Effondrement du Système de transports en Iran

Accidents de la route mortels, « véhicules de la mort » et violations systématiques des droits des citoyens
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CSDHI – Le 16 septembre, Journée mondiale des transports publics, alors que le monde met en avant une mobilité durable et sûre, l’Iran, sous le régime des mollahs, fait face à une crise profonde dans ses transports. Flottes vieillissantes, routes dangereuses, véhicules non conformes et corruption structurelle provoquent chaque année des dizaines de milliers de morts.

Selon les données officielles iraniennes (IRNA), entre 17 000 et 20 000 personnes meurent chaque année et 250 000 à 400 000 sont blessées dans des accidents de la route. L’OMS estime le nombre de décès à environ 21 000 par an, plaçant l’Iran au 113e rang sur 175 pays en matière de mortalité routière.

Une flotte effondrée et vieillissante

Le Centre national pour le climat et l’environnement (IRNA) reconnaît que plus de 86 % des véhicules de transport public ont atteint la fin de leur durée de vie. La police de la circulation (Rahvar, ISNA) chiffre ce taux à environ 60 %.
Selon le brigadier général Mohammad Bagher Salimi, adjoint aux opérations de la police de la circulation, sur 41,5 millions de véhicules dans tout le pays, 47 % des voitures et 91 % des motos sont jugés dangereux et obsolètes, qualifiés par les experts de « bombes roulantes ».

Statistiques alarmantes

  • Le quotidien Setareh Sobh, citant l’Organisation nationale de gestion de crise, rapporte que l’Iran perd 17 000 personnes par an, tandis que 250 000 sont blessées et au moins 25 000 deviennent handicapées de manière permanente.
  • L’Organisation de bien-être confirme que 2 500 personnes subissent chaque année des lésions de la moelle épinière, plus de 50 % liées à des accidents de la route.
  • Le général de brigade Kamel Hadianfar, chef de la police de la circulation, a reconnu que 13 154 décès ont été enregistrés dans les neuf premiers mois de 2021 seulement.
  • L’agence ISNA rapporte 45 à 50 morts et plus de 1 000 blessés chaque jour.
  • L’Organisation de médecine légale (IRNA) indique que 91 144 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la route ces cinq dernières années.
  • Les médias officiels reconnaissent que plus de 500 000 personnes ont été tuées et plus de 4,5 millions blessées ou handicapées au cours des deux dernières décennies.
  • Selon l’OMS, le taux de mortalité routière en Iran est de 20,5 pour 100 000 habitants, soit environ 21 000 morts par an.
  • La voiture nationale Pride serait responsable de 24 % de tous les accidents mortels.
  • Les pertes économiques sont estimées entre 14 et 30 milliards de dollars par an, soit 6 à 7 % du PIB iranien.

Les trois facteurs : humain, véhicule, route

La police de la circulation attribue 82 % des accidents à une erreur humaine, mais les experts soulignent que routes dangereuses et véhicules non conformes sont les causes principales des décès :

  • Dans de nombreux véhicules domestiques, les airbags ne se déclenchent pas.

  • Plus de 5 200 zones à haut risque d’accidents sont recensées dans le pays.

  • Entre 20 et 40 % des routes principales ne respectent pas les normes de sécurité.

Le rôle des pasdarans et de la mafia automobile

Les enquêtes parlementaires montrent que les Gardiens de la Révolution (Iles pasdarans) et des institutions liées à la sécurité contrôlent Iran Khodro et SAIPA, la principale industrie automobile iranienne, qualifiée de « mafia automobile » par les médias officiels.
Les constructeurs nationaux sont responsables de 86 % des accidents mortels ou blessants, et plus de 60 % des pièces détachées sont contrefaites ou non conformes.
L’IRGC, via le groupe Khatam al-Anbia, contrôle les principaux projets de construction routière, créant un mélange mortel de routes dangereuses et de véhicules défectueux.

Impact humain et social

Les parlementaires du régime admettent que presque aucune famille iranienne n’a été épargnée par un accident de la route.
Les victimes ont majoritairement moins de 50 ans, faisant partie de la force active du pays.
Chaque jour, environ 200 familles tombent dans l’extrême pauvreté après la perte de leur soutien familial.
L’Organisation de bien-être estime que la réhabilitation d’un survivant d’une lésion médullaire coûte au moins 4,5 millions de tomans par mois.

Analyse juridique

  • Violation du droit à la vie (Article 6 du PIDCP)

  • Violation du droit à des déplacements sûrs (Article 12 du PIDCP)

  • Manquement aux obligations du CEDAW, les femmes étant particulièrement vulnérables dans les transports publics

  • Selon l’Article 7 du Statut de Rome, la négligence délibérée face à une crise de mortalité massive peut constituer un crime contre l’humanité

Conclusion et appel à l’action

La Journée mondiale des transports publics en Iran rappelle la mort et la souffrance systématiques.
En confiant l’industrie automobile à la mafia des pasdarans et en négligeant la sécurité routière, le régime cause la mort de dizaines de milliers de personnes chaque année.

Nous appelons le Conseil des droits de l’homme de l’ONU et les organismes internationaux à :

  • Lancer une enquête indépendante sur la crise catastrophique de la sécurité routière en Iran

  • Tenir le régime responsable pour le rôle de l’IRGC dans ces décès systémiques

  • Exiger des réformes urgentes pour retirer les véhicules mortels de la circulation et garantir la sécurité routière