parmi les détenues privées de visites familiales et juridiques ces deux dernières semaines figurent : Golrokh Iraee, Arghavan Fallahi, Sakineh Parvaneh, Mina Mashhadi, Parivash Moslemi, Nasim Gholami Simiari, Marzieh Farsi, Azar Karvandi, Nahid Khodajoo et Forough Taghizadeh, ainsi que plusieurs autres prisonnières politiques.

Des observateurs estiment que cette mesure constitue une punition collective dépourvue de tout fondement juridique clair.

Qarchak : un symbole de violations des droits des prisonnières

La prison de Qarchak Varamin est depuis des années vivement critiquée pour ses conditions inhumaines, sa surpopulation extrême et le manque criant d’installations sanitaires. Principalement dédiée à l’incarcération des femmes, elle ne respecte en rien les standards minimaux de détention.

De nombreux rapports ont documenté que les prisonnières politiques de Qarchak subissent régulièrement des punitions collectives : coupures de lignes téléphoniques, interdictions de visites, transferts forcés vers des quartiers déjà surpeuplés.

L’interdiction actuelle des visites en présentiel ne viole pas seulement les droits légaux des détenues, mais aussi le droit des familles à être informées de l’état de santé de leurs proches. De telles pratiques traduisent un mépris flagrant pour la transparence et pour les obligations fondamentales en matière de droits humains dans la gestion pénitentiaire.