Iran : Enterrement secret de Mehran Bahramian

Danger imminent pour la vie de Fazel Bahramian
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CSDHI – Le matin du samedi 6 septembre 2025, Mehran Bahramian, prisonnier politique de 32 ans, a été exécuté à la prison de Dastgerd, à Ispahan. Il avait été arrêté lors des manifestations nationales de 2022, en même temps que son frère Fazel Bahramian et plusieurs jeunes de Semirom. L’accusation officielle retenue contre lui était le « meurtre d’un agent de sécurité », mais les éléments disponibles et les témoignages montrent que cette affaire n’a pas respecté la procédure judiciaire. Elle faisait plutôt partie d’un projet sécuritaire et vindicatif destiné à intimider la population de Semirom.

Enterrement secret : une famille privée du droit de faire son deuil

Des sources locales rapportent que le corps de Mehran a été enterré à l’aube du même jour au cimetière Bagh Rezvan d’Ispahan, sans la présence de sa famille. Les agents du ministère du Renseignement ont informé la famille de l’inhumation et ont déclaré explicitement qu’aucune cérémonie ni aucun rassemblement ne seraient autorisés. Une forte présence sécuritaire autour de la maison familiale a empêché toute expression de solidarité. Des militants de Semirom soulignent que le refus de transférer le corps dans sa ville natale était motivé par la crainte des autorités face à une éventuelle indignation publique et de nouvelles protestations.

Une affaire fabriquée par l’appareil sécuritaire

Le processus d’arrestation, de procès, de libération temporaire sous caution, de nouvelle arrestation et d’exécution de Mehran Bahramian n’a fait preuve d’aucune indépendance judiciaire. Mehran avait été libéré provisoirement en février 2025, mais ce geste n’était qu’une manœuvre tactique destinée à apaiser la colère publique à Semirom, une ville qui avait été l’un des foyers de résistance durant le soulèvement de 2022.

Tortures mortelles pour obtenir des aveux forcés

Après leur arrestation en décembre 2022, Mehran et Fazel ont été transférés au centre de détention du renseignement des Gardiens de la Révolution (IRGC) à Dowlatabad, Ispahan. Selon leurs proches et des sources informées, ils ont été soumis à de graves tortures physiques et psychologiques. Mehran a souffert notamment de côtes fracturées et d’un tympan perforé, tandis que Fazel a subi de lourdes blessures à la tête et au visage. Ces violences visaient non seulement à extorquer des aveux forcés mais aussi à briser leur moral et à instiller la peur dans la communauté.

Violation flagrante des droits humains et du droit à un procès équitable

Le 25 janvier 2023, la cour d’appel de Semirom a confirmé les condamnations à mort de Mehran et Fazel Bahramian. Ils ont été déclarés coupables d’« inimitié envers Dieu » et « d’agir contre la sécurité nationale » — des accusations vagues et politisées régulièrement utilisées contre les manifestants. Le procès s’est déroulé sans accès à un avocat indépendant, sans transparence et sous pression sécuritaire, constituant une violation flagrante des normes internationales des droits humains et du droit à un procès équitable.

Risque imminent d’exécution pour Fazel Bahramian

À la suite de l’exécution de Mehran, la famille de Fazel Bahramian a également été convoquée à la prison de Dastgerd. On ignore encore si cette rencontre est de nature routinière ou s’il s’agit d’une « dernière visite » avant une éventuelle exécution. Bien que certains rapports non officiels évoquent une possible commutation de sa peine en réclusion à perpétuité, la forte présence sécuritaire à Semirom indique que le risque d’exécution demeure élevé.

Semirom sous siège sécuritaire

Des informations indiquent que l’école secondaire Adab de Semirom a été transformée en base pour les forces anti-émeutes. Cette décision illustre la crainte des autorités face à d’éventuelles protestations et leur préparation à réprimer immédiatement toute réaction publique.