L’escalade de la censure d’Internet par le régime iranien face à la crainte croissante de la dissidence

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CSDHI – Le régime iranien durcit sa censure d’Internet par la surveillance de masse, les blocages des réseaux sociaux et les coupures nationales de connexion. Les récentes déclarations de Gholam-Ali Haddad-Adel révèlent une volonté claire de “réguler” l’espace numérique afin d’étouffer toute voix indépendante et d’empêcher l’organisation de nouvelles contestations.

Le régime appelle à une “régulation” en renforçant la censure – de la surveillance de masse aux coupures d’Internet qui étouffent les protestations

Le 18 septembre, le site d’État Tabnak a publié une vidéo de Gholam-Ali Haddad-Adel s’exprimant à la télévision du régime. Ses propos ont une nouvelle fois révélé la nature répressive et anti-humaine de l’establishment clérical. Il a déclaré :

« Le cyberespace est sans propriétaire ; nous cherchons depuis longtemps à le réguler. »

La véritable inquiétude derrière cette déclaration n’est pas un manque d’ordre, mais bien la peur du régime face à la liberté et aux voix indépendantes du peuple iranien.

Surveillance massive sous prétexte de “cyberespace sans propriétaire”

Malgré l’affirmation de Haddad-Adel, l’espace numérique en Iran est l’un des environnements les plus contrôlés au monde. Des dizaines d’organismes sécuritaires, du ministère du Renseignement aux Gardiens de la Révolution (IRGC), surveillent et répriment l’activité en ligne. L’accès aux réseaux sociaux internationaux est systématiquement bloqué, et la moindre activité peut exposer les citoyens à des menaces, arrestations ou poursuites.

Une politique de répression de longue date

Les propos de Haddad-Adel reflètent une politique vieille de plusieurs décennies visant à supprimer la liberté d’expression. Depuis plus de quarante ans, le régime iranien tient les droits fondamentaux en otage, muselant la dissidence et contrôlant le discours public. Haddad-Adel incarne ce mélange de corruption et de répression : il a bénéficié du népotisme et des privilèges pour sa famille, tout en se posant aujourd’hui en “surveillant culturel” prônant de nouvelles restrictions pour des millions d’Iraniens en ligne.

La “régulation” comme outil pour faire taire le peuple

Dans le lexique du régime, “régulation” signifie censure, surveillance et étouffement des voix indépendantes. Chaque fois que les responsables évoquent la “gestion” du cyberespace, le résultat est un élargissement du filtrage, un renforcement des mesures sécuritaires et une répression accrue.

Haddad-Adel représente un système en décomposition, terrorisé par la prise de conscience publique. Il sait qu’Internet demeure la dernière fenêtre permettant aux Iraniens de dire la vérité et de se faire entendre dans le monde. Son projet de “régulation” n’est rien d’autre qu’une tentative pour fermer cette fenêtre.

Le bilan répressif du régime en matière d’Internet

L’Iran possède un long historique d’utilisation des coupures et de la censure d’Internet et du filtrage comme armes contre sa propre population :

  • Novembre 2019 – Protestations du “Bloody Aban” : coupure quasi totale d’Internet pendant près d’une semaine, avec une connectivité réduite à 5 % du niveau normal alors que les forces de sécurité massacraient les manifestants.

  • Septembre 2022 – Après la mort de Mahsa Amini : blocage d’Instagram et WhatsApp, et coupures régionales pour empêcher l’organisation des manifestations et la diffusion d’informations.

  • Juin 2025 – Pendant la guerre Iran-Israël : quasi blackout total d’Internet. Le trafic international s’est effondré, les communications mobiles et fixes ont été gravement perturbées, avec une baisse de 90 à 97 % de la connectivité sur certains réseaux.

Statistiques récentes sur la censure d’Internet en Iran

  • Utilisation de VPN : près de 90 % des Iraniens dépendent de VPN pour contourner la censure (93 % chez les jeunes, 86 % au niveau national).

  • Classement mondial de la liberté de la presse et d’Internet : l’Iran se classe 176ᵉ sur 180 pays selon l’Index 2025 de Reporters Sans Frontières.

  • Coûts économiques : en 2022, les restrictions d’accès ont coûté environ 773 millions de dollars à l’économie, frappant durement les petites entreprises et le commerce en ligne.

  • Impact des coupures : lors des grands blackouts, le trafic Internet global en Iran a chuté jusqu’à 90 %, ne laissant qu’une connectivité minimale avec les réseaux internationaux.

Conclusion

Les déclarations récentes de Haddad-Adel confirment que les hauts responsables du régime restent en première ligne de la censure d’Internet et de la répression. Leur objectif commun est d’empêcher le peuple iranien de faire entendre la vérité. Pourtant, l’histoire a prouvé qu’aucun pouvoir ne peut étouffer la réalité éternellement. Malgré la censure, la surveillance et l’intimidation, Internet demeure un espace de révélation, de résistance et la voix inflexible de la liberté pour le peuple d’Iran.